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Henri Monier : les exploits du Veinazès

Sa volonté de fer sert le renouveau de la châtaigne... en Châtaigneraie. Depuis la création du Birlou, Henri Monier cultive de jeunes châtaigniers et vient d'inaugurer un atelier d'épluchage .

C'est à la maman d'Henri Monier qu'il est revenu de couper le ruban inaugural de l'atelier châtaignes.
C'est à la maman d'Henri Monier qu'il est revenu de couper le ruban inaugural de l'atelier châtaignes.
© R. S.-A.

L e Veinazès, c'est une micro-région. Quelques communes au nord-ouest de Montsalvy, en Châtaigneraie. Un nom connu depuis toujours qui a eu ses heures de gloire au moment de lancer des nouveaux talents de la scène musicale locale : Wally, Jean-Jacques Testut, Aurillac-sur-Mer... Derrière cette idée ubuesque de monter un cabaret au milieu de nulle part, dans un pré de Lacapelle-del-Fraisse - et de parvenir à y faire venir du monde ! - un grand gaillard, aux mains immenses : Henri Monier. Le même qui, derrière son comptoir, imagine de nouvelles boissons (Grand frisson, Birlouette...) et remporte tous les suffrages avec une liqueur pommes-châtaignes, le Birlou.

Prophète en son pays
L'enfant du pays a dû naître sous un châtaignier, tant il porte d'affection à ce fruit emblématique. Il sera de toutes les foires à la châtaigne de Mourjou, depuis 1989 et porte la bonne parole jusqu'à Paris où son breuvage fait un tabac. Son désespoir ? Pas suffisamment de châtaignes dans son pays de Châtaigneraie pour confectionner le Birlou dans les distilleries de "Pagès-Vedrenne" (ce sera le cas prochainement, voir ci-dessous). En revanche, pour l'autre liqueur phare myrtilles-châtaignes, Jean-Pierre Lauzet des "3 Caves" à Aurillac ne lui aura pas laissé le choix : de la châtaigne cantalienne où le projet se fera sans lui !
Les grandes mains d'Henri Monier vont lui être utiles : puisqu'il n'y a pas assez de production locale, il va planter, rénover... Il se déclare agriculteur, achète des terres en 2011, 2012, puis 2017, à Roannes-Saint-Mary et Lafeuillade, avant même le "Plan châtaigne" initié par la communauté de communes il y a trois ans. Les planètes s'alignent. La châtaigne, longtemps tombée en désuétude, suscite un regain d'intérêt. Reste que produire, c'est bien ; ramasser, passe encore ; mais éplucher, ça, personne n'a envie de s'y coller ! Surtout quand on parle en tonnes... Même la petite éplucheuse de la Maison de la châtaigne à Puycapel est vite dépassée. Les châtaignes du Cantal et du Nord- Aveyron partiront finalement se faire dépiauter en Haute-Vienne. Pour des raisons aussi économiques qu'éthiques, une nouvelle fois, le caractère entrepreneurial prend le dessus : l'atelier sera ici, au coeur du Veinazès : après les plantations, la transformation.

Une belle histoire
C'est cet équipement qu'un grand nombre d'amis et de partenaires (avec pass sanitaire) est venu inaugurer ce lundi 6 septembre. Cette histoire, ses marqueurs et les espoirs d'un développement rapide, Henri Monier les a contés à ses invités(1). Une histoire détaillée aussi dans la 60e "Chronique du Veinazès", un petit cahier de 34 pages vendu 4,80 EUR, notamment au musée de l'agriculture et des arts populaires, son plus proche voisin. Lui aussi s'appelle musée "du Veinazès". Comme le bar de jadis et son enseigne précieusement gardée, sur laquelle figuraient déjà quelques bogues.

(1) Producteurs, transformateurs, restaurateurs, élus locaux (dont le député Descoeur et le
président de com com Michel Teyssedou).

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