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Elles sont devenues femmes d'actions

À la CCI du Cantal, le premier forum Femmes d'actions était organisé par le club Soroptimist d'Aurillac, avec à la clé les parcours de cheffes d'entreprises.

De gauche à droite et de haut en bas : Véronique Teyssèdre, France Grau, Maurine Caisey, Hélène Malet, Sylvie Loudières et Héloïse Fontaine.
De gauche à droite et de haut en bas : Véronique Teyssèdre, France Grau, Maurine Caisey, Hélène Malet, Sylvie Loudières et Héloïse Fontaine.
© R. S.-A.

E lles ont toutes un point commun : un jour, elles sont devenues leur propre patronne.  Le plus souvent, ces femmes cheffes d'entreprises ont connu précédemment une carrière de salariée. Jeudi 11 mai, lors d'un forum intitulé "femmes d'actions" par le club Soroptist d'Aurillac, six ont témoigné de leur parcours, encourageant l'assistance - 100 % féminine -  à oser se lancer, ne pas douter des ressources qui parfois sommeillent de longues années avant de se révéler. Deux d'entre elles ont choisi des métiers autour de l'élevage.

Proche du milieu agricole
C'est le cas de Maurine Casey, une des 30 femmes qui, en France, sont pédicures bovins. Elle n'est pourtant pas issue du milieu agricole, mais a trouvé sa voie de manière sûre, après quelques tâtonnements. "Petite, je voulais être avocate pour animaux, puis médecin légiste ou vétérinaire rurale...", se souvient-elle. C'est d'ailleurs cette option qui guide ses premières études. "Je ne voulais pas proposer quelque chose de classique et avec l'obligation de baisser la quantité d'antibiotiques, je me suis dirigée vers l'ostéopathie animale. Et comme souvent le problème venait du pied, j'ai repris une année d'étude complémentaire pour devenir pédicure bovins." Elle n'a pas intégré une structure déjà existante mais a créé son propre emploi. "Dans l'entrepreneuriat, on trouve le plaisir de se lever le matin", résume celle qui est prête à faire des kilomètres pour soigner un seul animal qui boîte. Une page qui lui était consacrée dans L'union du Cantal en 2019 a permis rapidement à Maurine Caisey de se faire connaître, le bouche à oreille a fait le reste. Elle s'est aussi inscrite dans des concours d'entreprises, comme Initiatives au féminin ou encore auprès du Soroptimist qui l'a récompensée de 2 000 EUR pour assurer sa communication.    
France Grau a un parcours très différent, mais elle est également connu de bon nombre d'agriculteurs du département : elle est à la tête de la société Vial'traite service, spécialiste du matériel d'élevage laitier. "Je suis issue de la banlieue nord de Paris et, en 1990, enceinte de mon premier bébé, j'ai choisi de m'installer dans le Cantal pour offrir une autre qualité de vie à mes enfants", témoigne-t-elle. Les établissements Viallard de Murat lui font confiance pour devenir secrétaire comptable, jusqu'au décès de son dirigeant, André Viallard, en 2003. Le choc. France Grau est alors divorcée avec trois enfants et pour conserver son emploi et honorer les commandes en cours, elle s'associe avec trois autres salariés pour reprendre l'entreprise. Ils finissent par lui revendre leurs parts et la voici seule à la tête de la PME (aujourd'hui 18 salariés). "Moi qui, sans diplôme, n'avait pas une seconde pensé à fonder ma propre boîte, je peux témoigner que l'on dispose de qualités qu'on ne soupçonne pas. On se donne trop souvent des millions de raisons de ne pas le faire, or on en est capable", assure France Grau. Elle ajoute que les femmes ont une sorte de "sixième sens" dont ne dispose pas la gente masculine pour manager les équipes, plus à l'écoute, plus à même de détecter un souci chez un salarié et  de le comprendre.

Sur un "coup de tête"
Changement de vie radical aussi pour Véronique Teyssèdre, prof de français devenue directrice de l'entreprise d'insertion professionnelle Oxygen : "Tout s'est décidé lorsqu'un nouveau directeur d'établissement a demandé de faire remonter des idées et m'a pris de haut quand j'ai présenté les miennes. J'étais dans une colère terrible. J'ai démissionné et Pôle emploi m'a rapidement proposé le poste à Oxygen. J'ai pu répondre à mon ancien directeur qui se demandait ce que j'allais devenir, que comme lui, j'accédais à un poste de direction."
Héloïse Fontaine, créatrice de Step One (produits d'hygiène en poudre à diluer), confie avoir d'abord "travaillé dans un milieu masculin", celui des bureaux d'études parisiens. Elle aussi "sur un coup de tête" a eu le courage de se lancer, protéger ses inventions, trouver un local, déménager plusieurs fois, embaucher... Jusqu'à répondre aux sollicitations des médias nationaux dont l'audience a permis de faire décoller les ventes de manière spectaculaire (aujourd'hui 250 revendeurs). Elle est fière d'associer à son travail l'Ésat de Mauriac et de soutenir la Fondation Landestini qui a su l'épauler pour développer son entreprise.
Hélène Malet est commerçante à Aurillac (maroquinerie, prêt à porter...). Non pas une, mais trois et bientôt quatre boutiques, "et une cinquième déjà incubation dans ma tête". Si on a l'impression que rien n'arrête cette ancienne collaboratrice de concession automobile, elle a pourtant une vraie philosophie de vie : "Il faut penser à soi, sa famille, son bien-être physique et mental et savoir faire des pauses dans son cheminement."
Sylvie Loudières a aussi totalement changé d'orientation quand, après 25 ans passés dans une banque, elle devient artiste plasticienne. Depuis dix ans, son activité est vraiment le reflet d'elle-même : "Il faut savoir s'écouter, faire avec ses tripes, même si c'est un grand plongeon vers l'inconnu. Nous avons en nous un moteur qui permet de déplacer des montagnes."

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