Aller au contenu principal

Fièvre catarrhale ovine : quelle stratégie vaccinale adopter ?

Avec la réactivation inévitable du moucheron vecteur au printemps, la question de la vaccination des cheptels contre la FCO reste d’actualité. Un vaccin qui ne fait pas l’unanimité

Depuis le 26 septembre dernier, 80 000 bovins ont été vaccinés dans le Cantal.
Depuis le 26 septembre dernier, 80 000 bovins ont été vaccinés dans le Cantal.
© S.Leitenberger

FCO : trois lettres synonymes de marasme pour la filière bovine française. Après sa réapparition un sinistre 11 septembre 2015 sous la forme du sérotype 8 - épisode qui a valu à la France de perdre son statut indemne - les éleveurs cantaliens se demandent ce que leur réserve le virus ce printemps, propice à la réactivation du moucheron vecteur. “Avec la reprise de l’activité vectorielle à venir, on risque d’assister à une multiplication des foyers (237 recensés dans l’Hexagone au 8 avril dont 7 dans le Cantal) sans qu’on sache vraiment ce qu’il en sera de l’expression clinique de la maladie”, expose Francis Baraillé, directeur du GDS qui tient ce jour son assemblée générale à Valuéjols.  Une chose est sûre, les éleveurs sont peu enclins à vacciner leur cheptel de souche. La raison ? Le coût (depuis le 1er mars, l’acte et la vacation vétérinaires ne sont plus pris en charge), mais aussi des interrogations quant à l’innocuité du vaccin et sur les conditions de réouverture potentielle du marché turc qui pourrait exclure les animaux vaccinés. Difficile dans ces conditions de délivrer un message unique, estime le GDS, qui privilégie un conseil individualisé. Sachant qu’a priori, les autorités sanitaires françaises n’envisagent pas d’imposer de vaccination obligatoire des cheptels. La profession, elle, demande toujours la déclassification de la FCO de la liste des maladies réglementées par l’OIE. Une revendication difficile à faire aboutir...

204 700 nouvelles doses

Depuis le 26 septembre et la mise à disposition des doses au Cantal, 80 000 bovins, quasi exclusivement des broutards, ont été vaccinés, en priorisant dans un premier temps les sujets les plus âgés pour “que tout le monde puisse exporter des animaux”, précise le directeur adjoint, Frédéric Aymard. Une nouvelle dotation de 204 700 doses devrait permettre de vacciner 96 000 jeunes bovins, 4 250 vaches laitières et 2 057 ovins. La vaccination reste en effet de mise pour le marché transalpin pour les broutards ainsi que pour les mères des veaux de moins de 90 jours exportés. L’Espagne exige elle un test PCR négatif ou la vaccination des bovins exportés (de leur mère ou leur cheptel pour les - 70 jours). Toujours au registre des crises sanitaires, 2015 a vu ressurgir le spectre de l’influenza aviaire avec plus de 90 foyers du virus H5N1 hautement pathogène recensés depuis le 19 novembre dans le Sud-Ouest. La zone réglementée concerne 90 communes du Sud-Cantal (notamment la Châtaigneraie) où déclaration et confinement des volailles sont obligatoires. Les élevages de palmipèdes sont eux soumis à une mesure drastique de vide sanitaire. Autre épizootie qui a, ponctuellement, refait parler d’elle : l’ESB, avec un cas isolé détecté dans un élevage salers des Ardennes où l’animal infecté est né. “Un cas isolé, comme il y en a toujours eu et il y en aura encore, tient à souligner Francis Baraillé. Un cas sans aucune incidence pour les consommateurs.”

BVD : une boucle pour dépister tôt les Ipi

Sur le front des maladies réglementées à prophylaxie obligatoire, la situation du cheptel cantalien est favorable avec l’absence de tout foyer qu’il s’agisse de tuberculose, brucellose ou leucose bovine. Néanmoins, la vigilance reste de mise pour la tuberculose loin d’être éradiquée dans certaines régions (Cote d’Or, Dordogne notamment). Pour ce qui est de l’IBR, le Cantal reste en retard dans la lutte pour éradiquer cette maladie virale. D’où un nouvel appel à intensifier les efforts en la matière sachant que la prophylaxie IBR va être sensiblement renforcée par un prochain arrêté ministériel (lire ci-contre). Le GDS poursuit par ailleurs ses actions sur la maladie des muqueuses (BVD). Une étude diligentée en 2015 a révélé que seuls 30 % des éleveurs cantaliens ont mis en place une protection vaccinale, pourtant moyen le plus sûr de protection contre la génération des animaux Ipi (encore plus de 350 Ipi identifiés sur la campagne 2014-2015 dans le Cantal). Pour favoriser leur identification et élimination précoces, le GDS propose depuis peu une nouvelle méthode de dépistage via la pose d’une boucle Ultra TST qui permet à la fois l’identification de l’animal à la naissance et le prélèvement d’un morceau de cartilage en vue d’une recherche du virus BVD. Grâce à ce dispositif, des pays comme la Suisse et l’Allemagne ont éradiqué en quelques années seulement la BVD pour un coût bien moins onéreux que des analyses PCR classiques. Ce nouveau dispositif est présenté ce jour en assemblée générale. Une réunion au cours de laquelle le GDS devrait aussi mettre en garde contre l’extension de la besnoitiose, une maladie parasitaire à vecteur dite maladie de la peau d’éléphant. Récemment apparue dans le Cantal, elle peut entraîner des pertes lourdes et nécessite de détecter et réformer au plus tôt les individus atteints.

 

 

Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.

Droits de reproduction et de diffusion réservés.

Les plus lus

Mickaël Vignal, au centre, a investi dans une centrale photovoltaïque de 36 kWc dont une partie de la production est autoconsommée.
Avec la baisse des tarifs de rachat d'électricité, l’autoconsommation est-elle devenue rentable ? 

À Sugères, Mickaël Vignal, éleveur laitier, a investi dans l'énergie solaire pour réduire sa facture d’électricité de 28…

Un nouveau kit d’introduction dérogatoire a été mis en place par le GDS. Il concerne les lots d’au moins 10 bovins âgés de moins de 24 mois, destinés uniquement à la boucherie ou à l’export.
Au 1er avril 2026 : les règles d'introduction des bovins évoluent

Les règles d’introduction des bovins en Haute-Loire évoluent le 1er avril 2026 afin de mieux concilier sécurité…

portrait de Domniqué Chargé, président de La Coopérative Agricole.
Dominique Chargé voit les coopératives “prêtes à reconstruire de la souveraineté”

Dans un pays aux 2 100 coopératives et où trois agriculteurs sur quatre sont adhérents, le chef de l’organisation faîtière des…

tank à lait avec des gens
Surproduction laitière : « L’enjeu est de faire la marche arrière la plus basse possible sur les prix »

Florent Kaplon, président du CRIEL et directeur amont des fromageries Dischamps analyse la conjoncture laitière et apporte un…

Le Cantal est le département de la région où la collecte laitière a le plus progressé fin 2025.
Lait de vache : Pourquoi la collecte laitière augmente ?

Depuis la fin de l'année, la production laitière a fortement augmenté à la faveur d'un automne clément et de fourrages…

De gauche à droite : Pierre Prallon, JA 43, Lionel Guy, président de la section lait de la FDSEA 43, Éric Richard, administrateur de la FNPL et vice-président  section lait de la FDSEA 43, Ludovic Blin, vice-président de la FNPL, J-Paul Peyral, administrateur FNPL et Géraud Bruel, président de la section lait du Cantal.
Tournée régionale FNPL : les éleveurs paient l’addition d’un manque d’anticipation industriel dans la crise laitière

En 2026, les éleveurs laitiers français paient le prix fort d’un manque d’anticipation industriel. C'est l'analyse portée par…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 100€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Réussir lait
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière Réussir lait
Consultez les revues Réussir lait au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière laitière