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GDS Biosécurité : les points majeurs pour limiter les impacts sanitaires sur son cheptel

Dans un contexte où les maladies émergentes se succèdent les unes aux autres, investir sur le sanitaire est plus que jamais indispensable. Les bonnes pratiques en termes de biosécurité doivent faire l’objet d’une attention quotidienne pour prévenir l’ensemble des maladies.

© GDS19

La biosécurité, qu’est-ce que c’est ?

Derrière ce terme, qui peut paraître un peu obscur, se trouve en fait l’ensemble des bonnes pratiques à appliquer sur son cheptel pour une meilleure santé du troupeau. L’objectif à terme étant d’éviter des pertes par :

  • mortalité,
  • dégradation de la reproduction,
  • mauvaise croissance des animaux.

La succession dans le temps de différentes maladies vectorielles nouvelles illustre malheureusement l’impact que le sanitaire peut avoir sur :

  • le taux de femelles vides,
  • les cycles décalés,
  • les pertes directes.

Ceci confirme, s’il en était nécessaire, l’intérêt d’investir dans le sanitaire : les mesures de biosécurité font partie de cet investissement.

La biosécurité comporte 3 principes majeurs :

  1. Éviter que des pathogènes ne soient introduits ou sortent du troupeau.
  2. Éviter que des pathogènes ne circulent dans le troupeau.
  3. Éviter que des pathogènes ne persistent dans l’environnement.

 

Éviter que des pathogènes ne soient introduits ou ne sortent du troupeau

Gestion des introductions

L’introduction d’un animal dans le troupeau fait partie des risques majeurs d’introduction d’un pathogène. Le principe de base est de faire réaliser systématiquement des tests d’introduction pour s’assurer que les animaux introduits ne sont pas porteurs de pathogène.

Sur ce volet, il y a aujourd’hui beaucoup à faire sur le département de la Corrèze. En effet, à titre d’exemple, seuls 15 % des bovins introduits sur les cheptels corréziens bénéficient aujourd’hui d’un test BVD (Diarrhée Virale Bovine), les chiffres sont similaires pour les autres maladies. Ce très faible taux de test à l’introduction met à mal le travail qui est par ailleurs effectué lors des prophylaxies.

Hors contexte tuberculose spécifié, et suivant l’âge et le sexe des bovins, les principales maladies à tester dans le cadre d’une introduction sont les suivantes :

  • IBR,
  • BVD,
  • Paratuberculose,
  • Besnoitiose,
  • Néosporose.

Sanitairement, l’idéal est de pouvoir faire tester les animaux avant qu’ils ne partent du cheptel d’origine et de réaliser un transport direct et sans rupture de charge. Dans le cas d’un contrôle sur le cheptel de destination, la mise en place d’une quarantaine est nécessaire jusqu’à l’obtention de résultats favorables.

Dans tous les cas, la signature d’un billet de garantie conventionnelle est fortement recommandée. Ce document, disponible sur le site internet du GDS www.gds19.org, permet d’annuler la vente en cas de résultat défavorable.

 

Intervenants extérieurs

Quels qu’ils soient, les intervenants extérieurs (salarié, stagiaire, intervenant d’une OPA, etc.) peuvent être vecteurs de maladies et d’agents pathogènes par l’intermédiaire :

  • des bottes,
  • des vêtements,
  • de leurs mains.

Une attention particulière doit donc être apportée sur :

  • la propreté des vêtements,
  • la désinfection des bottes,
  • le lavage des mains.

À cette fin, un point de nettoyage et désinfection doit être disponible à l’entrée des bâtiments.

 

Matériel en commun / Matériel ETA

Certains matériels en commun ou d’Entreprise de Travaux Agricoles peuvent présenter un risque. C’est particulièrement le cas pour les épandeurs.

À défaut de les utiliser en commun avec des cheptels dont le statut sanitaire est connu et favorable (particulièrement pour la paratuberculose) et d’un nettoyage, il est fortement recommandé de :

  • débuter l’épandage sur des parcelles de culture,
  • puis de fauche,
  • et de terminer par les parcelles de pâturage (permet une certaine purge des effluents du cheptel précédant).

Le matériel de contention en commun doit lui être systématiquement nettoyé et désinfecté entre deux utilisations.

Enfin, certains matériels (comme les vêleuses) doivent être spécifiques à l’élevage.

 

Contacts avec le voisinage / autres ateliers de l’exploitation / faune sauvage

La proximité directe entre deux cheptels différents est à éviter le plus possible, que ce soit :

  • au bâtiment,
  • au pâturage.

Si, pour certaines maladies, l’absence de contact mufle à mufle peut suffire à éviter une contamination, certaines comme la BVD nécessitent une distance minimale de 100 m pour éviter tout risque.

En terme de pâturage, l’idéal est de pouvoir pratiquer un pâturage alterné : lorsque vos animaux pâturent sur une parcelle, vos voisins ne font pas pâturer les leurs sur une parcelle voisine et inversement.

La mise en place de ce système peut être difficile dans :

  • les secteurs à forte densité d’animaux,
  • les cas de parcellaires très morcelés.

Dans tous les cas, l’entretien des clôtures doit être régulier et les points d’eau aménagés pour limiter le plus possible l’accès à la faune sauvage.

Enfin, les cheptels à double atelier (allaitant ou laitier), couplé à un atelier d’engraissement cartes jaunes, peuvent présenter un risque si les mesures de biosécurité ne sont pas correctement appliquées :

  • matériel et équipement (bottes, etc.) spécifique à chaque atelier,
  • distance suffisante entre les bâtiments,
  • fermeture du bâtiment d’engraissement,
  • épandage des effluents de l’atelier d’engraissement sur des parcelles de culture, etc.

 

Éviter que des pathogènes ne circulent dans le troupeau

Si certaines maladies « s’achètent » et arrivent dans les cheptels par le biais des introductions, d’autres sont beaucoup plus difficiles à maîtriser en raison de leur mode de transmission. C’est le cas des maladies vectoriellescomme :

  • la FCO,
  • la MHE.

L’insecte responsable de la transmission de ces maladies est en effet capable de parcourir de grandes distances dès que les conditions sont favorables.

Pour ce type de maladies, la prévention passe donc principalement par :

  • le renforcement de l’immunité,
  • une bonne conduite des animaux, en particulier sur l’aspect alimentation,
  • et, quand cela est nécessaire, une vaccination.

Ces deux points ne sont bien sûr pas spécifiques aux maladies vectorielles et jouent un rôle pour toutes les maladies.

 

Conduite des animaux

Les points qui vous aideront à améliorer la bonne immunité de vos animaux sont les suivants :

  • Alimentation : apports adaptés en :
    • énergie,
    • protéines,
    • fibres,
    • minéraux,
    • oligo-éléments,
    • importance de la qualité de l’eau ;
  • Bâtiments :
    • densité,
    • ventilation,
    • luminosité,
    • hygiène de la litière adaptée, etc. ;
  • Bonne gestion du parasitisme ;
  • Adaptation de la conduite selon le stade physiologique des animaux :
    • allotement par stade physiologique,
    • préparation au vêlage pour une bonne qualité du colostrum,
    • gestion adaptée des primipares.

Certains cheptels ont en effet pu régler les problèmes de diarrhées néonatales en adaptant l’alimentation du troupeau. Ceci permet un colostrum de meilleure qualité et donc une meilleure transmission d’immunité aux nourrissons.

De même, certaines pathologies respiratoires peuvent être réglées par :

  • une meilleure conception des bâtiments,
  • un aménagement pour améliorer le renouvellement et la qualité de l’air (sur ce point, ne pas hésiter à faire appel à un conseiller bâtiment).

 

Vaccination

Lorsque l’amélioration des facteurs de risque sur le logement ou l’alimentation des animaux ne donne pas les effets espérés ou n’est pas possible (bâtiment mal conçu sans possibilité d’aménagement par exemple), la vaccination peut s’avérer utile contre des pathologies comme :

  • les maladies respiratoires,
  • les diarrhées à rota/coronavirus,
  • la cryptosporidiose.

Il est important de noter que pour qu’une vaccination soit pleinement efficace, la conduite des animaux, notamment sur le plan alimentaire, doit être adaptée. Les déficits constatés régulièrement sur la teneur des rations en protéines nuisent à la fabrication des anticorps (qui sont des protéines) nécessaires à la mise en place de l’immunité.

 

Éviter que des pathogènes ne persistent dans l’environnement

Ce volet concerne plus particulièrement :

  • L’aménagement et la stabilisation des points d’eau ;
  • La réalisation, si nécessaire, d’une désinfection des bâtiments et d’un vide sanitaire ;
  • La bonne gestion des effluents d’élevage :
    • éviter les ruissellements,
    • l’accès d’animaux,
    • effet bénéfique du compostage, etc.

 

 

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