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FDSEA : les hausses de charges doivent être répercutées dans les prix !


Comme annoncé lors de la conférence de presse organisée par la FDSEA de la Corrèze le 17 avril dernier sur les grands sujets d’actualité agricole, le syndicat a adressé un courrier aux opérateurs des filières pour exiger une répercussion immédiate de la hausse des charges dans les prix agricoles.

Tracteur et vaches
© Istock


Un message clair : les agriculteurs ne peuvent plus continuer à produire à perte.


Face notamment à l’explosion du coût du gazole non routier (GNR), mais aussi à l’augmentation générale des charges de production, la situation devient intenable pour de nombreuses exploitations corréziennes. Pour Emmanuel Lissajoux, président de la FDSEA de la Corrèze, l’alerte est sérieuse : 

Aujourd’hui, produire revient trop souvent à travailler à perte. Cette réalité n’est plus supportable pour les agriculteurs, qui ne peuvent continuer à assumer seuls des hausses de charges toujours plus lourdes. »


Faire appliquer une règle simple : couvrir les coûts de production


Dans ce contexte, la FDSEA a donc écrit aux différents opérateurs présents sur le territoire corrézien – coopératives, abatteurs, … – pour leur demander de prendre leurs responsabilités. L’objectif est simple : que l’augmentation des charges soit pleinement intégrée dans les mécanismes de fixation des prix.
 

Il est indispensable que les prix payés aux producteurs permettent de couvrir les coûts de production, condition minimale pour assurer la pérennité de nos exploitations », rappelle Emmanuel Lissajoux. 

Pour le responsable syndical, cette exigence n’a rien d’exceptionnel : elle relève du simple bon sens économique.


Les agriculteurs ne doivent plus être la variable d’ajustement


La FDSEA dénonce un déséquilibre structurel devenu insupportable. Alors que toutes les entreprises dépendantes de l’énergie – transporteurs, industriels, artisans – répercutent naturellement leurs hausses de charges dans leurs prix de vente, l’agriculture reste trop souvent la seule à devoir absorber ces surcoûts sans compensation.
 

Comme toute entreprise dépendante de l’énergie, les agriculteurs doivent pouvoir répercuter leurs charges dans leurs prix », explique Emmanuel Lissajoux. « Aujourd’hui, cette règle élémentaire ne s’applique pas à notre secteur. Les hausses sont absorbées par les exploitations, sans possibilité de les transmettre en aval. Cette situation n’est plus acceptable. »


Pour la FDSEA, il est urgent que l’ensemble des filières sorte de cette logique où le producteur sert systématiquement de variable d’ajustement.
 

Produire à perte ne peut plus être la norme


Au-delà de l’urgence conjoncturelle, c’est bien la pérennité même de la production agricole qui est en jeu. Sans rémunération juste, il n’y aura ni renouvellement des générations, ni maintien des élevages, ni souveraineté alimentaire

Il en va de la survie de nos exploitations et de l’avenir de l’agriculture sur nos territoires », alerte le président de la FDSEA. Et de poursuivre : « Produire à perte ne peut plus être la norme. Sans capacité à répercuter les coûts, aucune agriculture ne peut tenir dans la durée. »


Le syndicat appelle donc l’ensemble des opérateurs à prendre la mesure de la situation et à agir rapidement.


Aucune baisse des cours ne serait acceptable


La FDSEA a également profité de ce courrier pour adresser un message très ferme : dans le contexte actuel, il serait totalement inacceptable d’envisager la moindre baisse des cours. Pour Emmanuel Lissajoux, les fondamentaux de marché sont clairs. 

Les indicateurs démontrent une situation de tension sur l’offre, avec des disponibilités en recul en raison de la décapitalisation des cheptels et des crises sanitaires successives. » Dans le même temps, la consommation reste stable en France comme en Europe, sans augmentation significative des importations. « Rien ne justifie donc une pression à la baisse sur les prix payés aux producteurs ; une telle orientation serait économiquement incohérente et totalement inentendable pour les agriculteurs. »


Défendre le revenu, défendre la production


Pour la FDSEA, le message est sans ambiguïté : défendre les prix, c’est défendre la production. Accepter que les agriculteurs travaillent à perte, c’est organiser la disparition progressive des exploitations et l’affaiblissement durable de l’agriculture corrézienne. Le syndicat entend donc rester pleinement mobilisé pour faire respecter une exigence simple mais essentielle : permettre aux agriculteurs de vivre de leur métier.
 

Car sans revenu, il n’y a ni installation, ni transmission, ni avenir pour l’agriculture.

 

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