FDSEA : l’urgence pour l’agriculture corrézienne
La FDSEA 19 de la Corrèze a tiré la sonnette d’alarme ce vendredi 17 avril lors d’une rencontre avec la presse à Tulle. Au cœur des préoccupations : l’explosion des coûts de production, notamment celui du gazole non routier (GNR), la prédation croissante du loup sur les troupeaux et la baisse des aides régionales. Les représentants syndicaux ont rappelé avec force que les agriculteurs ne peuvent plus être les « dindons de la farce » d’un système qui les contraint à produire à perte.
La FDSEA 19 de la Corrèze a tiré la sonnette d’alarme ce vendredi 17 avril lors d’une rencontre avec la presse à Tulle. Au cœur des préoccupations : l’explosion des coûts de production, notamment celui du gazole non routier (GNR), la prédation croissante du loup sur les troupeaux et la baisse des aides régionales. Les représentants syndicaux ont rappelé avec force que les agriculteurs ne peuvent plus être les « dindons de la farce » d’un système qui les contraint à produire à perte.
Le GNR : une hausse insupportable pour les exploitations
Produire à perte n’est plus une option »
a martelé Emmanuel Lissajoux, Président de la FDSEA de la Corrèze. Depuis plusieurs mois, le coût du GNR a presque doublé. Une hausse vertigineuse qui pèse lourdement sur les exploitations, surtout celles engagées dans des cultures intensives ou des récoltes mécanisées.
Aujourd’hui, produire revient trop souvent à travailler à perte. Cette réalité n’est plus supportable », a-t-il insisté.
La FDSEA demande une répercussion immédiate et totale de ces hausses dans les prix payés aux producteurs. « Comme toute entreprise dépendante de l’énergie, nous devons pouvoir intégrer nos coûts dans nos prix.
Aujourd’hui, cette règle élémentaire ne s’applique pas à notre secteur », a dénoncé Marie-France Forest, Secrétaire générale de la FDSEA.
La filière est appelée à prendre ses responsabilités :
Il en va de la survie de nos exploitations et de l’avenir de l’agriculture
sur nos territoires. »
La FDSEA exige la renégociation des contrats avec la grande distribution, qui refuse pour l’instant d’intégrer ces hausses.
Nous ne pouvons plus accepter que les agriculteurs absorbent seuls ces coûts, alors que tous les autres secteurs – transporteurs, industriels – répercutent leurs charges », a souligné Emmanuel Lissajoux.
Un courrier sera adressé dans les prochains jours à l’ensemble des acteurs des filières afin de leur demander de prendre en compte l’augmentation des coûts de production et d’assurer une juste rémunération des agriculteurs.
Le loup : une prédation en hausse, des outils insuffisants
La question du loup a également dominé la réunion. Depuis le 1er avril, la réglementation a évolué : les tirs de défense pour les ovins sont désormais déclaratifs (et non plus soumis à autorisation), et les tirs de prélèvement pourraient être étendus. Pourtant, le syndicat reste sceptique.
Le fond du problème n’est pas réglé : le loup s’étend, les attaques se multiplient, et les éleveurs passent des nuits blanches à surveiller leurs troupeaux », a alerté Marie-France Forest.
En Corrèze, les attaques se sont étendues bien au-delà du plateau de Millevaches, touchant les secteurs de Corrèze, Égletons, Saint-Pardoux-la-Croisille, Lapleau.
On voit que les loups s’attaquent à des troupeaux en plaine, pas seulement en montagne. La prédation s’étend », a-t-elle précisé.
Les éleveurs demandent l’accès aux mêmes outils que les lieutenants de louveterie, notamment les lunettes à visée nocturne, pour pouvoir agir efficacement. « À l’heure actuelle, on nous demande de surveiller nos animaux la nuit, mais sans les moyens adaptés. C’est inhumain et inefficace », a-t-elle dénoncé.
La FDSEA réclame des tirs de prélèvement immédiats et une gestion réaliste de la population de loups.
On ne peut pas accepter que des éleveurs abandonnent l’élevage en plein air à cause du loup. Il faut choisir : soit on veut des loups, soit on veut des éleveurs. Mais on ne peut pas avoir les deux », a insisté Marie-France Forest.
Les aides régionales : un abandon de l’élevage conventionnel
Autre sujet de colère : la restriction drastique des aides régionales pour la modernisation des bâtiments agricoles. Depuis décembre 2025, la Nouvelle-Aquitaine n’accorde plus de subventions qu’à certains agriculteurs ainsi qu’aux jeunes agriculteurs installés depuis moins de quatre ans.
C’est une politique de décroissance déguisée. On abandonne l’élevage conventionnel et on oublie que la souveraineté alimentaire passe par des infrastructures modernes », a critiqué Emmanuel Lissajoux. « On nous parle de restriction budgétaire ? Très bien, mais alors elle doit s’appliquer à tous, pas seulement à certains ! », a-t-il insisté.
La FDSEA a obtenu un rendez-vous avec le vice-président régional en charge de l’agriculture pour exiger la réouverture des appels à projets pour tous les éleveurs.
Mobilisation et perspectives
Face à ces crises multiples, le syndicat agricole appelle à une mobilisation sans faille. « Nous allons maintenir la pression sur le préfet pour les tirs de prélèvement, sur la région pour les aides, et sur la filière pour la répercussion des coûts », a promis Emmanuel Lissajoux.
Les agriculteurs de Corrèze refusent d’être les variables d’ajustement d’un système qui les étouffe.
Nous ne sommes pas des assistés, nous sommes des entrepreneurs. Nous demandons simplement les moyens de vivre de notre travail », a-t-il conclu.