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Idée d'un maillage territorial de collèges conforté, mais sans La Jordanne

'essentiel de la dernière session du Conseil départemental était consacré à l'avenir des collèges. La fermeture possible de celui de La Jordanne pourrait conforter des établissements ruraux.

Un débat nourri, alimenté notamment par le président Faure, son vice-président en charge des affaires scolaires, Philippe Fabre, et le maire d'Aurillac, Pierre Mathonier, en opposant.
Un débat nourri, alimenté notamment par le président Faure, son vice-président en charge des affaires scolaires, Philippe Fabre, et le maire d'Aurillac, Pierre Mathonier, en opposant.
© R. S.-A.

Aurillac a fermé trois écoles ces dernières années (Dinandiers, Marmiers et J.-B. Veyre), en raison d'une démographie défavorable, remarque la majorité de l'Assemblée départementale qui pointe,
en toute logique, moins de collégiens à l'avenir. Aussi, le Conseil départemental, qui assume la compétence des collèges, réfléchit à leur avenir en termes de sectorisation et de maillage territorial équilibré.
Le président, Bruno Faure, ne veut pas que le débat se limite au collège de la Jordanne, celui qui est directement menacé(1) : "Notre réflexion concerne tout le département et doit définir ce que sera le collège cantalien de demain, en matière d'infrastructure, d'internet, de moyens à y consacrer, mais également convaincre l'Éducation nationale de nos besoins pour offrir à nos jeunes toutes les chances de réussite." L'idée du président : ne pas concentrer les effectifs sur la ville centre, mais au contraire conforter les établissements "périphériques". Ceux de l'arrondissement bien sûr (de Montsalvy à Saint-Cernin en passant par Vic et La Roquebrou), mais aussi avec des options réellement attractives sur l'ensemble du territoire (Allanche, Pierrefort ou autre), en repensant, parallèlement, totalement l'hébergement.

Un débat animé
Vendredi 23 juin, en séance publique, Philippe Fabre, vice-président en charge du volet scolaire, présente un rapport qui conduit à l'ouverture d'une réflexion, qui se conclura en fin d'année par un vote, lequel actera des opérations. Des pistes de travail ont déjà été validées lors des temps d'échanges entre tous les élus de l'assemblée, mais aussi lors des rencontres avec l'inspectrice d'académie. Le préalable, c'est un constat : 900 collégiens de moins à l'horizon 2030 - dont 400 de moins sur Aurillac - sur les 5 000 que compte le département à ce jour. Et avec la
moitié des élèves issus de communes périphériques, pas question d'opposer dans un éternel débat ville et campagne. Le maire d'Aurillac plaide pour un établissement qui connaît une croissance des effectifs et joue son rôle de mixité sociale. Il pose, en outre, le sujet de l'attractivité d'un territoire qui - pour la première fois - fermerait un collège. Pierre Mathonier soumet ses idées : rénover (chantier difficile qui nécessiterait de déplacer les élèves le temps des travaux) ; agrandir La Ponétie ; construire ailleurs un collège neuf (estimé entre 20 et 30 MEUR). Des pistes pas très réalistes au vu de l'évolution   des effectifs précités, coupe court le vice-président en charge des affaires scolaires, Philippe Fabre. Même dans l'hypothèse de 150 000 habitants retrouvés, encore 740 collégiens manqueraient à l'appel en 2030. "Si l'attractivité d'un territoire se limitait à la construction d'un collège, il y a longtemps qu'on l'aurait fait...", lâche Didier Achalme (Saint-Flour 1).

Pas maîtres de la sectorisation
Stéphane Fréchou (Aurillac) s'alarme aussi de la "fin de la double sectorisation" qui ne laisserait selon lui plus qu'un choix : scolariser dans un établissement public désigné ou bien dans le privé. Bruno Faure lui rappelle que la sectorisation n'est pas un souhait du Département, mais est imposée par l'Éducation nationale qui veut mettre un terme à la double sectorisation. Céline Charriaud (Neuvéglise) prône la proximité : dans le projet étudié, la fameuse attractivité du territoire pourrait passer par des options nouvelles proposées dans les "petits collèges" comme le cheval, l'aviation, la formation jeunes sapeurs-pompiers, etc. Repenser les conditions d'internat, par exemple dans des maisons extérieures à l'établissement, fait également partie des réflexions. Au pire, Valérie Semeteys (Saint-Paul) rappelle que des navettes peuvent amener, par exemple, des élèves depuis La Roquebrou jusqu'à Aurillac : "Les élèves sortent des cours à 16 h 30, à 17 h 30 ils sont chez eux et les transports en commun vont bien dans le sens de l'histoire."  
Au groupe aurillacois, Jean Mage (Riom) rappelle qu'ils sont "avant tout des élus de tout le département". Philippe Fabre abonde en recadrant "ceux qui pensent que tout se passe dans les villes et que le rural serait seulement bon à être contemplé" au profit d'une vision plus large et d'un maillage territorial. Florian Morelle (Maurs) s'est dit "abasourdi" par certaines postures, relevant au passage que "tous les collèges du département assurent une mixité sociale à l'échelle d'un canton" et "choisir la proximité, c'est aussi gommer  des journées longues pour nos jeunes". L'élu du Sud-Cantal s'étouffe quand il entend que la fermeture d'un collège aurillacois serait un "mauvais signal adressé au monde économique et sportif". "Alors que notre seule priorité doit être la qualité d'enseignement !" À ce sujet, le président Faure précise bien que le projet qui doit être élaboré va réclamer à l'Éducation nationale de ne pas retirer de dotations horaires, précisément pour assurer un "redéploiement de moyens". Gilles Chabrier (Murat) y ajoute une autre piste importante qui sera étudiée : la rationalisation des bâtiments avec les autres collectivités (mairies pour les écoles, Région pour les lycées). "Souvent dimensionnés pour 500 élèves, les collèges ont toujours la même superficie pour ne plus accueillir qu'une centaine de jeunes." Ce rapport global mis aux voix recueille, sans surprise, les quatre voix contre des élus aurillacois, et l'assentiment du reste de l'assemblée.
Prochaine étape dès septembre, avant un vote définitif en décembre, pour imaginer une rentrée 2024 qui pourrait se faire sans les classes de sixièmes à la Jordanne, puis sans les cinquièmes en 2025, etc. Une fermeture progressive, devenue totale en 2028.    

(1) De type "Pailleron" et très dégradé,  il nécessite une rénovation qui ne peut se faire en site occupé en raison d'une forte proportion d'amiante.

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