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FDSEA et JA à la Région : pour des aides plus adaptées et plus équitables, au service de la production !

Suite à la rencontre de décembre 2025 avec Pascal Cavitte, conseiller régional de la Corrèze, puis au courrier adressé en début d’année à Alain Rousset sur le PCAE Nouvelle-Aquitaine, la FDSEA et les JA de la Corrèze ont été reçus ce mardi 21 avril par Jean-Pierre Raynaud, vice-président du Conseil régional en charge des dossiers agricoles.

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© FDSEA19


Une rencontre attendue, portée par Emmanuel Lissajoux, président de la FDSEA de la Corrèze, venu défendre avec fermeté les revendications syndicales sur le PCAE et plus largement sur la vision que la Région entend donner à sa politique agricole.
À ses côtés : Marie-France Forest, secrétaire générale de la FDSEA, Daniel Couderc, vice-président, Rémy Bourdoux et Camille Privat, respectivement président et secrétaire générale des JA de la Corrèze. Participaient également François Trignol, secrétaire général de la FNSEA Nouvelle-Aquitaine, et Pierre Cazes, secrétaire général de JA Nouvelle-Aquitaine.
Face à eux, Jean-Pierre Raynaud était entouré d’Isabelle Gardien, directrice de l’Agriculture, d’Adeline Borot, sous-directrice, et de Laurent Gomez, conseiller technique agriculture auprès du président Alain Rousset.
 

Produire pour nourrir : une priorité syndicale


Pour la FDSEA et les JA, le constat est sans appel : alors que près d’un poulet sur deux consommé en France est importé, que la France ne couvre plus totalement ses besoins en œufs et que le cheptel bovin continue de se réduire, la souveraineté alimentaire ne peut plus être reléguée au second plan.
 

Pour nourrir la population, il faut produire. Et pour produire, il faut pouvoir investir dans des bâtiments, du matériel et des équipements adaptés », a rappelé Emmanuel Lissajoux en ouverture de la rencontre. 

Un message clair : sans moyens de production, il n’y a ni souveraineté alimentaire, ni avenir pour l’élevage.
 

PME : des critères jugés injustes et déconnectés du terrain


Premier dossier mis sur la table : le Plan de Modernisation des Élevages (PME). Pour la FDSEA et les JA de la Corrèze, il est difficilement acceptable que ce dispositif soit aujourd’hui réservé aux agriculteurs installés depuis moins de quatre ans ou engagés en agriculture biologique. « Alors que les besoins sont là ! », insiste Emmanuel Lissajoux.
Pour le président de la FDSEA, cette orientation exclut une grande partie des éleveurs en activité et ne correspond pas aux réalités du terrain. Rémy Bourdoux, récemment élu président des JA de la Corrèze, a lui aussi dénoncé cette logique restrictive : 

Un jeune agriculteur en phase d’installation doit déjà faire face à des charges importantes : reprise du foncier, achat du cheptel, du matériel… Peu peuvent engager immédiatement des investissements lourds dans les bâtiments, pourtant essentiels à la pérennité de l’exploitation. » 

Le responsable JA s’interroge également sur la définition même du statut de jeune agriculteur : 

Considérer qu’un agriculteur installé à 20 ans ne serait plus considéré comme jeune à 24 ans interroge fortement. Ce critère semble particulièrement restrictif. » 

Il regrette également que le statut JA, autrefois bonifié, soit désormais devenu une condition d’accès.
À cela s’ajoute un système de notation complexe, avec un seuil fixé à 70 points, que les syndicats jugent trop technocratique et éloigné de l’objectif premier : produire pour nourrir les Français.
 

Si contrainte budgétaire il y a, elle doit être pour tout le monde », martèle Emmanuel Lissajoux. « Il est incompréhensible de donner tout à certains et rien à d’autres alors que les besoins sont là, pour tous. »


La Région répond, mais la vigilance reste de mise


Jean-Pierre Raynaud a rappelé que l’enveloppe PCAE était passée de 30 à 50 millions d’euros, notamment grâce au travail syndical mené par la FDSEA et les JA. L’enveloppe consacrée au PME a ainsi progressé de 19 à 30 millions d’euros. Le vice-président a également souligné qu’en 2025, 104 projets avaient été accompagnés en Corrèze pour 5,5 millions d’euros d’aides.
Face au nombre important de dossiers déposés en 2025, la Région a choisi de retenir tous les projets atteignant les 70 points, ce qui a fortement impacté le budget 2026 et conduit à des critères très sélectifs cette année.
Jean-Pierre Raynaud a toutefois rassuré la délégation : l’appel à projets 2027, qui devrait être lancé dès septembre ou octobre, disposera bien de son enveloppe annuelle de 30 millions d’euros, voire davantage avec d’éventuels reliquats.
 

Bio ultra-prioritaire : attention à la déconnexion avec le marché


Autre point de crispation : la volonté de la Région de faire des agriculteurs bio des ultra-prioritaires. Les responsables syndicaux n’ont pas rejeté le principe d’une bonification pour certains publics, comme les jeunes installés ou les exploitants en agriculture biologique. Mais ils alertent sur le décalage croissant entre cette orientation politique et les réalités économiques.
Pour eux, les aides doivent d’abord répondre aux besoins du marché et soutenir l’ensemble des producteurs.
François Trignol a insisté sur ce point : 

 La Région doit afficher et assumer son soutien à l’élevage et aux moyens de production. Le sujet de la communication doit être collectif. Le soutien affiché de la Région est une caution essentielle pour les agriculteurs, notamment face aux projets attaqués sur le terrain. »


Zone de montagne : les bétaillères individuelles enfin entendues


Autre sujet majeur : l’appel à projets mécanisation en zone de montagne. Malgré les surcoûts structurels liés à ces territoires et les nombreuses réunions de concertation menées avec la profession, la FDSEA et les JA dénoncent un dispositif 2026 inchangé, qui ne répond toujours pas aux besoins de terrain. En particulier sur la question des bétaillères

Marie-France Forest a été très claire : « Dans un contexte sanitaire particulièrement tendu – tuberculose, DNC et autres menaces sanitaires – il aurait été plus que cohérent de permettre le financement individuel des bétaillères, plutôt que d’imposer une logique de copropriété peu adaptée aux réalités de terrain et aux exigences de biosécurité. » 

Pour la secrétaire générale de la FDSEA, il s’agit de mieux accompagner les éleveurs tout en évitant l’embroussaillement des zones de montagne.
Sur ce point, Jean-Pierre Raynaud a donné raison à la profession. Le vice-président a affirmé ne pas être favorable à l’achat en copropriété des bétaillères et a indiqué que ce point serait retravaillé rapidement avec les services administratifs afin d’être corrigé dans le prochain appel à projets.
 

PVE : l’exclusion silencieuse de la majorité des éleveurs


Dernier sujet abordé : le Plan Végétal Environnement (PVE). Là encore, la FDSEA et les JA ont dénoncé une incohérence majeure : le matériel de fenaison n’est subventionné à hauteur de 30 % que pour les éleveurs en agriculture biologique. 

Plus de 90 % des agriculteurs corréziens sont de fait exclus de ces aides », rappelle Emmanuel Lissajoux. 

Il prend l’exemple des bovins viande : 

En Corrèze, on compte 150 156 têtes, avec seulement environ 4,6 % en agriculture biologique au niveau régional. La réalité est simple : la très grande majorité des élevages néo-aquitains ne sont pas en bio. » Le président de la FDSEA poursuit : « Réserver les aides aux seuls agriculteurs en production biologique revient donc à exclure la majorité des éleveurs, alors même que tous doivent faire face aux mêmes enjeux de compétitivité, d’adaptation climatique et de souveraineté alimentaire. »


Jean-Pierre Raynaud assume ce choix politique, expliquant qu’il s’agit d’un soutien spécifique après la suppression de certaines aides bio. Mais pour Emmanuel Lissajoux, le principe doit rester simple : 

 Il doit y avoir une équité par rapport aux besoins. »


L’eau, prochain chantier prioritaire


Concernant l’abreuvement des animaux et l’autonomie en eau, également soulevés par la FDSEA et les JA, Jean-Pierre Raynaud a indiqué que le PME devrait prochainement être élargi afin d’intégrer ces investissements. Une avancée attendue par les éleveurs.
 

Une ligne rouge : défendre la production


En conclusion, Emmanuel Lissajoux a rappelé la ligne défendue par la FDSEA et les JA : une politique régionale claire, assumée, tournée vers la production. 

Limiter l’accès aux aides à l’investissement – bâtiments, matériel, autonomie en eau – freine mécaniquement la capacité de production locale et favorise indirectement le recours aux importations de volailles, d’œufs ou de viande produits dans des conditions souvent très éloignées de nos standards sanitaires, environnementaux et sociaux. » 

Et d’ajouter : 

Sans soutien public adapté, les investissements seront reportés ou abandonnés, certaines productions disparaîtront, l’emploi agricole et para-agricole reculera, et les territoires ruraux continueront de s’appauvrir. Affaiblir l’élevage, c’est affaiblir toute la région ! »


Les demandes de la FDSEA et des JA


Dans ce contexte, la FDSEA et les JA de la Corrèze demandent :
- un PCAE ouvert à tous les agriculteurs, quel que soit leur mode de production ;
- le financement de tous les projets permettant de produire et de garantir la souveraineté alimentaire, sans conditionnalités excessives ni orientations excluantes.
Ils appellent également à une réorientation claire des aides régionales vers la compétitivité, la production et la souveraineté alimentaire.
 

Pour les responsables syndicaux, la Nouvelle-Aquitaine, première région agricole de France, doit faire le choix de soutenir pleinement ses agriculteurs.


Un enjeu économique, territorial et stratégique majeur.
 

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