GEIQ : « La plus belle façon d’embaucher »
En Corrèze, où les exploitations agricoles peinent à recruter et où les jeunes ruraux cherchent des voies d’insertionadaptées, les Groupements d’Employeurs pour l’Insertion et la Qualification (GEIQ) offrent une réponse à la fois pragmatique et humaine. À travers les parcours de Jean-Baptiste Seib, éleveur au sein du GAEC Seib, et de Lénaïc Presse, en formation BPREA, découvrez comment ce dispositif redéfinit l’apprentissage et la transmission des savoir-faire agricoles.
En Corrèze, où les exploitations agricoles peinent à recruter et où les jeunes ruraux cherchent des voies d’insertionadaptées, les Groupements d’Employeurs pour l’Insertion et la Qualification (GEIQ) offrent une réponse à la fois pragmatique et humaine. À travers les parcours de Jean-Baptiste Seib, éleveur au sein du GAEC Seib, et de Lénaïc Presse, en formation BPREA, découvrez comment ce dispositif redéfinit l’apprentissage et la transmission des savoir-faire agricoles.
Un employeur collectif, une sécurité pour tous
Le GEIQ est une structure associative qui embauche des salariés en contrat d’alternance (apprentissage ou professionnalisation) et les met à disposition d’entreprises adhérentes.
Nous sommes l’employeur officiel, explique Anna Debord, conseillère en insertion professionnelle au GEIQ agricole de Corrèze. Nous gérons tout : contrats, paie, assurances, équipements, et même l’accompagnement social. »
Pour les exploitants, c’est un soulagement : plus de paperasserie, plus de gestion des relations avec les familles ou les organismes sociaux.
Je reçois une facture, je n’ai pas à m’occuper des fiches de paie ou des déclarations, confirme Jean-Baptiste Seib. Mon rôle, c’est d’apprendre le métier à Lénaïc. »
Le jeune homme, entré en formation à 15 ans, alterne entre le CFPPA et l’exploitation de Jean-Baptiste.
Je suis équipé de A à Z : bottes, combinaison, gants, lunettes, … »
Le GEIQ propose deux types de facturation : lissée (un montant fixe chaque mois) ou au réel (variable selon les heures travaillées). « Nous présentons toujours un prévisionnel avant de signer un contrat, précise Anna. L’exploitant sait exactement ce que cela va lui coûter. »
Un accompagnement humain, au-delà du professionnel
Le GEIQ ne se contente pas de gérer l’administratif.
Nous accompagnons aussi les salariés dans leur vie quotidienne, poursuit Anna. Aide à la recherche de logement, déclaration d’impôts, demande d’APL,… »
Pour les jeunes ou les personnes en reconversion, c’est un filet de sécurité indispensable. Lénaïc, qui envisage de s’installer ou de travailler comme ouvrier agricole, en témoigne :
Si j’ai un souci, je sais que je peux appeler Anna. Je me sens accompagné, pas livré à moi-même. »
Anna joue aussi un rôle de médiatrice entre le salarié, l’entreprise et le centre de formation. « Si un jeune a des difficultés en cours, il peut m’en parler. Je fais le lien avec les formateurs. » Le GEIQ accompagne tous les profils, y compris les plus fragiles : jeunes en rupture scolaire, demandeurs d’emploi de longue durée, personnes en situation de handicap.
Certains ont des parcours de vie très chaotiques, souligne Anna. Notre rôle, c’est de les aider à se reconstruire, à gagner en autonomie. »
Un partenariat gagnant-gagnant pour les entreprises
Pour les exploitants, le GEIQ est une solution clé en main. **« Le GEIQ, c’est la sérénité. Je n’ai pas à gérer l’administratif, je peux me concentrer sur l’essentiel : transmettre mon métier », répète Jean-Baptiste. Le GEIQ organise aussi des réunions avec les centres de formation, fait le lien entre les différents acteurs, et propose des permanences dans les agences France Travail et les missions locales.
Nous sommes tous d’origine agricole, ajoute Anna. Nous connaissons les réalités du terrain, les difficultés, la charge mentale. Cela aide à créer une relation de confiance. »
Un atout non négligeable, quand on sait que 80 % des salariés accompagnés par le GEIQ trouvent une issue positive(CDI, installation, reprise d’entreprise, …). Si la mise à disposition ne fonctionne pas, le GEIQ trouve une autre exploitation, sans rupture de contrat.
C’est comme un mariage, sourit Anna. Parfois, il y a des divorces. Mais notre force, c’est l’humain. On ne lâche personne en route. On est là pour les aider à aller jusqu’au bout. »
Un modèle qui fait ses preuves et qui essaimera
Créés il y a vingt ans pour répondre à un manque de main-d’œuvre dans l’agriculture, les GEIQ se sont étendus à d’autres secteurs (BTP, transport, numérique, sport,…). C’est un outil d’insertion par la qualification, qui allie performance économique et utilité sociale, une association pilotée et gérée par ses entreprises adhérentes, mobilisées pour favoriser l’insertion des personnes éloignées du marché du travail grâce à l’alternance.
Si, demain, Lénaïc veut s’installer ou travailler ailleurs, il aura toutes les cartes en main, conclut Jean-Baptiste. Et moi, je serai fier d’avoir participé à son parcours. »
Une belle histoire de transmission, de confiance, et d’avenir partagé.