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GDS France : Une AG sous le signe du multi‑espèces et de la gouvernance sanitaire

Le 11/06/2021, les GDS de France étaient réunis en AG à La Baule. Au-delà des aspects réglementaires de ce rassemblement, la thématique abordée était « Les groupements de défense sanitaire : pierre angulaire face aux risques sanitaires de demain ».

Le réseau des GDS s’articule autour de 3 structures, généralement associatives, agissant de manière complémentaire. Les GDS départementaux ou interdépartementaux apportent la proximité avec les éleveurs et les acteurs publics et professionnels locaux et la réalisation concrète des actions sanitaires. Les Fédérations Régionales (FRGDS) mettent en commun les moyens mutualisables, portent l’OVS, sont les interlocutrices des services décentralisés de l’Etat, les DRAAF via ...
Le réseau des GDS s’articule autour de 3 structures, généralement associatives, agissant de manière complémentaire. Les GDS départementaux ou interdépartementaux apportent la proximité avec les éleveurs et les acteurs publics et professionnels locaux et la réalisation concrète des actions sanitaires. Les Fédérations Régionales (FRGDS) mettent en commun les moyens mutualisables, portent l’OVS, sont les interlocutrices des services décentralisés de l’Etat, les DRAAF via les SRAL. GDS France porte
© GDS France

Après l’AG de Rodez, la nouvelle équipe dirigeante a pris ses fonctions à la tête de GDS France. Le Conseil d’Administration a élu à l’unanimité le 22/09/2020 Christophe Moulin, éleveur et Président du GDS de l’Indre, en tant que Président de GDS France.

GDS France et les FRGDS, une action au service des éleveurs d’animaux de rente
Historiquement, les GDS se sont construits dans les années 50 pour lutter contre les grandes maladies bovines. Forts de cette compétence, ils ont ensuite répondu à des problématiques locales pour les autres filières. Cette compétence multi-espèces s’est concrétisée et renforcée avec la reconnaissance des FRGDS en tant qu’Organisme à vocation sanitaire (OVS) animal en 2014. Mais quelles que soient les espèces, les piliers de l’action sanitaire restent les mêmes : prévention, surveillance et lutte.

Des actions fortes pour la filière bovine…
2020 aura été marquée par la reconnaissance du programme français d’éradication de l’IBR au niveau européen. Avec la mise en application de la Loi de Santé Animale (LSA) le 21/04/2021, cela permet de bénéficier d’allégements de dépistage lors des mouvements intracommunautaires et à terme, au niveau de la surveillance dans les cheptels. En parallèle, GDS France s’est impliqué dans l’amélioration des outils de surveillance de la tuberculose et de définition de zones prioritaires, avec la notion de Zone à Prophylaxie Renforcée (ZPR). Mais le plus gros chantier concerne le plan d’éradication de la BVD ; l’arrêté ministériel du 31/07/2019 devait être complété par un volet concernant la gestion des mouvements mais sa publication a été reportée sine die. Il a donc été acté de déployer les mesures de gestion des mouvements de façon volontaire.

… mais également pour les ovins
Deux pathologies principales ont guidé les travaux de la commission ovine, la myiase à Wohlfahrtia magnifica, dont l’extension en Nouvelle-Aquitaine semble freinée mais toujours présente dans plusieurs départements et la gale ovine avec un programme de gestion qui sera finalisé en 2021 sur la base du volontariat. Les éleveurs devraient pouvoir s’appuyer sur un test de dépistage sérologique pour le mois de septembre.

… et les autres filières d’animaux de rente
L’année aura été marquée par l’épisode d’influenza aviaire hautement pathogène sur la filière avicole, la surveillance de la progression de la peste porcine africaine en Allemagne, les actions apicoles contre le varroa ou la loque américaine. Pour la filière aquacole, 2020 aura permis l’accroissement des zones reconnues en statut sanitaire 1 (Indemne) ou 2 (Surveillance) pour la Nécrose Hématopoïétique Infectieuse (NHI) ou la Septicémie Hémorragique Virale (SHV). Et une nouvelle commission équine/asine a été créée et va travailler sur la création de mutuelles équarrissage et de sections équines dans les FRGDS.

La biosécurité, au cœur de la mission des GDS
La biosécurité est la base de l’action sanitaire en élevage. Cela permet de limiter l’introduction ou la diffusion de pathologies dans les cheptels. Le Pacte « biosécurité – bien-être animal » du Plan de relance vient confirmer cette nécessité, en offrant aux éleveurs la possibilité de s’équiper pour améliorer leur situation. GDS France a travaillé sur la mise à disposition de grilles d’autodiagnostic pour les bovins, les ovins et les caprins, complétées par une formation « biosécurité tuberculose » et des guides de bonnes pratiques tuberculose bovine et biosécurité caprine et ovine.

Le projet P.R.O.G.RES
Le bureau de GDS France nouvellement élu a lancé une réflexion de fond sur l’organisation et le fonctionnement de la structure nationale en lien avec les GDS et les FRGDS. Le Projet de Réforme de l’Organisation de Gds France et de son RESeau (PROGRES) vise à améliorer la qualité des services apportés par le national à l’échelon local. Cinq objectifs ont été fixés :
- Favoriser la définition des orientations politiques et stratégiques de GDS France pour partager des objectifs clairs.
- Optimiser la prise et le suivi de décisions à GDS France en coordination avec le réseau.
- Optimiser les moyens financiers en prenant en compte la charge de travail.
- Améliorer l’articulation des missions entre les différents échelons, national, régional et local.
- Organiser le suivi des projets à GDS France pour mieux informer les différentes parties prenantes et anticiper les actions à conduire.
Une des actions phares de ces orientations constitue la rencontre de l’ensemble des GDS par les élus du bureau et les membres de l’équipe de GDS France d’ici 3 ans. L’objectif : mieux se connaitre pour mieux se comprendre.

Un premier discours d’orientation pour Christophe Moulin
Le nouveau Président de GDS France a insisté sur la force du réseau des GDS, présent sur l’ensemble du territoire métropolitain et au-delà. Il a mis en avant leur professionnalisme, leur capacité d’adaptation et leur indépendance. « La place qui sera la nôtre demain se construit aujourd’hui au travers des choix d’une gouvernance sanitaire qui se veut novatrice, simplifiée et pour reprendre les propos de Monsieur le directeur général de l’alimentation “on prend ce qui a marché et on retire ce qui n’a pu se mettre en place dans l’ancien schéma“ ». Les FRGDS en tant qu’OVS ont pleinement rempli les missions déléguées par l’État, avec l’animation de GDS France. « Mais notre rôle d’organisme à vocation sanitaire ne se réduit pas aux délégations et je suis conscient du rôle qui devra être le nôtre rapidement ». Cela passe par la consolidation du multi-espèces et le développement du suivi sanitaire des denrées alimentaires. Christophe Moulin a également tenu à rappeler le partenariat historique avec les vétérinaires et les laboratoires d’analyse avant de conclure « ma conviction profonde est que le travail de ceux qui nous ont précédé, la compétence, les liens et la détermination des différents acteurs permettront de mener les chantiers qui nous attendent ».

La présentation de la feuille de route de la DGAl
Bruno Ferreira, directeur général de l’alimentation, a présenté dans les grandes lignes les chantiers qui nous attendent : organisation de la nouvelle gouvernance sanitaire, en s’appuyant sur des OVS indépendants et impartiaux, mise en œuvre de la Loi de Santé Animale, maintien du maillage vétérinaire, sensibilisation accrue au bien-être animal, attente sociétale forte et déploiement du concept « One Health » - une seule santé, « l’objectif étant de mettre en œuvre une approche globale et collaborative qui fasse le lien entre la santé végétale, animale, humaine et la protection de l’environnement ». Concernant la gouvernance sanitaire, il a déclaré « il faut que nous vous donnions les moyens de financer ces actions, au-delà de la simple cotisation qui resterait volontaire ». C’est en effet une attente forte des éleveurs, le sanitaire animal a un coût et il ne faudrait pas qu’il repose intégralement sur les éleveurs.

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