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Huit hectares de plateforme agronomique en plein champ dans l'Allier

Depuis sept ans, les coopératives Ucal et Eurea réunies autour du GIE Loire Auvergne Agro déploient plusieurs plateformes culturales d'expérimentation. Huit hectares embrassant toutes les composantes de l'agronomie ont été ainsi été dévoilés, les 29 et 30 mai derniers, à Lusigny dans l'Allier.

Donner des clés aux agriculteurs pour concilier performance économique et agroécologique telle est l'ambition du GIE Loire Auvergne Agro, réunissant les coopératives Ucal (Union des coopératives de l'Allier) et Eurea, rayonnant respectivement sur les territoires de l'Allier, de la Loire et de la Haute-Loire. À l'heure où l'agriculture est confrontée à des défis multiples, il est plus que jamais nécessaire de prendre du recul pour évaluer ce qui fonctionne sans entamer la rentabilité des exploitations et des filières qu'elles alimentent. Ainsi depuis 2015, Loire Auvergne Agro a mis en place des plateformes d'expérimentation, d'abord autour du maïs en 2015 à Bessay-sur-Allier dans l'Allier, autour des céréales, en 2017 à Mizérieux dans la Loire, en 2019 autour du sol à Lusigny dans l'Allier et autour des fourrages en 2022 à Saint-Privat-du-Dragon en Haute-Loire.

Pas une recette mirable, mais une combinaison de facteurs

En 2024, retour en terres bourbonnaises sur l'exploitation conduite en polyculture élevage de la famille Lesage à Lusigny où sur huit hectares, mercredi et jeudi dernier, agriculteurs, techniciens, et élèves ont pu découvrir une diversité de pratiques culturales. Blé, orge, triticale, oléo protéagineux, couverts végétaux… ont été réunis sur une même parcelle. Les agronomes et services supports des deux coopératives ont joué à la fois sur les variétés implantées, les dates et conditions de semis, le niveau de pluviométrie*, la fréquence et période de traitements, … Tout en composant évidemment avec un impondérable : la météo.

Protection des plantes : un arsenal réduit

Du semis, avec ou sans labour, aux variétés plus ou moins résistantes à la sécheresse, en passant par les solutions innovantes en matière d'irrigation, d'aspersion par drones, de traitement des cultures… À travers neuf ateliers, et un village de partenaires réunissant une trentaine d'entreprises, aucune thématique n'a été écartée dans un objectif résumé par Pierre Desgoutte, président de l'Ucal : « Nous avons à cœur de fournir un maximum d'informations aux agriculteurs. Le contexte pédoclimatique de nos territoires diffère mais sur une multitude de points nous avons des dénominateurs communs et des préoccupations similaires ». Parmi ces points de convergence, figure en haut de la liste l'augmentation de la résistance à certaines maladies et parasites corrélée à une baisse de l'éventail de produits phytosanitaires disponibles.

Ne pas négliger l'apport de matière organique

« D'où l'intérêt pour les agriculteurs d'actionner plusieurs leviers : l'optimisation de la date du semis pour garantir une bonne implantation, l'écartement, les pratiques culturales, les produits disponibles… Il n'y a pas une recette miracle mais une variété de paramètres à actionner », analyse Thierry Petitjean, responsable agronomie pour l'Ucal et le GIE. Reste qu'en parcourant les différentes expérimentations, des différences notables apparaissent. Le volume d'apport en matière organique peut être la source de ces disparités comme le suggère le technicien : « Sur certaines cultures, sur 150 euros de marge nette, l'apport organique peut représenter jusqu'à 50 euros par an et par hectare ». À noter que la plateforme a également été l'occasion de présenter plusieurs projets de recherche ambitieux dont ADAPTACOL2 porté par Terres Inovia qui vise à limiter les attaques et la nuisibilité des ravageurs d’automne sur le colza dans le cadre du retrait du marché du Phosmet. Enfin, avec le projet ACCLIMATE, Arvalis, l'Ucal et Eurea ambitionnent de construire des scénarios d’assolements, en rupture avec les pratiques actuelles, en réponse au changement climatique sur le territoire d'Auvergne Rhône Alpes. « Ces scénarios pourront par exemple intégrer de nouvelles cultures dans les rotations afin de gérer au mieux la disponibilité des ressources en eau et orienter à l’avenir les filières de productions », suggère Pierre Desgoutte. Dans la région, les tendances d’évolution climatique sont similaires à celles observées en France : augmentation de la température moyenne annuelle de 1 °C, particulièrement marquée sur la période estivale – augmentation de l’évapotranspiration, qui s’accompagne d’un assèchement des sols, et une répartition des pluies qui évoluent avec de longues phases sans pluie au printemps et en été. Les 187 000 ha irrigables de la région concernent essentiellement les cultures de printemps (maïs, production de semences, soja, tournesol, etc.) mais aussi les cultures d’hiver telles que les céréales à paille.

* Certains essais ont été protégés momentanément pour simuler un déficit hydrique.

"Il était important pour nous d'accueillir lors d'une seconde journée des élèves, du primaire au lycée. Démocratiser l'agronomie auprès des jeunes publics est essentiel pour Loire Auvergne Agro qui s'engage pour le développement d'une culture durable"

Julien Delheur, agriculteur dans la Loire et membre du conseil d'administration d'Eurea.

 

Drones : quel intérêt en agriculture ?

Si le numérique a été largement investi par le secteur agricole, le recours aux drones tend à se démocratiser. Semis d'un couvert végétal juste avant la récolte d'une culture primaire, suivi des dégâts de gibier et autres nuisibles, épandage, calcul de densité des assolements. Le drone a plus d'une corde à son arc. Ainsi, entre 2020 et 2021, encadrée par un arrêté ministériel, la Chambre d’agriculture de l’Ardèche, en partenariat avec l’IFV et la MSA Ardèche Drôme Loire, a conduit des expérimentations sur l’utilisation de drones pour le traitement des vignes à forte pente (supérieure à 30%). Objectif : trouver une solution alternative aux méthodes actuelles de traitement en coteaux (pulvérisateurs à dos et canons oscillants) pour améliorer les conditions de travail et la sécurité des agriculteurs, la précision et la régularité des traitements, et limiter la dérive des produits vers l’environnement. 

 

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