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APICULTURE
En novembre, les abeilles butinent encore !

Après la sécheresse et les chaleurs estivales, la douceur actuelle maintient les abeilles en éveil perturbant leur cycle biologique et favorisant le développement du varroa, un acarien parasite.   

Cet été, les abeilles puydômoises ont eu suffisamment de nectar pour reconstituer leurs stocks hivernaux.
Cet été, les abeilles puydômoises ont eu suffisamment de nectar pour reconstituer leurs stocks hivernaux.
© M. Comte

L'année 2022 se résume en demi-teinte sur tous les tableaux pour les apiculteurs français. D'abord sur la miellée qui, comparée à la catastrophique année 2021, rebondit en 2022. Les chiffres d'InterApi (à lire en détail ci-dessous) donnent une production nationale "entre 12 à 14 000 tonnes " soit 54% de plus qu'en 2021. Cette annonce cache néanmoins des disparités locales et occulte les difficultés rencontrées par les apiculteurs. La saison a certes été meilleure que la précédente mais ceci n'est le fait que de la floraison printanière puisque l'été n'a rien eu à offrir aux abeilles, du moins dans le Puy-de-Dôme. Enfin, cette si particulière année 2022 n'en finit pas de l'être avec des températures automnales dignes du plus indien des étés. Ce doux climat n'est pas sans conséquences sur les butineuses à rayures qui voient leur cycle biologique perturbé ouvrant la porte à toutes sortes de parasites.

Le miel d'acacia sauve la miellée 2022

Les apiculteurs puydômois ont depuis longtemps fait leurs calculs. Là où les chiffres nationaux donnent "les plus importantes hausses" notamment en Auvergne-Rhône-Alpes, les témoignages des producteurs divergent.
À Ludesse, les 400 ruches
d’Alexandre Chauvet ont atteint 60% des objectifs de production. L'apiculteur qui habituellement récolte "environ 10 tonnes de miel" ne devra se contenter cette année que de six tonnes dont la moitié en miel d'acacia. "L'absence de gel tardif a permis une floraison abondante des arbres contrairement aux années précédentes." À contrario, les floraisons estivales ont été très faibles voire nulles. Alexandre Chauvet a observé, résigné, "à peine une semaine de floraison des châtaigniers contre trois". La chaleur et le manque d'eau ont eu raison des fleurs et de leur précieux nectar. Près d'Ambert, Stéphanie Bianchi, associée du Gaec Les nectars d'Isalys, qualifie également cette campagne de moyenne malgré un tonnage habituel de "12 tonnes (...) pour 350 ruches". L'apicultrice a profité du printemps favorable tandis que l'été a "à peine suffi à nourrir les abeilles et reconstituer leurs stocks en prévision de l'hiver".  Elle aussi doit faire une croix sur les miels de sapin, de bruyère et de fleurs de montagne.

Les abeilles jouent les prolongations

Après ce tumulte, d'aucun penserait la campagne terminée. L'année 2022 n'en a pourtant pas fini d'étaler toute son originalité avec cet automne aux températures anormalement douces et aux conséquences inattendues sur les butineurs. En l'absence de températures froides, les abeilles poursuivent leur ballet allant toujours plus loin dans l'espoir de trouver une quelconque fleur, en plein mois de novembre. Cette course effrénée épuise les ouvrières réduisant considérablement leur espérance de vie. "Si elles ne sont pas assez nombreuses dans la ruche, elles ne pourront pas maintenir une température nécessaire pour garantir la survie de la colonie durant l'hiver" explique Cédric Beauvallet, apiculteur à Authezat.
L'activité des abeilles est liée à la reproduction de leur reine qui, elle aussi, poursuit son œuvre. "J'observe encore des couvains." Un phénomène inédit à cette période de l'année et là encore ce dérèglement biologique, du fait des températures, n'est pas fait pour rassurer les apiculteurs. D'ordinaire, ils profitent de cette période pour traiter les ruches contre le varroa, un acarien parasite des abeilles, en partie responsable de la surmortalité des butineuses depuis 1980. Ce fossoyeur des ruches se multiplie toute l'année, notamment lors " des périodes de pontes" souligne Stéphanie Bianchi avant d'ajouter " les traitements sont efficaces seulement s'il y a une rupture dans le cycle de ponte, c'est pourquoi nous attendons les premiers frimas pour agir". Le traitement est efficace seulement six semaines et les apiculteurs n'ont droit qu'à un seul essai. Face à ce contexte inédit, les apiculteurs craignent "des pertes importantes" à la sortie de l'hiver 2023.

 

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