Des actions éclair pour alerter sur l'urgence de la situation et redonner un cap à notre agriculture
Les agriculteurs du réseau sont entrés en action dans la nuit du 8 au 9 janvier sur l'ensemble du département pour réclamer des évolutions sur une longue liste de dossiers sensibles : Mercosur, budget PAC 2028, taxe MACF, zones vulnérables, loi Duplomb...
Les agriculteurs du réseau sont entrés en action dans la nuit du 8 au 9 janvier sur l'ensemble du département pour réclamer des évolutions sur une longue liste de dossiers sensibles : Mercosur, budget PAC 2028, taxe MACF, zones vulnérables, loi Duplomb...
Une agriculture qui se retrouve sans cap
Ce vendredi 9 janvier au matin, les altiligériens qui empruntaient les routes du département ne sont pas passés à côté de certains changements intervenus dans la nuit sur les axes routiers principaux (en particulier sur la RN88 et la RN102) : des panneaux bâchés ornés de messages chocs contre le Mercosur, des radars ceinturés de pneus et recouverts de bâches, des communes renommées qui portent à présent le nom de villes d'Amérique du sud, des détournements de panneaux directionnels, autant d'opérations coup de poing orchestrées par les agriculteurs de la FDSEA et Jeunes Agriculteurs 43, pour symboliser que l’État et l’Europe tournent en rond et que l'agriculture se retrouve aujourd'hui sans cap. Enfin, la Préfecture de Haute-Loire s'est elle-même retrouvée sous surveillance puisqu'un radar mobile a trouvé sa place devant son portail...
Actions symboliques
Ils se sont retrouvés dans la nuit du 8 au 9 janvier pour mener ces actions symboliques sur les cantons de Cayres, Langeac, St Didier en Velay, Tence, Craponne sur Arzon, Monistrol sur Loire, dans le bassin du Puy-en-Velay et le Brivadois.
« Ces actions éclair, nous les avons conduites de nuit en vue de causer le moins de dérangements possibles auprès des concitoyens. Elles visent à alerter l'État sur l'urgence de sauver notre agriculture» a indiqué Nicolas Merle, président de la FDSEA.
Une agriculture que les deux syndicats jugent sévèrement menacée par le Mercosur, un budget PAC 2028 en baisse, par la prédation du loup, l'extension des zones vulnérables, la MACF (Mécanisme d'Ajustement Carbone aux Frontières) et le blocage de la loi Duplomb. Les agriculteurs refusent que l'accord entre l'UE et le Mercosur soit signé et « nous gardons l'espoir qu'il soit rejeté par le parlement européen le 20 janvier prochain à Strasbourg. Nous restons mobilisés sur ce sujet et nous n'excluons pas d'organiser d'autres actions de terrain sous la forme de contrôles de marchandises sur les routes ou d'oppositions à des contrôles PAC sur les exploitations » ajoute Nicolas Merle qui dénonce l'inaction de l'État français qui s'était pourtant engagé sur de nombreux sujets il y a deux ans, lors des manifestations agricoles d'ampleur.
« Certaines mesures pourraient être mises en place rapidement, c'est le cas de la loi Duplomb, de l'assurance prairies, de l'évolution des seuils de classement en ICPE, la réduction des normes et de la pression des contrôles... Et plus localement, nous refusons la cartographie des zones vulnérables imposée par la DREAL, qui menace 10 communes de notre département. Sur la prédation du loup, nous exigeons des mesures immédiates pour une régulation efficace, sans entraves bureaucratiques et en particulier la possibilité pour les éleveurs de procéder au tir de loup en cas d'attaques ».
Avenir incertain
Cette crise agricole révèle la complexité du quotidien des agriculteurs et le malaise dans lequel se trouve plongé le monde agricole. Florent Blachon, jeune producteur laitier de 23 ans installé avec ses parents, s'est joint à ses collègues du canton de St Didier en Velay le 8 janvier en soirée, pour participer à cette action syndicale :
« Notre avenir, en tant qu'agriculteur est trop incertain. On a un beau métier, on sait travailler et entretenir nos paysages. Alors on investit sur nos fermes, mais on ne sait pas où l'on va. Pour l'instant, le prix du lait est plutôt correct mais nous travaillons beaucoup pour nous en sortir et en plus nous n'avons aucune certitude de conserver ce prix dans un an ».
Quant au Mercosur, Florent est persuadé que, s'il entre en application, « les agriculteurs français seront pénalisés. Notre avenir est incertain et nous attendons à présent des réponses et des engagements de la part de l'État ».