Enquête : Les Cuma, un modèle plébiscité
Une enquête de notoriété menée par la Fédération nationale des Cuma révèle que les Cuma occupent une place centrale dans les moyens de mutualisation du matériel agricole, avec une notoriété très élevée, une image positiveet une forte légitimité pour l’avenir.
Une enquête de notoriété menée par la Fédération nationale des Cuma révèle que les Cuma occupent une place centrale dans les moyens de mutualisation du matériel agricole, avec une notoriété très élevée, une image positiveet une forte légitimité pour l’avenir.
Les Coopératives d’Utilisation de Matériel Agricole (Cuma) sont un pilier de l’agriculture française. Leur modèle, basé sur la mutualisation des outils et des ressources, séduit depuis des décennies les exploitants en quête d’efficacité économique et de solidarité.
Une notoriété quasi unanime
Les Cuma sont la référence absolue. En effet, plus de 96 % des répondants citent spontanément les Coopératives d’utilisation de matériels comme structure de mutualisation, loin devant la copropriété (20,02 %) ou les Entreprises de Travaux Agricoles (5,01 %). 69 % des sondés ne citent que les Cuma, confirmant leur statut de référence unique dans le paysage agricole.
En notoriété assistée, 98,12 % déclarent connaître les Cuma, et 92,43 % les considèrent comme « la solution la plus efficace pour mutualiser du matériel ». Le capital sympathie ressort comme un argument solide : 85 % des répondants ont une opinion positive des Cuma, avec une satisfaction quasi unanime (94,72 %) chez les adhérents. Les valeurs de solidarité (88,22 %) et d’accompagnement des jeunes (79,1 %) sont particulièrement saluées.
Des atouts majeurs
La réduction des coûts et l’optimisation financière arrivent en tête des avantages des Cuma (38,1 %). Elles permettent de limiter les investissements individuels et de bénéficier de subventions collectives, un atout crucialdans un contexte économique tendu.
Elles constituent aussi un véritable levier pour l’innovation et la modernité : 55,28 % des répondants estiment que « les Cuma sont des structures modernes et innovantes ». Elles facilitent l’accès à du matériel spécialisé (9,8 %), souvent inaccessible pour les petites exploitations.
Autre atout souligné : les Cuma jouent un rôle social et territorial puisque 9 % des répondants soulignent ce lien social et l’entraide comme un avantage clé, réduisant l’isolement des agriculteurs. Elles sont perçues comme un pilier du dynamisme rural (80 %) et un levier pour l’installation des jeunes (79,1 %).
Des défis à relever
La disponibilité du matériel apparaît comme le frein principal (34,28 %), en raison des pics d’activité et des aléas météorologiques. Les tensions entre membres (28,67 %), liées aux « différences de tempérament, au manque de civisme ou aux conflits de priorités », sont aussi pointées. La gestion administrative (6,59 %) et la gouvernance (4,51 %) sont critiquées pour leur complexité. Enfin, le manque de communication et de visibilité (48,22 %) pourrait expliquer pourquoi seulement 34,23 % des non-adhérents ont une opinion positive des Cuma.
Les Cuma face aux enjeux de demain
46,6 % des répondants voient dans les Cuma un acteur clé pour la transition agroécologique, notamment pour la réduction des intrants (42 %) et le développement des pratiques bas carbone (38,3 %). L’adaptation au changement climatique (43,3 %) est également un enjeu prioritaire.
Concernant les investissements et l’innovation : 78,62 % souhaitent que les Cuma « continuent à réduire les charges des exploitations ». L’accès à du matériel innovant (numérique, robotique, capteurs) est plébiscité par 60,08 % des sondés. Enfin, 53 % appellent à une mutualisation accrue de la main-d’œuvre.
Les CUMA de Corrèze : un modèle d’avenir pour l’agriculture locale ?
Témoignage de Cédric Pierre, Président de la CUMA de Corrèze
Un modèle plébiscité à l’échelle nationale… et locale
En Corrèze, Cédric Pierre, président de la CUMA locale, confirme cette tendance :
Le modèle de la CUMA a de beaux jours devant lui. » Mais à une condition : « qu’il y ait des gens pour s’en occuper. »
Mutualisation, innovation et solidarité
Cédric Pierre illustre ces points : « Les CUMA permettent d’accéder à du matériel high-tech, comme les tracteurs avec GPS. Au début, on disait que c’était du gadget. Aujourd’hui, on ne pourrait plus s’en passer ! »
On intervient chaque année au lycée agricole de Naves pour expliquer le fonctionnement des CUMA et défendre leur modèle. » Une démarche qui s’inscrit dans la volonté d’accompagner les jeunes.
Les CUMA sont aussi perçues comme un pilier du dynamisme rural (80 %) et un levier pour l’installation des jeunes (79,1 %), deux enjeux que Cédric Pierre place au cœur de son action :
Si on veut réduire nos charges mécaniques et installer du monde, ça passera par les CUMA. »
Des défis communs
En Corrèze, Cédric Pierre confirme :
Avec le changement climatique, les fenêtres d’intervention sont plus courtes, et la demande est plus forte. »
Pour y répondre, les CUMA locales mettent en place des règlements intérieurs stricts : « Pour le semoir de semis direct, on a défini des priorités en fonction du capital social de chaque adhérent. Jusqu’ici, ça fonctionne. »
Il faut mobiliser davantage les jeunes, car sans relève, les CUMA n’auront pas d’avenir. Il faut aussi simplifier la gouvernance pour éviter que les responsables ne soient submergés. En Corrèze, nous proposons de l'aide pour l'administratif. Et surtout, il faut mieux communiquer sur ce qu’on fait, car beaucoup ne connaissent pas encore assez les CUMA. »
Les CUMA face aux enjeux de demain
En Corrèze, Cédric Pierre insiste sur l’innovation : « Aujourd’hui, les CUMA permettent d’avoir du matériel à la pointe. » Enfin, 53 % des répondants appellent à une mutualisation accrue de la main-d’œuvre, un enjeu que Cédric Pierre aborde avec pragmatisme : « Il faut que tout le monde arrive à s’y retrouver, que les gros comme les petits y trouvent leur compte. »
Un modèle à préserver, des défis à relever
Pour Cédric Pierre, l’avenir des CUMA en Corrèze repose sur des piliers indissociables :
- « D’abord, la mutualisation économique : sans elle, les petites exploitations ne pourraient pas accéder à du matériel performant. »
- « Ensuite, l’innovation : on doit continuer à investir dans des outils adaptés aux défis climatiques et technologiques. »
- « Enfin, la solidarité : c’est elle qui permet d’accompagner les jeunes et de maintenir la vitalité de nos campagnes. »
Comme il le résume avec conviction :
Les CUMA ont un rôle clé à jouer pour l’agriculture de demain. Elles sont la preuve que, même dans un monde qui change, la solidarité et l’entraide restent des valeurs indispensables. »