Aller au contenu principal

En vidéo > Fruits rouges : L'Earl du Suc de Montaigu récolte ses fraises et ses framboises

Sur les hauteurs d'Yssingeaux, en pleine période de récolte, nous avons rencontré Jacques Jouve, producteur de fraises et de framboises depuis 2004.

Lundi dernier, comme tous les jours d'été, c'était l'effervescence sur l'Earl du Suc de Montaigu. Le producteur, Jacques Jouve, supervisait la cueillette des petits fruits aussitôt installés dans un frigo en entendant d'être récupérés par le GIE des producteurs de fruits rouges des Monts du Velay.Jacques Jouve s'est installé en 2004, à La Mathe, sur la commune d'Yssingeaux, sur le site de la ferme laitière de ses parents. Toutefois, il n'a pas choisi de produire du lait mais des fruits rouges. "C'est par hasard, que j'ai rencontré un producteur de fruits à St Jeures ; j'ai travaillé avec lui durant 2 saisons en tant que salarié. Je me suis dit que j'avais du terrain et la possibilité d'avoir de l'eau pour irriguer grâce à la présence de sources naturelles" explique-t-il. Jacques Jouve a décidé de se lancer dans les fruits rouges. Un an avant son installation, en 2003, il a mis en place une retenue collinaire et il a démarré ses plantations de fruits en plein champ.


Démarrage difficile avec la sécheresse

Malheureusement, cette année-là fut frappée par une rude sécheresse estivale, empêchant la retenue collinaire de se remplir. Résultat : "J'ai fait une mauvaise saison en framboises en 2004 mais j'ai été sauvé par les fraises en les binant souvent" indique-t-il. Ayant souffert du manque d'eau, il a tenu à être autonome en eau en se dotant de deux retenues collinaires alimentées par les eaux de pluies hivernales et les sources. En fruits rouges, l'irrigation est pour lui "une obligation", "sans irrigation (Ndlr : ici au goutte à goutte) la qualité des fruits et les rendements seraient bien inférieurs !" affirme-t-il.A 1135m d'altitude, ce producteur cultive des fraises, des framboises et un peu de groseilles.Il y a 4 ans Jacques a opté pour la culture de fraises en jardins suspendus ; un choix qu'il ne regrette pas."Les jardins suspendus évitent plusieurs problèmes : les maladies de type Phytophthora (champignon qui se développe à la faveur de l'humidité) et la destruction des racines des plants par les rats taupiers. Les jardins suspendus améliorent les conditions de travail des travailleurs saisonniers. Les fruits cueillis sont calibrés, pas salis ni pourris et brillants".Côté variété, Jacques Jouve a opté pour la fraise Cijosée bien adaptée à la culture sur substrat et aux conditions de montagne et la Mara des bois. En framboises, il cultive la Tulameen et la Mecker.Ses 3,5 ha de fruits sont tous recouverts de tunnels plastique, "qui permettent de s'affranchir des aléas climatiques : pluie, vent, grêle, gel et neige). Les tunnels facilitent également le ramassage des fruits (possible tous les jours) et permettent de répondre aux commandes des clients.


Gestion de la main d'oeuvre

La production de fruits rouges ne nécessite pas de lourds investissements en terme de matériels et de bâtiments, en revanche, elle est exigeante en matière de main d'oeuvre. "La main d'oeuvre saisonnière est ce qui coûte le plus cher dans une exploitation de fruits rouges". Mais il faut également savoir la gérer au quotidien. Avec l'aide de ses deux chefs d'équipes, Jacques coordonne le travail de ses saisonniers, composés à 50% de locaux et de polonais. Il accorde une grande importance à la communication avec ses saisonniers car pour lui "c'est tout un art de garder une cohésion dans l'équipe ; c'est cela qui fait la réussite d'une saison !". C'est dans cette optique là que Jacques Jouve a appris à parler le polonais.Les fruits de l'Earl sont commercialisés par le GIE des producteurs de fruits rouges des Monts du Velay, un groupement auquel Jacques se montre très attaché. "Nous avons de la chance d'avoir le GIE. C'est un véritable travail de groupe qui est conduit en son sein, entre les producteurs, les commerciaux, la technicienne, la secrétaire comptable. Je ne serais pas producteurs de fruits sans le GIE,  car tout gérer seul serait impossible !".

Véronique Gruber

Les plus lus

Mickaël Vignal, au centre, a investi dans une centrale photovoltaïque de 36 kWc dont une partie de la production est autoconsommée.
Avec la baisse des tarifs de rachat d'électricité, l’autoconsommation est-elle devenue rentable ? 

À Sugères, Mickaël Vignal, éleveur laitier, a investi dans l'énergie solaire pour réduire sa facture d’électricité de 28…

Un nouveau kit d’introduction dérogatoire a été mis en place par le GDS. Il concerne les lots d’au moins 10 bovins âgés de moins de 24 mois, destinés uniquement à la boucherie ou à l’export.
Au 1er avril 2026 : les règles d'introduction des bovins évoluent

Les règles d’introduction des bovins en Haute-Loire évoluent le 1er avril 2026 afin de mieux concilier sécurité…

portrait de Domniqué Chargé, président de La Coopérative Agricole.
Dominique Chargé voit les coopératives “prêtes à reconstruire de la souveraineté”

Dans un pays aux 2 100 coopératives et où trois agriculteurs sur quatre sont adhérents, le chef de l’organisation faîtière des…

tank à lait avec des gens
Surproduction laitière : « L’enjeu est de faire la marche arrière la plus basse possible sur les prix »

Florent Kaplon, président du CRIEL et directeur amont des fromageries Dischamps analyse la conjoncture laitière et apporte un…

Le Cantal est le département de la région où la collecte laitière a le plus progressé fin 2025.
Lait de vache : Pourquoi la collecte laitière augmente ?

Depuis la fin de l'année, la production laitière a fortement augmenté à la faveur d'un automne clément et de fourrages…

De gauche à droite : Pierre Prallon, JA 43, Lionel Guy, président de la section lait de la FDSEA 43, Éric Richard, administrateur de la FNPL et vice-président  section lait de la FDSEA 43, Ludovic Blin, vice-président de la FNPL, J-Paul Peyral, administrateur FNPL et Géraud Bruel, président de la section lait du Cantal.
Tournée régionale FNPL : les éleveurs paient l’addition d’un manque d’anticipation industriel dans la crise laitière

En 2026, les éleveurs laitiers français paient le prix fort d’un manque d’anticipation industriel. C'est l'analyse portée par…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 100€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Réussir lait
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière Réussir lait
Consultez les revues Réussir lait au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière laitière