Deux louveteaux de plus… et toujours les mêmes qui paient l’addition
La nouvelle est tombée : deux louveteaux supplémentaires ont été officiellement identifiés sur le Plateau de Millevaches. Certains s’en réjouissent. Marie-France Forest, en tant qu’éleveuse de bovins et d’ovins au cœur même de la zone de présence permanente du loup, voit surtout ce que cela signifie concrètement : davantage de prédateurs, davantage de risques et davantage d’angoisse pour les éleveurs.
La nouvelle est tombée : deux louveteaux supplémentaires ont été officiellement identifiés sur le Plateau de Millevaches. Certains s’en réjouissent. Marie-France Forest, en tant qu’éleveuse de bovins et d’ovins au cœur même de la zone de présence permanente du loup, voit surtout ce que cela signifie concrètement : davantage de prédateurs, davantage de risques et davantage d’angoisse pour les éleveurs.
Au début de l’année 2025, nous parlions de deux loups. Déjà, la FDSEA de la Corrèze alertait sur les conséquences inéluctables de leur installation sur notre territoire. On nous répondait alors que nous étions excessifs, alarmistes, voire caricaturaux. Aujourd’hui, avec neuf loups recensés et une reproduction désormais confirmée, les faits parlent d’eux-mêmes.
Pendant que certains se félicitent du développement de l’espèce, sur le terrain, nous comptons les attaques. Nous comptons les brebis dévorées, les animaux blessés, les veaux perdus, les avortements provoqués par le stress des troupeaux et les nuits sans sommeil des éleveurs. Nous comptons aussi les heures passées à surveiller nos animauxplutôt qu’à produire, à investir dans des moyens de protection toujours plus coûteux et toujours moins efficaces.
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Car c’est bien là le cœur du problème : ceux qui défendent le loup en supportent rarement les conséquences. Les éleveurs, eux, les vivent chaque jour. Ils en supportent le coût économique, le coût humain et le coût psychologique.
On nous explique qu’il faut apprendre à vivre avec le loup. Mais qui peut sérieusement affirmer cela
lorsqu’il n’a jamais retrouvé une brebis éventrée dans une prairie ou un jeune bovin attaqué ?
Qui peut comprendre ce sentiment d’impuissance lorsqu’après des années de sélection et de travail,
on voit ses animaux devenir des proies ?
La FDSEA de la Corrèze le répète avec constance : là où le loup s’installe durablement, l’élevage recule. Cette affirmation n’est ni idéologique ni dogmatique. Elle repose sur la réalité du terrain que vivent les éleveurs de Corrèze, de Lozère ou encore des Alpes depuis des années.
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Derrière les chiffres et les statistiques, il y a un choix de société. Voulons-nous encore des éleveurs dans nos campagnes ? Voulons-nous maintenir des troupeaux qui entretiennent les paysages, préservent la biodiversité, produisent une alimentation locale et de qualité ? Ou acceptons-nous progressivement de rendre certains territoires incompatibles avec l’élevage ?
À la FDSEA 19, nous avons fait notre choix. Nous continuerons à défendre les éleveurs, à dénoncer les conséquences de la prolifération du loup et à exiger que la sauvegarde de l’élevage de plein air soit enfin considérée comme une priorité.
Parce qu’aujourd’hui, face au loup, les éleveurs ne demandent pas des discours. Ils demandent simplement le droit de pouvoir exercer leur métier.
Marie-France Forest, Secrétaire générale de la FDSEA de la Corrèze,
Éleveuse de bovins et d’ovins sur le plateau de Millevaches