Des volumes et des points de vente en recul
Les années en dents de scie se suivent pour les viandes limousines. Après une année 2024, stable, les volumes chutent fortement en 2025 pour de nombreuses productions et ce, malgré des prix intéressants. Pour Limousin Promotion, renforcer la communication en direction des consommateurs est essentiel.
Les années en dents de scie se suivent pour les viandes limousines. Après une année 2024, stable, les volumes chutent fortement en 2025 pour de nombreuses productions et ce, malgré des prix intéressants. Pour Limousin Promotion, renforcer la communication en direction des consommateurs est essentiel.
Des volumes en net recul
L’année 2025 a été dure pour les viandes limousines et le début 2026 ne semble guère meilleur. Si une relative stabilité des volumes était constatée l’année précédente, ceux-ci ont de nouveau plongé cette année : -10 % pour le bœuf, -20 % pour le veau et l’agneau. Seul le porc reste stable. Le nombre de points de vente chute fortement aussi, puisque plus de 400 d’entre eux ont mis fin à leur engagement. Sur les raisons de cette baisse entamée en 2023, Jean-Marc Escure, directeur de Limousin Promotion évoque de nombreuses cessations d’activité mais également des difficultés économiques qui entraînent l’arrêt de la vente de viande premium et le désengagement de certaines GMS. Point positif en revanche : le prix de la viande. « Cela fait deux trois ans que les prix remontent et c’est très positif, résume Jean-Christophe Dufour, vice-président de Limousin Promotion. Le marché a beaucoup évolué ces dernières années. La génétique française est très recherchée et les animaux maigres sont nombreux à partir à l’engraissement à l’étranger. Nous avons aujourd’hui des difficultés d’approvisionnement sur toutes les filières et particulièrement en veau et en agneau. » Parmi les sources d’inquiétudes des responsables de Limousin Promotion, les problèmes sanitaires et notamment la DNC figurent en bonne place. La crainte que l’image de la viande en pâtisse et que les consommateurs s’en détournent est grande.
Communiquer pour rassurer
« Nous devons communiquer sur la DNC, communiquer sur les viandes Label Rouge qui sont tracées, identifiées, c’est essentiel, poursuit Jean-Marc Escure. Nous comptons entre autres sur le prochain Salon de l’Agriculture, fin février pour aller à la rencontre du public et expliquer notamment pourquoi les prix de la viande augmentent »
Le salon devrait être spécial puisque privé de bovins et donc sans concours et sans vente aux enchères. À l’heure actuelle, on ne sait encore pas de quelle manière le Hall sera réorganisé sans les bovins. « Les représentants de la filière seront là, notamment le lundi pour la journée dédiée, précise Jean-Marc Escure. Ce sera une édition particulière compte tenu des revendications professionnelles actuelles ». Au-delà du SIA, Limousin Promotion compte aussi sur les bouchers pour faire évoluer leurs propositions comme en témoigne, Christophe Ip Yan Fat, meilleur ouvrier de France et capitaine de l’équipe française de boucherie « Nous devons évoluer dans la gamme des produits proposés car le consommateur a changé, explique-t-il. Nous n’avons pas le choix si nous voulons valoriser la production française. Ce n’est pas le type de consommateur qui évolue mais ses attentes. Si l’on prend par exemple l’épaule d’agneau, traditionnellement consommée à Noël et à Pâques, nous devons pouvoir la proposer sous une autre forme, avec des portions plus petites le reste de l’année ». Enfin d’autres évènements permettront cette rencontre avec le public : le salon Barbecue Expo en avril 2026, les 90 ans de l’Appellation des Vins de Côtes de Bourg en juin, le Tour du Limousin en août, ainsi qu’un nouveau rendez-vous sur le parvis de la Gare Saint Lazare à Paris sur le modèle de celui de celui organisé en juin dernier par les Viandes Limousines.
Pascale Dumont