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Événement : «Je suis Charlie» un slogan pour défendre la démocratie et la liberté

Les attaques terroristes la semaine dernière à Paris ont conduit à des rassemblements en masse des français pour dire non à la barbarie.

Près de 4 millions de personnes dans les rues partout en France ce dimanche 11 janvier, 10 000 en Haute-Loire (16 000 depuis le mercredi 7, mercredi noir), une cinquantaine de Chefs d’État ou de représentants de Chefs d’États coude à coude en tête du défilé à Paris, des personnes de toutes confessions, de tous âges, de toutes mouvances se sont retrouvées unies pour défendre les valeurs de la démocratie, de la république française. Et ce mardi encore, c’est tout l’hémicycle qui a entonné une Marseillaise d’une seule voix avant le discours du premier Ministre Manuel Valls ; du jamais vu depuis 1918.
Cette semaine et en particulier ce 11 janvier 2015 resteront dans les mémoires comme un temps fort de recueillement bien sûr, mais aussi et surtout d’union pour lutter contre le terrorisme et pour la liberté.
Tout a commencé le 7 janvier en fin de matinée par l’attentat sanglant qui a frappé le journal satirique Charlie Hebdo. Deux hommes ont fait feu à l’arme automatique dans les locaux de l’hebdomadaire, en pleine conférence de rédaction. 5 dessinateurs emblématiques du journal paient de leur vie (Cabu, Charb, Tignous, Wolinski et Honoré) ainsi que 3 autres collaborateurs, un invité de passage, deux policiers et un agent de maintenance. 12 victimes assassinées… Le plan Vigipirate passe au niveau maximal «Alerte attentat» ; niveau maintenu.Très vite les forces de l’ordre mettent un nom sur les tueurs ; la traque commence et se terminera par la mort des 2 frères Kouachi ce vendredi. Dans le même temps un autre terroriste fait 5 autres victimes dont une policière et 4 personnes de la communauté juive ; lui aussi sera abattu par la police.
François Hollande décrète 1 journée de deuil national et les drapeaux sont en berne pendant trois jours. Spontanément, un peu partout dans l’hexagone, des journalistes, des anonymes, des élus… se rassemblent dans une même émotion, dans une même ferveur avec pour slogan «je suis charlie». Ils ne lisaient pas tous Charlie Hebdo, ils ne partageaient pas tous cet humour et cette ligne éditoriale, mais tous veulent par leur présence dire aux terroristes que la France restera debout pour défendre la liberté d’expression, la liberté de la presse, la laïcité, la LIBERTÉ.
Et c’est ce message qui a été véhiculé et martelé, à travers ces rassemblements, à travers les Unes de la presse en France et dans le monde, à travers la multitude de messages relayés sur les réseaux sociaux, et à travers les très nombreux dessins réalisés par les dessinateurs de presse solidaires de leurs confrères morts pour avoir dessiné… comme si un crayon était une arme !

Le jour d’après…
Ce dimanche, partout sur le territoire, et même au-delà, c’est donc une France debout, une France fière et unie, qui s’est dressée face à la barbarie.
Devant l’assemblée nationale, mardi 13, Manuel Valls a réaffirmé que la France était bien «en guerre contre le terrorisme, le jihadisme et l'islamisme radical». Il promet un «renforcement significatif des moyens humains et matériels» et une accélération du calendrier sur le projet de loi sur le Renseignement. Un meilleur suivi des filières du djihad,  une «surveillance des détenus considérés comme radicalisés dans des quartiers spécifiques» sont également des mesures en discussion.
Et maintenant ? Charlie Hebdo a relevé la tête sortant son numéro de la semaine à 3 millions d’exemplaires avec une Une dans la droite ligne de l’humour des dessinateurs disparus. Un numéro que les français se sont arrachés dès l’ouverture des bureaux de tabac et maisons de la presse ; dès 6h du matin à Paris, il n’y avait plus de Charlie Hebdo.
Les partis politiques tous sous la même bannière ce dimanche, sauront-ils rester unis pour continuer ensemble à défendre cette liberté, notre liberté ?
Les français «sont Charlie», la  France «est Charlie» comme elle l’a crié ces derniers jours, mais «restera-t-elle Charlie», pour que la démocratie gagne ?
Nous sommes le jour d’après…


Suzanne Marion

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