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Fermoscopie 2020 : l’observation économique des exploitations

Chaque année, Cerfrance Terre d’Allier lance Fermoscopie. Un véritable bilan de santé des exploitations agricoles du département de l’Allier. Décryptage des impacts après une année 2020 bien compliquée.

© aa03

Un an déjà que la crise sanitaire a débuté avec ses conséquences inédites sur l’économie dans son ensemble. Le secteur agricole, comme tous les autres, en a bien évidemment souffert. Les partenaires agricoles, comme le cabinet comptable Cerfrance Terre d’Allier a dû s’adapter comme le confirme David Boismenu, responsable Pôle Métiers Cerfrance Terre d’Allier : « Face à ce tsunami dans notre pays, nous avons démontré notre capacité d’adaptation, notre agilité à faire face à l’imprévu. Nous nous sommes remis en cause, nous avons changé nos modes de communication, nos relations avec l’extérieur, tout cela pour préserver, voire sauver nos activités, nos métiers et continuer à vivre du mieux possible ». Une capacité d’adaptation, peut-être, aux yeux de certains, inutiles il y a quelques mois, qui doit être aujourd’hui un véritable fil conducteur pour toute la filière. Une crise sanitaire à laquelle s’ajoutent les évolutions climatiques, la fluctuation des cours, l’instabilité de la demande et l’évolution des modes de consommation. Des événements qui nous imposent de changer nos habitudes ou nos pratiques.

Des vidéos, filière par filière

Fermoscopie, l’observatoire économique des exploitations agricoles du département de l’Allier, s’est également adapté. Traditionnellement, ce sont plusieurs rencontres, à travers l’ensemble du département qui sont organisées. Cette année, c’est à distance et à travers de nouveaux supports que les données, les chiffres des exploitations, filière par filière, seront présentés. La base, elle, reste bien évidemment la même. Les précisions de David Boismenu : « Notre communication habituelle sous forme de réunions dans nos agences va également succomber à la crise sanitaire mais c’est pour mieux innover ! Dans les semaines à venir, nous allons proposer trois vidéos de présentation, pour des productions différentes avec une analyse plus poussée, mais aussi des webinars* où nous aborderons des productions plus spécifiques ».

Des chiffres qui parlent, livrant des informations d’une grande richesse et qui permettront aux agriculteurs de se situer, d’être mieux accompagnés et, surtout, de mesurer l’impact de leurs décisions pour leurs exploitations mais aussi celles à envisager face aux aléas climatiques et aux impacts directs ou indirects liés à la crise.

70 % des exploitations spécialisées en bovins viande

La ferme Cerfrance Terre d’Allier, ce sont 70% des exploitations spécialisées en bovins viande, l’élevage allaitant dominant largement le paysage bourbonnais. Les données sont établies à partir d’un échantillon représentatif de 1054 exploitations.

Suite à l’arrivée de la Covid- 19, la consommation de viande hachée s’accélère. Une situation qui soulève des questions. Les explications de Chloé Mahieu, conseillère d’entreprises agricoles : «  Il convient de s’interroger quant à la structuration de toute la filière ainsi qu’à la réponse aux attentes des consommateurs en créant de la valeur ajoutée. Une filière qui voit progressivement naître en son sein une possible opportunité à travers la production bio spécialisée en bovin viande ». Du côté des producteurs de lait, ils poursuivent depuis une dizaine d’années, l’augmentation de leurs moyens de production, qu’il s’agisse de main-d’œuvre, de surfaces ou de cheptel. La quantité de lait vendue s’est maintenue malgré la sécheresse et la Covid.

La filière ovine continue inexorablement sa baisse de résultat depuis dix ans. L’année 2020 a vu pourtant un marché relativement stable malgré le confinement pendant les fêtes religieuses. Un constat qui peut s’expliquer par la baisse des exportations liées au Brexit.

Les céréaliers, eux aussi, sont impactés durablement par les aléas climatiques et le marché international en enregistrant une rentabilité en chute libre depuis les dix dernières années. La faute aux rendements décevants et aux sécheresses récurrentes. L’espoir renaît tout de même à travers les contrats sous filières. L’EBE par hectare des exploitations en polyculture-élevage s’effondre de 25%. Elles cumulent les difficultés sur les deux ateliers. L’année 2020, l’a confirmé. Les élevages hors sols, qu’ils soient en porcs ou en volailles, sont, le plus souvent développés en complément d’autres ateliers. La filière porcine, après une belle année des cours en 2019 est victime d’une baisse progressive des prix depuis un peu moins d’un an. Elle subit la fermeture des frontières et des changements de mode de consommation lors du confinement. La volaille, elle, connait depuis déjà plusieurs années, un essor dans notre département.

Des annuités importantes

En règle générale, la situation économique des exploitations bourbonnaises se caractérise par des annuités importantes et stables qui les fragilisent. Le revenu disponible progresse dans les différents systèmes, et en bovin lait il a progressé de manière significative. L’année 2020 s’ajoute aux précédentes pour les cultures, pénalisant les résultats aussi bien de ce groupe que pour celui de la polyculture-élevage. Chloé Mahieu insistant sur le fait qu’ « une réflexion doit être menée sur les solutions pour faire face aux difficultés de trésorerie tout en préparant l’année 2021 ».

Une dépendance aux primes

Des exploitations très dépendantes des primes, notamment en ovins et en bovins viande bio. Chloé Mahieu ajoutant : « En 2019, les primes exceptionnelles ont permis de maintenir le niveau d’EBE pour les exploitations d’élevage. L’élargissement de la zone ICHN a eu un impact positif pour les éleveurs du Val d’Allier ». Reste à savoir quel sera l’impact de la future PAC sur les exploitations…

A ce jour, 35% des exploitations bourbonnaises sont considérées à risque d’un point de vue économique et financier dont 23% en danger. Un chiffre en constante augmentation. Heureusement, 65% des exploitations restent dans une situation saine.

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