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Fruits rouges des Monts du Velay
Fraises et framboises sur fond de distorsion de concurrence

La saison des fraises se termine et celle des framboises débute. Pour faire état de la situation et des difficultés de la filières des petits fruits, les producteurs du GIE Fruits Rouges des Monts du Velay avaient convié les élus locaux ainsi que le Préfet Denis Conus et le Ministre Laurent Wauquiez sur l'exploitation de Clément Guyot à St Jeures.

La saison 2011 est presque terminée en fraises.
La saison 2011 est presque terminée en fraises.
© GIE MOnts du Velay
Alors que la saison de la fraise s’achève et à l’aube de celle de la framboise, les producteurs du GIE des fruits rouges des Monts du Velay, ont évoqué avec les élus locaux et en présence de Denis Conus Préfet et du Ministre Laurent Wauquiez, les problèmes qu’ils rencontrent, et notamment de distorsion de concurrence, dans le cadre de la visite de l’exploitation de Clément Guyot à Pouzols sur la commune de St Jeures.
L’objectif de cette rencontre était de faire connaître le GIE et son travail, mais aussi de sensibiliser les personnalités présentes sur les difficultés dues à la concurrence. « L’Allemagne est notre principale rivale ; en 2010 c’était un gros problème » explique Eric Pauchon, président du GIE.

Concurrence allemande
Si la saison s’annonce bonne en termes de prix, les producteurs entendent néanmoins faire état de leurs difficultés. « En Allemagne, un travailleur saisonnier est payé entre 6 et 7 euros de l’heure, en France c’est 12 euros charges sociales comprises. On ne peut pas rivaliser. Nous voulons bien un marché unique mais il faut harmoniser les règles », explique Eric Pauchon. Cette différence de rémunération se ressent sur le prix de vente des fruits. En effet, un kilo de fraise allemande est vendu 2 euros aux centrales d’achat contre 4 euros pour les fraises françaises. Les producteurs réclament que les règles, au niveau européen, soient les mêmes pour tous pour qu’ils puissent être compétitifs face à une « Allemagne qui les concurrence de manière déloyale ».
Laurent Wauquiez a écouté les revendications : « C’est un problème que je connais bien. C’est la même chose pour les filières viande et lait », a-t-il déclaré. Deux raisons seraient la cause de ce phénomène. Tout d’abord, les réformes engagées par l’Allemagne depuis près de dix ans permettent de réduire les charges sociales des entreprises. Ensuite, selon Laurent Wauquiez, les producteurs allemands emploient une main-d’œuvre des pays de l’Est, bon marché. Pour répondre aux attentes émises par les membres du GIE, il s’est engagé à travailler sur le problème afin d’identifier ce qui relève d’une concurrence légitime ou illégitime.

2011 s’annonce bien en fraises
Après la visite de l’exploitation de Clément Guyot, les invités se sont rendus dans les locaux du GIE. Denis Chirouze, directeur du GIE a exposé quelques chiffres sur les campagnes 2010 et début 2011. Il s’agit de deux saisons commercialement opposées. La concurrence avec l’Allemagne s’est en effet beaucoup moins fait ressentir cette année en fraise, pour trois raisons. Tout d’abord, les producteurs d’Outre-Rhin ont subi un gel printanier des fleurs important. Par ailleurs, ces derniers temps, les productions fruitières et légumières allemandes ont plutôt mauvaise presse et pour finir, du fait de la hausse des prix des céréales certaines cultures de fraises ont été transformées en cultures céréalières.

Nouvelle OCM
Les responsables professionnels ont également évoqué la nouvelle OCM (Organisation commune de marchés) fruits et légumes pour l’après 2013, actuellement en cours de négociations. Ils ont précisé leur souhait de maintenir une OCM spécifique «fruits et légumes» avec des programmes opérationnels spécifiques également. «Ceci permet aux organisations de producteurs d’établir une véritable stratégie d’entreprise indispensable pour l’avenir des structures» insiste le président. Ce souhait partagé par de nombreux pays semble donc presque acquis, mais rien n’est encore sûr. Eric Pauchon ajoute également qu’il attend un maintien des programes opérationnels, car le GIE souhaite pouvoir continuer à subventionner les investissements collectifs et individuels par le biais de ces programmes.

Fraises 2011

La saison 2011 est presque terminée en fraises. Elle s’est plutôt bien passée en terme de marchés mais les rendements sont inférieurs
à ceux de 2010. Plusieurs facteurs expliquent cette baisse
de rendements :
. un printemps sec,
. des variétés qui ont eu du mal à passer l’hiver, un hiver sans neige, comme «Sonata»,
. des problèmes liés aux pratiques culturales (infestation de champignons…).
Un des objectifs du GIE dès cet automne est de chercher une solution technique à ces problèmes notamment par le biais d’essais.

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