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Des agriculteurs mobilisés pour protéger la production française

A l’appel de l’UDSEA et des JA, les agriculteurs du Puy-de-Dôme se mobilisent contre l’empilement des contraintes réglementaires qui entravent leur activité au quotidien.

semblés devant l’entrée du jardin Lecoq, à Clermont Ferrand, ce mercredi 3 septembre, excédés par la re-crudescence de règles et autres normes qui rendent invivables et non viables leurs entreprises. Chaque mois, chaque semaine voit germer un nouveau projet susceptible de contraindre un peu plus l’agriculture sans apporter ni débouchés supplémentaires, ni gain de compétitivité ni hausse de prix à la production. Zone vulnérable, trame verte et bleue, taxe sur les transports…

 

Zone vulnérable, la goutte d’eau de trop

Malgré une nouvelle délimitation des zones vulnérables en décembre 2012, la Commission européenne a confirmé l’insuffisance du zonage français. Pour tenter d’éviter une condamnation assurée avec amende forfaitaire lourde et astreinte financière journalière, le Gouvernement a élaboré en 2014, avec l’appui des DREAL (Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement), une nouvelle proposition d’extension de la zone. Or la région Auvergne fait référence pour la qualité de son eau. Pour autant, des bureaucrates non avertis salissent l’image de la profession agricole en l’accusant de polluer l’eau sans regarder du côté des autres pollutions (urbaines et naturelles). Le seuil défini par l’Europe en matière de nitrates est de 50 mg/l. La France qui «lave plus blanc que blanc», veut l’abaisser à 40 mg/l pour les eaux souterraines et 18 mg/l pour les eaux superficielles (lire aussi page 14).

 

Vers la fin d’un fleuron de l’économie française

«L’agriculture se meure de ces boulets que lui imposnte nos dirigeants» affirme Christian Peyronny, Président de l’UDSEA. Les manifestants ont déposé une gerbe «à la mémoire de l’agriculture sacrifiée» devant les locaux de la DREAL. Une minute de silence a suivi pour laisser le temps à chacun de repenser au temps consacré à façonner le paysage désormais digne de l’UNESCO, entretenir les ruisseaux qui voient revenir une faune protégée… C’est désormais les familles des agriculteurs qu’il faudrait sauvegarder.

Derrière un drapeau français en berne, le cortège s’est ensuite rendu à la Préfecture pour demander aux services délocalisés de l’Etat de relayer la requête de la profession : «laisser nous faire notre métier pour que demain le consommateur puisse manger français». Une délégation a été reçue par le Préfet et le directeur de la DREAL. Les discussions n’ont cependant pas apporté de solution pour alléger les contraintes.

Afin que les services de l’Etat n’oublient pas le rôle primordial de l’agriculture en matière de gestion d’effluents aussi bien d’élevage que de la population urbaine, les agriculteurs ont déposé devant la préfecture des tas de boue de station d’épuration et de fumier.

A défaut d’être suivi d’effets rapidement, ce type d’actions a vocation à se renouveler à travers le territoire. Plusieurs mobilisations se sont déjà tenues, il n’est pas exclu que d’autres se tiennent à l’avenir…

Ils ont dit

Vincent Paillat, producteur de grandes cultures à Pardines

«Cette nouvelle extension des zones vulnérables est une aberration. Déjà que la situation est difficile, on nous ajoute une contrainte supplémentaire qui consiste à implanter des cultures derrière chaque récolte au lieu de laisser nos sols nus. Cela suppose des achats de semences, du travail complémentaire et des coûts additionnels pour des productions qui ne sont pas valorisées car broyées sur place ! C’est un non- sens !»

 

Fabien Rougier, éleveur à Vitrac

«Je suis là pour dire STOP à la nouvelle taxe de transport qui pénalisera en priorité l’agriculture du Massif central, et à l’élargissement des zones vulnérables qui va impacter fortement nos exploitations. Les élevages allaitants et laitiers par exemple, vont être obligés d’augmenter leurs capacités de stockage des effluents. Pour les éleveurs en place c’est un investissement supplémentaire sans aucune contre- partie et pour les jeunes qui veulent s’installer, c’est un nouveau frein à leur projet d’installation. On voudrait supprimer des agriculteurs qu’on ne s’y prendrait pas autrement !»

Propos recueillis par C. Rolle

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