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Eureau Sources veut s'attaquer au marché des particuliers

La société, qui a repris en 1995 l'exploitation des eaux de Teissières-les-Bouliès, veut faire entrer ses bonbonnes au domicile et dans le quotidien des Cantaliens et des Français.

Raynald Chameret devant la fontaine à eau pour particuliers proposée aux Teissiérois.
Raynald Chameret devant la fontaine à eau pour particuliers proposée aux Teissiérois.
© P. O.

Quand il évoque l'activité et les projets d'Eureau Sources, la société qu'il dirige depuis bientôt dix ans, Raynald Chameret est tout bonnement... intarissable. Il faut dire que depuis 2012, la trajectoire de l'entreprise basée dans le petit village castanhaïre de Teissières-les-Bouliès et spécialisée dans le conditionnement d'eau de sources en bonbonnes pour fontaines à eau réfrigérée, a été tout sauf un long fleuve tranquille, avec des choix stratégiques et une expansion géographique qui lui ont permis de s'imposer comme le leader tricolore du secteur.

Leader incontesté de la bonbonne

Déjà dotée de trois sources, Puy du Soleil à Teissières, Perle des Roches à Montarcher dans le Haut Forez, et Sirénéa à Saint-Hippolyte en Touraine, Eureau Sources écoule au début des années 2000 un peu plus de 2 millions de bonbonnes de 5 galons (18,9 litres), essentiellement auprès de distributeurs qui alimentent le marché hexagonal des fontaines à eau. Des fontaines quasi exclusivement implantées dans les entreprises. Huit ans plus tard, l'activité a plus que doublé passant à 4,5 millions de bonbonnes en projection cette année avec un coup d'accélérateur conféré par l'ouverture en 2014 d'un nouveau site, celui de Marolles, dans l'Oise, pour inonder le Nord de la France, une zone fortement consommatrice.  
En juin 2018, concomitamment à l'arrêt définitif de l'unité de Montarcher en déclin, Eureau Sources  étend sa toile au Sud par la reprise de la source des Garrigues à Montreux, entre Carpentras et Avignon.  "Plus on limite les kilomètres entre l'utilisateur et nos sites, mieux on se porte économiquement et surtout, plus on est vertueux d'un point de vue environnemental", plaide Raynald Chameret, dont le business modèle s'appuie sur une proximité entre le bassin de consommation et l'unité d'embouteillage des bonbonnes qui est aussi le lieu de nettoyage, désinfection et recyclage de ces dernières.
"Avec 65 % de parts de marché, on est le leader incontestable du secteur et hormis les nôtres, il n'y a plus de sources pour bonbonnes dans le Sud de la France", se félicite le directeur général. La barre des 5 millions de bonbonnes aurait même pu être franchie en 2020 si le Covid ne s'était invité sur la planète, contraignant nombre de salariés au télétravail et laissant des fontaines orphelines d'usagers(1)... Mais ici, on préfère voir le verre à moitié plein en misant sur l'essor d'une conscience écoresponsable chez les consommateurs dans l'ère post-Covid.

Modèle vertueux

L'idée ? Faire revenir les particuliers... à la source, pour compenser l'effritement continu de la bonbonne en entreprise désormais concurrencée par les fontaines filtrantes directement raccordées au réseau d'eau potable. "Même si, grâce à notre croissance externe, on n'a pas été impacté par cette érosion continue de marché, de l'ordre de 3 à 5 % par an depuis une dizaine d'années, on s'y prépare depuis 2016 en réfléchissant à investir le marché gigantesque des particuliers", expose le DG, précisant que la France est l'un des seuls pays au monde où la bonbonne n'a pas encore trouvé sa place au domicile des habitants, qui lui préfèrent l'eau du robinet ou l'eau en bouteille. Quand bien même ces deux (res)sources sont loin d'être vertueuses, estime le dirigeant d'Eureau Sources : "L'eau du robinet est achetée comme une eau potable. Or, seuls 5 % des volumes écoulés le sont pour cet usage (consommation humaine, lavage des légumes, vaisselle), on gâche 95 % de cette eau répondant au cahier des charges d'eau potable alors même que son origine est naturelle !" Une aberration pour une eau considérée plus que jamais comme un bien universel appelé à se raréfier.
À ce gâchis, Raynald Chameret oppose le cercle vertueux et du contenu et du contenant de l'eau de source : "En récupérant et nettoyant nos bonbonnes à l'eau de source, on n'en perd que 25 % dans le process", fait-il valoir, inscrivant l'activité de l'entreprise aux avant-postes de l'économie circulaire. En mettant en avant une autre responsabilité sociétale : des emplois locaux
(10 à Teissières sur les 40 de l'entreprise).

Premier test à Teissières

La vente aux particuliers vient juste d'être lancée sur le site de Teissières où les habitants peuvent venir acheter leur bonbonne (consignée) selon deux options : soit équipée d'une petite pompe et d'un kit de nettoyage, soit d'une véritable fontaine à eau(2). Un lancement dans le petit village castanhaïre aux allures de test : "Si ça marche bien là, l'idée est de développer cette vente aux particuliers sur d'autres sites du Sud-Ouest, là où le déficit hydrique est fort", mais toujours en s'adossant à un réseau existant auquel "on offre un moyen complémentaire de
développement".
Sans pour autant griller les étapes et en s'adossant une nouvelle fois sur un réseau de partenaires, "des gens qui valorisent le local, des magasins bio..."  Objectif : finaliser cette offre et ce concept innovant d'ici cette fin d'année 2020 "pour aller taper à la porte des Français : si demain on touchait 130 000 foyers tricolores à raison d'une bonbonne par semaine, on serait à
7,5 millions de bonbonnes, soit cinq fois plus que notre capacité, on a donc de la marge !" conclut Raynald Chameret.

(1) Lors du premier confinement, l'activité a été réduite de 50 %, contre 80 % au deuxième.
(2) L'entreprise planche sur une version 10 litres.

 

leg : Raynald Chameret devant la fontaine à eau pour particuliers proposée aux Teissiérois.

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