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DNC - Face aux mensonges, FDSEA ET JA du Cantal demandent ouvertement des têtes

À la demande la FDSEA et des JA du Cantal, une réunion s’est tenue lundi 11 août à la préfecture du Cantal, et en présence de tous les acteurs. Les syndicats voulaient connaître la vérité, toute la vérité. Joël Piganiol, président de la FDSEA a répondu à nos questions

Un besoin de mise au point

La situation n’était plus tenable pour la FDSEA  et les JA du Cantal. Depuis 10 jours, et les fameux camions acheminés vers la Sopa, il se dit un peu tout et n’importe quoi, tout le monde s’emporte, parfois avec des propos par trop virulents. Dans ce contexte très tendu de gestion de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC), le syndicat majoritaire a sollicité en urgence le préfet et une réunion s’est tenue ce lundi.

Interview de Joël Piganiol

Qu’est-ce qui a motivé l’organisation de cette réunion ?

Joël Piganiol : “L’épisode Sopa du 1er août a mis en évidence les difficultés que l’on a pu connaître pour avoir des éléments fiables sur, en particulier, la gestion des animaux morts et, in fine, le positionnement de l'État de la Sopa sur cette gestion.”

Vous étiez seuls à cette réunion ?

J. P. : “Non. L’idée était de réunir l’ensemble des représentants de la profession, tous les syndicats agricoles, GDS, Chambre d’agriculture, la représentation des vétérinaires, la représentation départementale de l’État (préfecture, DDCSPP, DDT), Draaf et DGAL. Il a été fait un point sur la situation de la maladie, sa gestion avec un rappel de ce qui a été construit après l’apparition du premier foyer le 29 juin en Savoie. Un choix stratégique porté par le ministère de l’Agriculture, et qui s’appuie sur le cadre réglementaire européen et qui prévaut dans tous les pays. Le GDS a rappelé la documentation scientifique disponible sur cette maladie, connue depuis un siècle. Derrière ont été présentés les éléments à date. À ce propos, on a pu constater un certain nombre d’imprécisions de la part de Séverine Rautureau, du service des actions sanitaires de la DGAL. Elle a fait état, à date, de 74 foyers traités issus de 39 exploitations, avec une inflexion des nouveaux foyers depuis quelques jours. Quant à la vaccination, qui concerne un cheptel de 250 000 bovins, le taux de couverture vaccinale a dépassé les 70 %. Enfin, le nombre des animaux euthanasiés a dépassé les 1 500 animaux.”

Mais comment c’est possible de ne pas avoir de chiffres plus précis ?

J. P. : “Cela fait partie des éléments révélateurs d’un enjeu dont l’État n’a absolument pas mesuré les conséquences. Cela dénote aussi une situation très inquiétante, voire alarmante du côté de la gestion de ce dossier de la direction générale de l’alimentation.”

Vous parliez de réglementation européenne. Des foyers se sont déclarés en Italie. Qu’en est-il ?

J. P. : “L’Italie a identifié 51 foyers en Sardaigne, avec application du protocole dépeuplement-vaccination, et un foyer en Lombardie, issu d’un animal en provenance de Sardaigne. Ce cas est lui résorbé et permettra, dès cette semaine, la réouverture de ce territoire à l’achat.”

Localement, vous en êtes où ?

J. P. : “Le seul sujet pour le Cantal, c’est le traitement des animaux morts et notre volonté de transparence sur ce dossier.”

Et qu’en est-il du protocole ?

J. P : “Les animaux euthanasiés sont traités dans le cadre d’un protocole sanitaire strict : désinfection et désinsectisation des animaux avec un produit très puissant - qui ne peut d’ailleurs pas être appliqué sur des animaux destinés à la consommation humaine -, mais également des camions et des chauffeurs. La DGAL avait confié aux équarrisseurs la mission de s’entendre sur les questions de délestages, si nécessaires. Ce qui était une possibilité entre Provalt (l’usine de Saint-Amour dans le Jura, lire par ailleurs) et la Sopa. Ce qu’a confirmé la préfecture du Jura à son homologue du Cantal. Donc à partir du moment où les animaux partent à Saint-Amour, le sujet sanitaire est établi. Même si le risque zéro n’existe pas, le protocole a été poussé au maximum de ce qu’il permet.”

Alors comment se fait-il que des animaux aient pu rejoindre l’usine de Cros-de-Montvert ?

J. P. : “On a évoqué la question de la traçabilité des animaux et des camions. Et après beaucoup d’insistance, il (la DGAL) a été clairement répondu à trois questions : est-ce que deux camions sont venus en date du 16 et du 22 juillet, la réponse est oui ; est-ce que les camions venaient de Savoie, la réponse est oui ; est-ce que les camions venaient des zones contaminées avec des animaux euthanasiés, la réponse est oui.”

Pourtant vous avez affirmé dans un communiqué qu’aucun animal malade n’arrivait à la Sopa. On vous a donc sciemment menti ?
J. P. : “Oui, dès le 1er août quand nous avons interrogé Jean-Pierre Chateau sur la provenance  des animaux et qu’il affirmait, comme expliqué dans La Montagne, qu’aucun animal malade en provenance du Savoie, arrivait dans le Cantal. Ensuite le 6 août, par le biais d’une demande portée par les JA auprès de la DGAL et Olivier Debaere (inspecteur en chef de la santé publique vétérinaire, ndlr) avait répondu qu’aucun animal issu de l’euthanasie n’était venu dans le Cantal. Aujourd’hui (lundi) et à force de pousser dans nos questions, la DGAL a confirmé qu’il avait parlé sans savoir. Et que depuis le 1er août avaient été engagés des investigations sur la traçabilité effective des camions.”

Est-ce que Jean-Pierre Chateau s’est exprimé lors de la réunion ?

J. P. : “Non. Nous n’avons pas eu de réponse, ni démenti ses propos dans La Montagne. Il a seulement confirmé qu’il ne savait pas ce que contenaient ces camions de délestage, faisant valoir que seul le collecteur était en possession des éléments de traçabilité.”

Cela vous met en colère ?

J. P. : “Sincèrement, même si la cadre sanitaire a été respecté, que la Sopa n’a pas commis d’erreur sur ce plan là. Où est la perception du risque là-dedans et le choix de ne rien dire ? Dans l’état actuel des choses, on ne peut pas rentrer des camions d’équarrissages qui viennent de Savoie, transportant des montbéliardes qui plus est, sans savoir ce qu’il y a dedans. Ce n’est pas entendable.”

Au final, qu’en ressort-il ?

 J. P. : “Trois demandes ont été portées par la FDSEA et les JA :  avoir un rendu écrit de la DGAL, factuel et précis, des points de situations et de gestion des animaux morts ; que soit réalisé le même type de réunion à la demandes d’autres départements faisant partie de la collecte Sopa ; que soit organisée dans les plus brefs délais, par la préfecture et les services vétérinaires, une réunion publique dans le secteur de Cros-de-Montvert pour informer tous les éleveurs.”  

Coupable ?    
Au sortir de la réunion, FDSEA et JA ont clairement demandé la démission d’Olivier Debaere (DGAL) pour avoir menti. Dans le même ordre d’idée, que le maintien de Jean-Pierre Chateau à la présidence de la Sopa n’avait plus lieu d’être après avoir brisé la confiance avec la profession.

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