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Et si demain la source du lait de montagne se tarrissait ?

Face au décrochage préoccupant de la production et de la transformation laitières en zone de montagne, l’Anem (Association Nationale des Élus de la Montagne) et le Cniel, l’interprofession laitière, ont signé une convention et publié un plaidoyer.

De gauche à droite : Frédérique Espagnac, Dominique Barraud, Stéphane Joandel, Pascal Le Brun, Jean-Pierre Vigier.
De gauche à droite : Frédérique Espagnac, Dominique Barraud, Stéphane Joandel, Pascal Le Brun, Jean-Pierre Vigier.
© SC

Pourquoi la collecte de lait en montagne est en baisse ?

Depuis 2014, la collecte laitière en montagne a reculé d’environ 10 % (contre 6 % en plaine), avec des baisses dépassant 50 % dans certains massifs. 

En 2024, alors que la production repartait en plaine, la montagne restait à son plus bas niveau historique. 

En cause : des surcoûts persistants en montagne de l'ordre de 100 € supplémentaires pour 1 000 litres produits, aggravés par des contraintes naturelles (au relief, à l’enclavement et à la dispersion des exploitations) et des aides publiques insuffisamment revalorisées. 

« La filière laitière de montagne, qui représente encore près de 10 000 fermes et 55 000 emplois directs et indirects, est confrontée à un plan social silencieux, avec un risque réel de disparition d’exploitations et d’outils de transformation. Au-delà de l’économie, c’est aussi l’équilibre environnemental et paysager des territoires de montagne qui est menacé », résume Stéphane Joandel, éleveur dans la Loire et président du Groupe de travail Montagne à l'interprofession nationale laitière (Cniel). 

Le Cniel et l'Association nationale des élus de la montagne (Anem) appellent donc à un sursaut. C'est d'ailleurs tout l'enjeu de la convention qu'ils ont signé ensemble au salon de l'agriculture.

Lire aussi : Stéphane Joandel : "La transparence dans la filière laitière est un gage d’avenir

Une politique publique dédiée à la montagne

« Par cette convention et ce plaidoyer, les signataires affirment leur volonté de faire reconnaître la montagne comme un territoire de production à part entière, porteur d’un modèle agricole familial, durable et créateur de valeur. La filière lait de montagne ne demande pas un traitement d’exception, mais la juste reconnaissance de ses contraintes et de ses contributions à l’économie, à l’environnement et à la cohésion territoriale de la France », détaille Pascal Le Brun, président du Cniel. 

Derrière cette convention, il y a une volonté d'alerter les autorités nationales sur la situation économique, sociale et environnementale des zones de Montagne tout en rappelant toutes les aménités positives générées par la production laitière en montagne

Parmi les leviers listés par les cosignataires de la convention : 

  • la mise en œuvre d’une véritable politique publique dédiée à la montagne ; 
  • un cadre fiscal et réglementaire spécifique, tenant compte des handicaps naturels ; 
  • un soutien renforcé à l’investissement productif dans les exploitations et les sites de transformation ; 
  • une meilleure reconnaissance de la mention “Produit de montagne”, notamment dans la restauration collective ; 
  • et un appui accru à l’innovation et à l’attractivité des métiers du lait en zone de montagne.

Lire aussi : « Les industriels veulent-ils encore faire tourner leur usine avec du lait français ? »

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