Aller au contenu principal

Du Cantal à l'Ukraine

Pascal Macheix est tout juste rentré d’Ukraine pour l’organisation de la Minivernale d’Allanche. 
Là-bas, il aide au fonctionnement d’un institut d’enfants handicapés.

de gauche à droite : des motos, un chien et pascal macheix avec une veste jaune
Pascal Macheix (ici à Allanche) se prépare à repartir avec le sentiment de “faire quelque chose de bien”.
© B.Parret

Pascal Macheix voyage au guidon de ses différentes motos au fil des années depuis l’âge de 16 ans. Une passion prise alors dans la roue de son frère aîné. Avec sa dernière monture, une Honda Goldwin side-car, on 
sa haute silhouette sur de nombreuses hivernales, ces rassemblements motards au cœur de l’hiver. Les participants affectionnent de garer leurs motos pour un moment sous la tente et autour d’un braséro. Voyageur au long-court, jusqu’en Espagne, en Angleterre ou en Norvège comme en février dernier, en prenant la 
présidence d’AMC 15 (Association des motards du Cantal), Pascal Macheix avait souhaité reproduire ces ambiances rencontrées aux quatre coins de l’Europe. Avec les autres membres du club, ils ont posé leur dévolu sur Allanche en créant la Minivernale. L’accueil était favorable, le camping parfait et l’altitude gage d’avoir du froid et… de la neige. Les 24, 25 et 26 janvier derniers, la quatrième édition a rassemblé 380 équipages.


Autre horizon, autre vision


Mais depuis deux ans, ce Cantalien d’adoption, aujourd’hui installé dans la Corrèze voisine, lorgne vers un autre horizon, celui d’une terre en guerre, en aide aux enfants d’Ukraine. Dès le début du conflit, le 24 février 2022, Pascal Macheix comprend qu’il ne va pas rester les bras croisés face à l’invasion de l’Ukraine par la Russie de Poutine. Il ne s’agit pas pour lui de prendre parti. Il souhaite relever un double défi : celui du motard de se rendre sur place en side-car et celui de l’homme de cœur de porter secours aux populations civiles.
“Au début de la guerre, j’ai rencontré des Ukrainiens réfugiés en France, explique Pascal Macheix. En discutant, par le plus pur des hasards, nous avons évoqué l’existence d’un établissement pour enfants handicapés qui rencontrait des difficultés. La mouche m’a piqué et je me suis dit “j’y vais !” Je n’étais pas engagé auparavant dans ce type d’association mais c’est dans ma culture d’aller vers les autres, ceux qui sont en difficulté. Sous cette forme, c’est une première qui m’est tombée dessus.”
Alors, s’organise un périple de 2 700 kilomètres pour rejoindre Horischini Plavni, à 350 km au sud de Kiev. La ville compte environ 50 000 habitants. La route traverse l’Allemagne, la Tchéquie, la Pologne. Des amis offrent 
l’hospitalité tout le long du chemin durant les quatre jours nécessaires pour atteindre la destination. L’homme voyage seul, tranquillement, accompagné de sa chienne Perle couchée dans le side. Dans la remorque, s’entasse le maximum de vêtements pour les enfants. Depuis, plusieurs voyages se sont succédé dont l’un jusqu’à Odessa.
 

“Je me sens un peu chez moi” 

Ce qui m’a séduit sur place est inexplicable!"


À chacune de ses arrivées, il fait figure de Père Noël. La cagnotte des dons collectés en France, notamment auprès du milieu motard, permet l’achat de fruits et de légumes. Une aubaine voire un bonheur pour les enfants. Il y a l’humanitaire mais pas  seulement. Sur place, au fil du temps, Pascal Macheix tisse de nombreux liens d’amitié. “Ce qui m’a séduit sur place est inexplicable, confie-t-il. Quand j’arrive là-bas, j’ai un peu l’impression d’être chez moi. Quand je passe la frontière, je fais “ouf !” comme quand on arrive à Massiac et que l’on se dit que l’on est dans le Cantal. Je ressens la même chose en arrivant là-bas.” Par rapport à la guerre, il n’a pas d’appréhension et tente de s’adapter comme la population le fait. Il y a les bombes qui tombent à quelques centaines de mètres du domicile, le couvre-feu, les alertes et les heures passées dans les sous-sols, les coupures de courant. Il faut prendre comme ça vient avec le risque omniprésent. Dans la population, la guerre est prise de différentes façons. “Certains se disent qu’il faut vivre avec, a pu constater Pascal Macheix au cours de ses rencontres et de ses observations. D’autres sont pour l’arrêt de la guerre, d’autres encore pour ne pas lâcher et poursuivre pour sauver “leur” Ukraine. Ils ont un bon moral, même si certains ont tout perdu. Mais ils ont un espoir incroyable de pouvoir revenir chez eux. Je ne vois pas la fin de la guerre pour tout de suite. Mais cela va s’arrêter sur les limites du front actuel avec le sentiment amer de : tout ça pour rien.”
À Allanche, au milieu des amis, Pascal prépare déjà son prochain départ. Il est attendu à Kiev le 
27 février. Cette fois-ci, ce sera en voiture pour emmener davantage de dons avec du matériel, des vêtements, de l’argent pour lequel il a ouvert un compte pour faciliter les virements. L’association Tendresse pour laquelle œuvre Pascal compte 80 familles sur place.
Ce soutien est d’autant plus vital qu’elle ne perçoit plus d’aide de la commune pour subvenir aux besoins des enfants handicapés. L’urgence va aux vêtements, à la nourriture et à l’éclairage avec des lampes rechargeables pour pallier les nombreuses coupures du réseau.

Les plus lus

À Saint-Victor, chez Gilles Tailhardat.
S’installer en élevage bovin : deux exploitations à reprendre ont ouvert leurs portes dans l’Allier

La Chambre d’agriculture de l’Allier a organisé le 26 février un après‑midi dédié à la découverte de deux exploitations bovins…

Mickaël Vignal, au centre, a investi dans une centrale photovoltaïque de 36 kWc dont une partie de la production est autoconsommée.
Avec la baisse des tarifs de rachat d'électricité, l’autoconsommation est-elle devenue rentable ? 

À Sugères, Mickaël Vignal, éleveur laitier, a investi dans l'énergie solaire pour réduire sa facture d’électricité de 28…

Un nouveau kit d’introduction dérogatoire a été mis en place par le GDS. Il concerne les lots d’au moins 10 bovins âgés de moins de 24 mois, destinés uniquement à la boucherie ou à l’export.
Au 1er avril 2026 : les règles d'introduction des bovins évoluent

Les règles d’introduction des bovins en Haute-Loire évoluent le 1er avril 2026 afin de mieux concilier sécurité…

tank à lait avec des gens
Surproduction laitière : « L’enjeu est de faire la marche arrière la plus basse possible sur les prix »

Florent Kaplon, président du CRIEL et directeur amont des fromageries Dischamps analyse la conjoncture laitière et apporte un…

Le Cantal est le département de la région où la collecte laitière a le plus progressé fin 2025.
Lait de vache : Pourquoi la collecte laitière augmente ?

Depuis la fin de l'année, la production laitière a fortement augmenté à la faveur d'un automne clément et de fourrages…

De gauche à droite : Pierre Prallon, JA 43, Lionel Guy, président de la section lait de la FDSEA 43, Éric Richard, administrateur de la FNPL et vice-président  section lait de la FDSEA 43, Ludovic Blin, vice-président de la FNPL, J-Paul Peyral, administrateur FNPL et Géraud Bruel, président de la section lait du Cantal.
Tournée régionale FNPL : les éleveurs paient l’addition d’un manque d’anticipation industriel dans la crise laitière

En 2026, les éleveurs laitiers français paient le prix fort d’un manque d’anticipation industriel. C'est l'analyse portée par…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 100€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Réussir lait
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière Réussir lait
Consultez les revues Réussir lait au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière laitière