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Du mieux pour la bio en 2025

Le Comité Régional d'Orientation de l'Agriculture Biologique (CROAB) en Nouvelle-Aquitaine a réuni l'ensemble de ces membres le 5 décembre à Angoulême. Dans un contexte aujourd’hui plus favorable, ils ont échangé autour des leviers possibles pour améliorer la rentabilité.

© _PAO _PAO

L’état du bio en 2025

Élu président du CROAB en mars dernier, Luc Valke était entouré pour le comité de Guy Moreau, président de Bio Nouvelle-Aquitaine, Philippe Leymat, président d’Interbio et Carine Lasbrugnas sous-directrice Agroenvironnement et Filières au Conseil régional. 

« Ce comité est l’occasion de réunir tous les partenaires et de mener une réflexion en commun. Le rebond que l’on observe en 2025 donne du sens à notre travail. Il faut continuer à aller vers le bio car les producteurs conventionnels se retrouvent de plus en plus souvent dans des impasses techniques ». 
Luc Valke

Pour entrer dans le vif du sujet, un état des lieux de la bio en région a été fait. Si les derniers chiffres en date (2024) montrent une stabilisation voire un léger recul des exploitations et des surfaces, les professionnels se veulent optimistes pour 2025. « L’année se termine mieux qu'elle n’a commencé, a souligné Philippe Leymat pour Interbio. La consommation reprend, tirée par la consommation de fruits et légumes, la croissance de la vente directe (+ 8.8 %) et l’augmentation de la fréquentation des enseignes bio (+ 6.2 %) ». Plusieurs facteurs favorisent cette croissance, notamment le développement des marques de distributeurs et la crise des GUS. Le bio en GMS marque toutefois une augmentation de 1,4 % au premier semestre 2025. La proportion de bio en RHD augmente également. Pour autant, cette reprise ne se ressent pas forcément chez les producteurs particulièrement chez les viticulteurs et les producteurs laitiers. « 10 % de la SAU, 13 % des producteurs, ce n’est pas rien, a ajouté Guy Moreau, président de Bio Nouvelle-Aquitaine. On ne peut avoir des entreprises qui vont bien, des consommateurs qui reviennent et des agriculteurs bio qui ne gagnent pas leur vie. »

Des outils et des leviers

Face à ce constat, la Région Nouvelle-Aquitaine a réaffirmé son soutien au bio, rappelant que le budget alloué est préservé et stable depuis plusieurs années malgré des contraintes croissantes. Pour assurer une juste rémunération de chacun, des outils sont nécessaires pour sensibiliser tous les maillons de la filière. C'est l'objectif de RémunABio. Depuis 2017, cet outil analyse la construction de la chaîne de valeur d’un produit. Le blé, la lentille ou encore le sarrasin ont été analysés. En 2025, c'était le tournesol, filière pour laquelle la volatilité des prix est forte, qui a été étudié et des recommandations ont été faites pour une meilleure répartition de la valeur ajoutée. Des leviers existent également pour une meilleure rentabilité. L'investissement en fait partie. Le Plan Végétal Environnement (PVE) conduit par la Région permet d'accompagner les exploitations qui souhaitent investir pour un changement de pratiques. Sont concernées les exploitations bio ou certifiées HVE qui peuvent bénéficier d'un taux d’aide de 30 % (majoré de 10 % pour les bios) sur certaines thématiques. Sur les trois dernières années, 756 dossiers ont été déposés dont 419 en agriculture bio pour un total de 21 M€. La majorité des dossiers concerne le désherbage mécanique, les semis et l’implantation de couverts. Un accompagnement est également possible dans le cadre du PCAE. Sur la même période, 188 dossiers déposés par des exploitations bio ont été financés (sur 1 658 dossiers au total). Attention toutefois, qui dit investissement dit amortissement, annuités à rembourser et l'exploitation doit être en capacité de supporter ces charges nouvelles. Un focus a également été fait sur l'irrigation comme levier potentiel pour développer le bio avec la présentation d’un travail mené par la Chambre régionale d’agriculture sur le marais poitevin. Dans le contexte actuel (crise céréalière, volatilité des prix…), l’irrigation apparaît comme un levier d’adaptation au changement climatique, au maintien de l'élevage, de la valeur ajoutée et des emplois. La suite de la journée a été consacrée aux témoignages d’agriculteurs bio irrigants.

 

 

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