Aller au contenu principal

Face à des entreprises irresponsables, les producteurs quittent le CRIEL

Le Comité Régional Interprofessionnel de l'Économie laitière Auvergne Limousin s'est réuni pour écouter les explications du CNIEL sur l'accord national de juin. Devant l'attitude irrespectueuse des entreprises, les producteurs ont quitté la réunion. Le Massif Central avait pourtant fait des propositions responsables avec un prix du lait sur le dernier trimestre autour de 305 €, et des perspectives pour 2010 autour de 320 €/1000 litres.

Depuis le mois d’avril dernier et l’absence d’accords mensuels, les entreprises sont libres d’appliquer les prix qu’elles souhaitent. En juin dernier par exemple, les entreprises de la région ont pratiqué 12 prix différents ! Les producteurs n’ont plus aucun point de repaire et ne pourront connaître le prix moyen annuel qui leur est payé qu’après la campagne. Anne Richard, du CNIEL, est venu à l’initiative du Préfet expliquer dans le détail l’accord du 3 juin. Au niveau régional, les producteurs exigent l’application intégrale de cet accord notamment sur le prix et sur la flexibilité et la mise en place de mesures complémentaires régionales sur le prix du lait. Alors que les marchés montrent des signes encourageants de redressement et que le lait SPOT (le lait « libre ») se négocie actuellement autour de 320 €/1000 litres, la FRSEA massif central a fait des propositions responsables avec un prix du lait sur le dernier trimestre autour de 305 € et des perspectives pour l’année 2010 autour de
320 €/1000 litres.
Les entreprises n’ont même pas répondu à ces propositions raisonnables feraient un bien fou à l’ensemble des producteurs de la région.
Particulièrement remontés, les représentants des producteurs ont quitté le CRIEL en soulignant qu’il ne se voyait pas revenir autour de la table avec des entreprises aussi peu respectueuses des producteurs.
Quelques jours plus tôt, une délégation de la FRSEA massif central conduite par son Président Jacques Chazalet avait rencontré pendant deux heures Pascal Viné, directeur de cabinet de Bruno Le Maire, ministre de l’Agriculture. Pascal Viné avait été très attentif aux explications sur la situation laitière dans notre région. La FRSEA a exprimé à cette occasion ses demandes sur des soutiens directs, comme une avance dès 2009 sur les 20 €/1000 litres prévus pour 2010 pour les laitiers en zones de montagne et une augmentation des aides FAC, en vue de permettre aux producteurs de traverser le moins mal possible cette crise d’une ampleur exceptionnelle. Les syndicalistes ont expliqué tout l’intérêt pour les producteurs d’une année blanche financière, fiscale et sociale généralisée. Ils ont également demandé une aide à la collecte en zone de montagne pour compenser les surcoûts de collecte et des mesures de gestion de marché, particulièrement pour la fin de la campagne en cours, qui tiennent compte de nos spécificités. Notamment sur les prêts de fin de campagne et sur les mesures petits producteurs.
Le redressement des marchés doit redonner de l’espoir aux producteurs pour la fin de cette année et sur l’année 2010. Mais pour y arriver, les entreprises devront faire preuve de responsabilité et récupérer le retard accumulé sur le prix depuis le début de l’année. Elles doivent également arrêter de mettre de l’huile sur le feu comme les courriers scandaleux que des entreprises privées envoient à certains producteurs parce qu’ils sont soi-disant pas assez productifs ou trop petits. Les représentants des producteurs seront très attentifs à l’évolution de la situation, notamment dans la perspective du Sommet de l’élevage.

*Centre régional interprofessionnel de l’économie laitière Auvergne Limousin Lozère.

Les plus lus

En 2010 et 2015, les éleveurs avaient déjà bloqué les sites du groupe Bigard.
Les éleveurs de viande bovine vont bloquer les abattoirs du groupe Bigard

Trop c'est trop. Face à la baisse continue des cours en viande bovine, les éleveurs ont décidé de passer à l'action. Ils…

Portrait Mickaël Clarissou : l’éleveur limousin qui sculpte l’avenir de son troupeau

Éleveur passionné au GAEC Clarissou situé à la Croix du Don près de Saint-Paul, Mickaël perpétue avec son frère Jérôme un…

fromages saint-nectaire
La filière AOP saint-nectaire progresse, mais l’idée d’une régulation des volumes reste d’actualité

Rejeté au printemps par les producteurs, le projet de maîtrise des volumes de l'AOP saint-nectaire reste indispensable pour…

Plus de 80 % des Cuma ont une activité récolte.
Agriculture : comment bénéficier du crédit d'impôt CUMA ?

Le dispositif s'adresse directement aux agriculteurs et agricultrices membres d'une CUMA. Le calcul se base sur le montant des…

Les cultures de maïs consommation et semence ont souffert davantage des fortes chaleurs que du manque d'eau avec une grosse problématique de fécondation.
La production de maïs semoulier en chute libre en Auvergne, Limagrain contraint aux importations

La filière maïs en Limagne est face à un défi historique. Pour Limagrain, 2026 s'annonce d'ores et déjà comme une année noire,…

Les démarches administratives et réglementaires autour des concours équins se renforcent.
Chevaux de trait : les concours 2026 changent de règles

Entre migration numérique, nouvelles règles sanitaires et formation de la relève, l’Association des Éleveurs de Chevaux de…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 100€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Réussir lait
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière Réussir lait
Consultez les revues Réussir lait au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière laitière