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GENISSES : Réussir la phase 0-6 mois pour arriver à baisser l'âge au vêlage

Le 10 février, Haute-Loire Conseil Elevage organisait une journée départementale dédiée à l'élevage de génisses animée par David Plouzin de la ferme des Trinottières dans le Maine et Loire.

Dans le cadre de la quinzaine du conseil en élevage organisé au niveau national par France Con-seil Elevage, notre organisme départemental, Haute-Loire Con-seil Elevage (CEL43) proposait le 10 février dernier une journée spécialement dédiée à l'élevage des génisses.
De nombreux éleveurs adhérents  au CEL43 ont pris part à cette journée qui se déroulait à la halle du Chomeil à St Paulien.  
Animée par David Plouzin, le responsable de l'élevage des génisses à la ferme expérimentale des Trinottières (voir encadré) dans le Maine et Loire, cette journée technique était centrée sur l'élevage des veaux, de la naissance jusqu'à 6 mois ; une phase fondamentale pour réussir l'élevage de ses génisses. Les expérimentations conduites par David Plouzin s'intéressent également à la carrière des vaches qui apparaît fortement corrélée à l'âge du vêlage. Plus une vache vêlera jeune, plus longue sera sa carrière.

Phase stratégique
Dans cette phase stratégique de 0 à 6 mois qui correspond au développement squelettique de l'animal, David Plouzin attire l'attention sur un point essentiel : la croissance des animaux. «Pour  réussir un vêlage précoce, la croissance doit être soutenue pendant cette période (autour de +900g/jour) car tout retard pris ne sera pas rattrapé plus tard !».
Dans la phase de 6 à 12 mois, la génisse entre en puberté, c'est le stade du développement du tissu mammaire. David Plouzin met en garde les éleveurs : «lorsque la croissance est trop soutenue de 6 à 12 mois, la mamelle est trop volumineuse et chargée de graisse et cela pénalise la carrière de la vache».
Dans la phase 0-6 mois, en ce qui concerne les buvées, ce spécialiste des génisses conseille préalablement la prise du colostrum de la première traite. «C'est un produit riche en matière grasse et en protéines. Le veau doit en consommer 10% de son poids vif dans les 12 heures».


Simplification du travail
Les expérimentations conduites sur la ferme des Trinottières visent la simplification du travail sans pénaliser les résultats techniques et économiques. Des plans lactés simplifiés ont été testés, notamment 6 repas de lait entier par semaine alors que beaucoup d'éleveurs donnent deux repas par jour. Résultats : la réduction du nombre de repas de lait ne nuit en rien à la santé des veaux et permet de gagner en performance économique. «Comparé à un système à deux repas par jour et 7 jours par semaine, c'est 90 l de lait en moins, 56 repas en moins et 26% de portage en moins. C'est aussi un gain de temps (25mn par repas supprimées à 10 veaux)» explique David Plouzin qui encourage aussi le sevrage précoce ; «un sevrage précoce réduit le coût alimentaire, limite les problèmes sanitaires et permet des résultats techniques corrects» ajoute-t-il. Après la présentation des plans de buvées simplifiés, ont été évoqués les concentrés et les fourrages à distribuer aux veaux de 0 à 6 mois. «Il s'agit plutôt de rations sèches à base de maïs grains entiers, blé aplati, tourteau de soja ou de colza. On peut aussi distribuer des granulés du commerce (en optant pour les plus simples)».
Sur l'alimentation des vaches taries, il rappelle qu'une vache prête à vêler doit être en bon état (ni grasse, ni maigre) et doit bénéficier d'une alimentation de bonne qualité (ration équilibrée entre énergie, azote et minéraux).

Vide sanitaire de la nurserie
Les éleveurs doivent aussi veiller à la qualité du logement du veau. De la case individuelle, à la niche extérieure ou des bâtiments fermés... David Plouzin a passé en revue tous les logements possibles. Le logement permet d'assurer le confort, le bien-être, la santé du jeune veau et doit faciliter le travail de l'éleveur. Pour éviter le développement de maladies (cryptosporidiose, coccidiose, diarrhée...), il a particulièrement insisté sur la nécessité de procéder à un vide sanitaire de 2 à 3 semaines par an, en vue de procéder au curage, nettoyage et à la désinfection des nurseries. «Avec l'agrandissement des troupeaux et l'étalement des vêlages, certains élevages ont des veaux toute l'année et ne pratiquent plus de vides sanitaires. Ce que je propose à ces éleveurs, c'est par exemple d'élever les veaux à l'extérieur à la belle saison, le temps de faire le vide sanitaire» indique David Plouzin.


Véronique Gruber

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