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Groupe Altitude : “On est dans le vrai”

Malgré un exercice 2022-2023 contrasté, le groupe coopératif a conforté ses positions sur les marchés premium, faisant valoir la qualité et l’authenticité des produits de l’élevage du Massif central.   

Deux hommes devant les affiches du groupe Altitude.
Didier Boussaroque, président, et Stéphane Coyas, directeur général d'Altitude.
© Patricia Olivieri

Dans un paysage coopératif qui a évolué récemment dans le Sud-Ouest Massif central avec le rapprochement des voisins Capel(1) et Unicor, Altitude réaffirme son indépendance et sa stratégie : celle d’un ancrage territorial fort sur ses bases historiques, d’une proximité avec ses adhérents et d’un investissement dans des filières génératrices de valeur ajoutée en misant sur les races et savoir-faire de l’élevage herbager du Massif central. Si le groupe coopératif croit aux vertus des partenariats pour comprimer les charges et doper les 
performances, pas question pour Didier Boussaroque de “perdre son âme”. “Je préfère être petit chez moi, que grand chez les autres”, image-t-il. Une position permise par les choix antérieurs et une situation financière saine de l’union de coopératives qui tient ce jeudi son assemblée générale : “Tant qu’on a le choix, on restera sur cette stratégie, celle du territoire. On est dans le vrai, que ce soit en viande bovine ou porcine en allant chercher du premium et donc de la valeur pour nos adhérents, et en faisant profiter les consommateurs de cette authenticité”, plaide le président de l’union qui est revenu lundi avec Stéphane Coyas, directeur général, sur l’exercice 2022-2023, un exercice très contrasté mais positif pour le groupe avec un chiffre d’affaires en hausse de 4 % à 299 M€.. “Cela aurait pu être plus compliqué mais on s’en sort finalement très très bien grâce à l’engagement de nos éleveurs et de nos équipes”, affiche Stéphane Coyas. 

Covial passe la barre des 10 500 tonnes 

Sur le marché de la viande bovine, les éleveurs ont ainsi pu bénéficier du maintien de cours élevés, insuffisants cependant pour freiner la décapitalisation désormais bien visible sur les volumes collectés : - 7 % sur l’exercice, soit dans l’épure générale du recul des animaux maigres comme gras. Recul des apports mais aussi de la consommation qui avait jusqu’alors résisté notamment grâce à l’engouement pour le steak haché. L’inflation a aussi modifié les achats, davantage tournés vers les viandes premier prix (et les viandes blanches) que les rayons premium. Une tendance qu’avait anticipée Altitude : “On avait pris des positions de marchés, plutôt sur le steak haché sachant que nos outils permettent aujourd’hui de faire aussi bien du burger rond, du haché façon bouchère que du façon traditionnelle”, précise Stéphane Coyas. 
Ce qui a d’ailleurs permis à Covial de franchir le cap des 10 500 tonnes et de tangenter l’équilibre financier. L’abattoir aurillacois, dont la station d’épuration a été rénovée, sera aussi doté d’ici l’automne d’un atelier de viandes piécées pour élargir encore sa palette de produits à destination du libre-service notamment. À la faveur d’un recentrage sur les segments gros bovins et veau sous la mère, celui du Lubersac (Corrèze) a également connu un retour à l’équilibre économique. “Notre stratégie de concilier amont et aval pour ramener de la valeur aux éleveurs est payante”, se félicite le directeur général, non sans évoquer “la seule ombre au tableau”, un marché toujours compliqué pour les viandes bio comme pour le lait bio.
Redonner l’envie de produire du lait
Sur sa branche laitière (Volcalis) justement, malgré un prix du lait revalorisé de 33 % en deux ans (prix A payé 
464 €/1 000 l) et des charges qui ont enfin amorcé une décrue (hormis pour l’énergie), la production peine à redémarrer, constate Didier Boussaroque. Certes, inflation et pyramide des âges sont en cause mais ce ne sont pas les uniques facteurs, reconnaît le président qui sait les aspirations de la jeune génération à ne plus être asservie à l’astreinte de la traite. “On essaie via des journées techniques, notre cellule R&D, des témoignages sur la formule sociétaire, d’apporter notre pierre à l’édifice, sachant que pour nous, la robotique est source de solution, comme l’a montré une récente journée technique du Cif chez l’un de nos adhérents en traite robotisée et pâturage”, plaide Didier Boussaroque qui met aussi en avant la position de certains adhérents dans le Top 10 du palmarès laitier national.
Le Cayrolais dans le giron d’Altitude
Habituée aux grands huit, la filière porcine a elle connu une envolée inédite du cadran breton (jusqu’à 
2,35 €) profitable aux 34 adhérents de la Capp mais plaçant Altitude et ses outils face à un véritable challenge économique, la répercussion à l’aval de ces hausses n’étant pas immédiate. “La diversité de notre portefeuille commercial, la qualité de nos productions, que ce soit en viande fraîche ou en salaisons, l’articulation fluide entre amont et aval nous ont toutefois permis de limiter l’érosion de notre marge commerciale, explique Stéphane Coyas. Et sur 2023-2024, on a pris les bonnes positions pour tenir les prix.”
En la matière, le groupe Altitude tire déjà les effets positifs du rachat, à l’automne dernier, du Cayrolais (marques Le Cayrolais, Le Roquet et Thoumieux). “Le Cayrolais, c’est un savoir-faire, des recettes, des gens hyper compétents avec des outils différents des nôtres. On les a adossés à notre groupe avec pour but de maintenir ce savoir-faire, d’étoffer les équipes pour qu’au final un plus un fasse trois”, argue Didier Boussaroque, qui voit dans les trois médailles glanées cette année au Concours général agricole, les retombées de cette synergie.

(1) Groupe coopératif lotois avec lequel Altitude avait entamé des discussions il y a quelques 
années, sans que ces dernières aboutissent.
 

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