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Gel de printemps : un danger pour nos arbres fruitiers !

Le gel constitue l’un des principaux risques pour l’arboriculture fruitière, pouvant entraîner des pertes économiques importantes en endommageant les bourgeons, fleurs et jeunes pousses. Le réchauffement climatique ne supprime pas le risque de gel mais il en déplace le danger et peut même parfois en amplifier les conséquences pour certaines cultures comme la vigne ou les arbres fruitiers. On observe ainsi moins de froid hivernal mais des gelées printanières potentiellement plus coûteuses.

© CDA19

Pourquoi c’est critique ?

Ce risque est accentué par un hiver anormalement doux, qui a avancé le développement des cultures, les rendant plus vulnérables. Le gel de printemps se produit lorsque, durant des nuits claires et calmes, la température de l’air descend en dessous de 0°C. Des cristaux de glace se forment alors à l’intérieur des jeunes tissus, notamment les bourgeons, fleurs et jeunes pousses, qui sont particulièrement sensibles.

En ce moment, pêchers, poiriers, pommiers, kiwi… présentent pour certains déjà de tous jeunes fruits, d’autres sont en fleurs ou proche de l’être : des dégâts peuvent apparaître dès -1 à -3°C, voire -0,5°C pour les jeunes fruits. Les dégâts peuvent également affecter la vigueur et la santé de la plante dans son ensemble, réduisant sa croissance et sa productivité dans les années suivantes, surtout si la plante n’a pas suffisamment de ressources pour se régénérer.

Quelles pratiques agronomiques pour se prémunir du gel ?

Certains facteurs liés à l’environnement des parcelles peuvent favoriser le gel de printemps. C’est le cas notamment de la topographie : les creux de terrain, les bas de pentes et les fonds de vallée, là où l’air froid a tendance à stagner. La présence de haies ou d’arbustes à proximité des vergers peut également empêcher la circulation de l’air et donc, augmenter les risques.

Certaines pratiques préventives peuvent limiter les dégâts :

  • Le choix des espèces végétales est crucial, en lien avec la parcelle, par la précocité de débourrement et de floraison des variétés ;
  • Il est recommandé de ne pas tondre les enherbements dans les 4 à 6 jours précédant un épisode de gel pour ne pas augmenter l’humidité qui abaisse les températures de sensibilité au gel ;
  • Un verger en bon état sanitaire et nutritionnel, implanté dans un sol vivant, sera plus résilient face aux vagues de gel.

Comment anticiper ?

Il est essentiel de surveiller la température à l’aide de thermomètres et de stations météo connectées, permettant de lancer des alertes en temps réel afin de pouvoir réagir rapidement et déclencher le système de lutte antigel.

Le point de rosée est aussi une information clé : il indique, en fonction de la pression et de l’hygrométrie, la température à laquelle l’eau présente dans l’air va se condenser. S’il est supérieur à 2,2°C, on parle de gelée blanche, repérable à la couche de givre qui se dépose sur les végétaux et évite une perte de chaleur trop importante. S’il est inférieur, c’est une gelée noire qui causera des pertes plus importantes.

Comment protéger les arbres fruitiers ?

La lutte active contre le gel comprend plusieurs méthodes (voir tableau ci-dessus).

Conclusion

Face aux risques de gel, les arboriculteurs doivent s’adapter et redoubler d’efforts pour sécuriser leur récolte. Il est primordial qu’ils s’équipent d’outils de prévisions météorologiques pour anticiper les risques de gel, assurant ainsi la pérennité et la rentabilité des exploitations fruitières.

Différents moyens de lutte antigel existent, cependant dans notre bassin de production, moins de 400 ha de vergers sont équipés dont environ 250 ha par l’aspersion sur frondaison, près de 100 ha avec une tour à vent et moins de 50 ha avec un système de chauffage (bougies, braséros, chaufferettes). Les freins principaux rencontrés pour la mise en place d’une lutte antigel sont le coût d’investissement élevé et la contrainte de la ressource en eau pour la protection par aspersion.

 

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