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Emploi agricole : des acteurs unis face au défi du recrutement

Le Service de Remplacement, ADGEA 43, Aide Agri 43, la Camda Massif-Central et le Pôle Emploi Agricole tenaient leurs assemblées générales en commun le 8 avril au lycée Géorge Sand à Yssingeaux. Les acteurs de l'emploi s'unissent pour mieux communiquer.

L'emploi agricole comme fil rouge

L'emploi en agriculture était le fil rouge des assemblées générales qui se tenaient le 8 avril au matin à Yssingeaux. Le Service de Remplacement (SR), en charge du remplacement agricole, Aide Agri 43, qui assure l'accompagnement des employeurs agricoles et l'ADGEA 43, structure mère en charge de la gestion administrative et financière et de l'accompagnement des groupements d'employeurs, ont ouvert cette matinée-bilan de l'exercice 2024.


Des salariés de plus en plus rares


Présidée par Julien Duplomb, l'ADGEA 43 gère une équipe administrative de 5 ETP, qui évolue en 2025 avec un départ en retraite (Christine Charruel) remplacée par Corinne Langlade et l'arrivée de Maxence Gibaud dans la perspective du départ de Jérémy Laurent. Cet organisme gère le planning de 150 salariés, assure la formation des salariés, gère la flotte d'une cinquantaine de véhicules du SR, assume des tâches administratives et de comptabilité et prend en charge le recrutement (avec 55 offres d’emploi et en apprentissage pourvues en 2024) pour le SR, Aide Agri et le Pôle Emploi Agricole. L'ADGEA 43 assure également la gestion administrative des 51 Groupements d'employeurs (GE) locaux en activité et qui emploient 64 salariés. Des salariés qui se font de plus en plus rares...
Présidée par Pierre-Damien Cornet, la Camda Massif-Central voit son nombre de clients diminuer et son activité gazage se réduire en raison d'une moindre infestation par les taupes ; l'activité désinfection de bâtiments reste stable en 2024 et pourrait être amenée à s'arrêter en raison de l'obsolescence du matériel utilisé.
 

Un contrat groupe proposé par Groupama


Au Service de Remplacement, présidé par Romain Merle, le nombre d'exploitations adhérentes est en légère baisse depuis 10 ans (1 257 en 2024 contre 1 705 en 2016), une évolution qui suit la courbe du nombre d'exploitants agricoles en Haute-Loire. à l'adhésion, la grande majorité des exploitants opte pour le contrat groupe proposé par Groupama ; une formule qui permet à l'adhérent de percevoir des indemnités journalières pendant 90 jours sur les motifs maladie et accident. Toutefois, ils sont encore plus de 340 à opter pour une cotisation simple, sans contrat groupe Groupama. 

En 2024, 12 511 journées de remplacement ont été effectuées (13 235 en 2023)

une légère baisse d'activité en raison notamment d'un mois de juillet à l'activité creuse.

Maladie et accident : 2 principaux motifs de remplacement 

La maladie (4 015 jours) et l'accident (2 486 jours) restent les principaux motifs de remplacement, « ce qui constitue une particularité de notre département et qui n'est pas toujours facile à gérer » signale le directeur Sylvain Rancon, suivi des congés et complément de main-d’œuvre (2 461 jours), de la maternité/paternité (2 389 jours). La priorité du SR reste toujours axée sur le motif Accident-Maladie. L'équipe de terrain s'établit à 64 ETP (Équivalent Temps plein) contre 67 en 2023. Notons que le SR dispose toujours d'un réseau de fermes référentes réparties sur l'ensemble du territoire et qui accueillent notamment les nouveaux agents.
Aide Agri 43, présidé par Aymeric Soleilhac, totalise 6 792 journées pour 64 salariés sur l'année (soit 27,5 ETP). La majorité des interventions concerne le métier d'ouvrier d'élevage (50%), les intervenants en porcherie (17%), en transformation (12%), en parage (8%) et en scierie-paysagiste (8% - un domaine d'activité qui devrait disparaître des bilans d'Aide Agri 43, les employeurs faisant désormais appel aux agences d'intérim), et pour finir, un nouveau domaine d'intervention est apparu dans les mairies.
 


« Avec 19 303 journées de salariés, le SR et Aide Agri 43 ont toute leur place dans le développement et le maintien de nos exploitations agricoles » conclut Sylvain Rancon. 

Des jeunes séduits par le métier d'agent de remplacement

Romain Merle en a profité pour évoquer le sujet qui préoccupe la majorité des acteurs de l'emploi : le recrutement des jeunes. « Dans les différents événements agricoles, on voit des jeunes motivés, mais ils ne viennent pas forcément chez nous. Pour ma part, j'ai travaillé 5 ans en tant qu'agent au SR. En 5 ans, on passe sur plus de 100 exploitations ! Pour moi c'est la meilleure école. Aussi j'invite les jeunes motivés par l'élevage à nous rejoindre ». Quelques étudiants en terminale CGEA du Lycée G.Sand qui assistaient à cette assemblée générale ont témoigné de leur récente expérience au sein du SR ; pour eux ce fut 

« une belle expérience, une façon de voir de nombreuses exploitations et des modes de fonctionnement différents. De plus, cela fait de jolis salaires pour des jeunes de 17 ans ! Le remplacement, c'est un service utile aux agriculteurs. Sans les agents, certaines fermes ne pourraient plus fonctionner ». 

Des messages encourageants pour les responsables professionnels de ces structures.

Zoom sur...


Le Pôle Emploi Agricole Haute-Loire


Porté par la FDSEA 43, seule représentante des employeurs agricoles, le PEA (3,5 ETP et 149 adhérents) a dispensé, en 2024, 53 formations DUER (document unique d'évaluation des risques professionnels) ; il a produit 37 rédactions juridiques et transmis régulièrement une information sociale. Le PEA a rencontré 240 collégiens sur le thème de l'emploi et participe aux conseils d'administration des CFPPA du département. En tant que représentant des employeurs de main-d’œuvre, le PEA siège au sein de plusieurs commissions : mixte territoriale, CREF, CPRE, C2IAE, GPEC, ANEFA, OCAPIAT.
Sur le besoin grandissant de main-d’œuvre dans les exploitations, le président du PEA, Frédéric Pélisse a encouragé les employeurs agricoles « à porter un message positif sur les métiers de l'agriculture auprès des jeunes tout en sachant les accueillir et les former. Il en va de la pérennité de notre agriculture. Il faut mettre en avant le salariat car c'est un excellent tremplin à l'installation ». Il a ensuite demandé aux professeurs des centres de formations de porter un message plus positif à l'égard du salariat. 

 

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De gauche à droite : Pierre Prallon, JA 43, Lionel Guy, président de la section lait de la FDSEA 43, Éric Richard, administrateur de la FNPL et vice-président  section lait de la FDSEA 43, Ludovic Blin, vice-président de la FNPL, J-Paul Peyral, administrateur FNPL et Géraud Bruel, président de la section lait du Cantal.
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