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Écoutés... mais compris ?

Tour à tour et sans intermédiaires, les manifestants ont expliqué à la préfète les difficultés qu’ils rencontrent et leurs conséquences.
Tour à tour et sans intermédiaires, les manifestants ont expliqué à la préfète les difficultés qu’ils rencontrent et leurs conséquences.
© JG

Mardi dernier, la FDSEA et Jeunes Agriculteurs de la Creuse appelaient à la mobilisation à Guéret en réaction aux annonces du plan de résilience, insuffisantes à leurs yeux. 150 agriculteurs et entreprises partenaires de l’agriculture et presque autant de représentants des forces de l’ordre ont répondu présents au rendez-vous donné place Bonnyaud.
En effet, 15 centimes par litre et une avance sur le remboursement de la TICPE sont très loin de compenser la hausse du prix du GNR constatée ces derniers mois. Ces actions ralentiront peut-être les dégâts sur les trésoreries, mais la comptabilité à la fin de l’année sera finalement très amputée.
Quant à l’aide de 400 millions d’euros annoncée pour l’aide à l’alimentation animale, les responsables syndicaux n’y croient pas. « Sur cette aide, on sait d’avance qu’il y aura encore des critères hyper restrictifs et on n’en verra pas la couleur. On l’a bien vu sur l’aide de 60 millions d’euros annoncée ici-même il y a un an par M. Castex, qui ici a réussi à la toucher ? ». Aucune main ne se lève.
Pour les syndicats, le plan de résilience n’est qu’une annonce purement médiatique, un os à ronger du Gouvernement pour dire qu’il agit.
Après quelques hésitations, la représentante de l’État a accepté de discuter avec les agriculteurs. La foule s’est donc pressée devant la préfecture. Là, les responsables syndicaux ont choisi de faire témoigner les agriculteurs plutôt que de rapporter leurs paroles comme ils le font habituellement lors de leurs rencontres régulières avec la préfète. Ceux qui le souhaitaient ont ainsi pu expliquer leurs situations particulières, soutenus par des collègues qui vivent les mêmes difficultés. « Si ma femme ne travaillait pas à l’extérieur, nous n’aurions pas de quoi manger. » « Je n’ai même pas de quoi payer un vélo à mon fils pour son anniversaire. » « Mes enfants, c’est ce qui me tient. »
La préfète prend note, elle fera remonter cette réalité du terrain, c’est promis ; elle ne peut prendre aucune décision. Cependant le maire d’une petite commune témoigne : il avait besoin de GNR pour commencer les travaux qui lui incombent sur son territoire, mais il n’a pas trouvé de GNR, alors il a appelé à l’aide, à la préfecture, à la DDT, baladé de services en services il n’a eu aucune solution.
À l’heure où les gros travaux des champs reprennent, c’est l’inquiétude qui prend le dessus, « nous travaillions déjà pour presque rien, que se passera-t-il lorsque nous aurons tous mis la clé sous la porte ? »
Après cette longue discussion, les manifestants ont symboliquement matérialisé le mur qui sépare l’administration du terrain en montant quelques parpaings en travers de la rue menant à la préfecture (impossible de murer directement le bâtiment en raison de la forte présence policière) avant de livrer quelques bennes de déchets verts aux services des impôts, grands bénéficiaires de la flambée des charges.

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