Équarissage
Dans les coulisses de la Sopa avec son nouveau président
À l’occasion d’une visite organisée avec l’association de riverains, l'usine d’équarissage a détaillé ses procédés, ses capacités et ses projets d’amélioration. Dans les coulisses de la Sopa
À l’occasion d’une visite organisée avec l’association de riverains, l'usine d’équarissage a détaillé ses procédés, ses capacités et ses projets d’amélioration. Dans les coulisses de la Sopa
Une viste avec les riverains de l'usine d'équarissage
Les odeurs ne disparaissent pas en une visite, mais elles peuvent au moins s’expliquer. Mardi 4 août, quelques heures avant son assemblée générale, l’association Cros air pur, qui défend les riverains confrontés aux nuisances olfactives autour de l’usine d’équarissage de Cros-de-Montvert, a été reçue par la direction de la Sopa.
Sébastien Soulié, nouveau président de la Sopa
Nommé président du conseil d’administration de la Sopa le 7 juillet, Sébastien Soulié succède à Jean-Pierre Chateau. Éleveur à Altillac, près de Beaulieu-sur-Dordogne, il conduit un troupeau allaitant de race limousine et développe également une production de noix et de petits fruits. Administrateur de la Sopa depuis 2013 en qualité de représentant de la Chambre d’agriculture de la Corrèze, il connaît bien le fonctionnement de la structure. Celui qui ne craint pas les challenges a accepté cette responsabilité avec la conviction de piloter “un outil utile, nécessaire au monde de l’élevage” et avec l’ambition de “le rendre le plus performant possible”.
Une rencontre symbolique, la première depuis l’arrivée de Sébastien Soulié à la présidence du conseil d’administration, le 7 juillet dernier, et l’occasion d’un échange direct avec les habitants.
Nous avons été amenés à aider d’autres usines par solidarité ; nous avons reçu 300 tonnes de matières très dégradées, difficiles à cuire correctement.” Nathalie Nick, directrice QHSE
Un outil collectif au service de l’élevage
Guidée par Nathalie Nick, directrice qualité, hygiène, sécurité et environnement (QHSE), la délégation a découvert, pour certains pour la première fois, le fonctionnement d’un site qui traite les sous-produits animaux du Cantal, de la Corrèze et d’une partie de plusieurs départements limitrophes.
De l’arrivée des camions au pont-bascule jusqu’au traitement de l’air rejeté dans l’atmosphère, en passant par le tri, le déchargement, le broyage, le calibrage et la transformation des matières, le parcours a permis de suivre toute la chaîne de production.
Créée en 1978 pour regrouper plusieurs petits ateliers du Cantal et de la Corrèze, la Sopa est pilotée par la profession agricole, notamment les Chambres d’agriculture, le c et la coopérative Altitude. L’entreprise collecte les sous-produits issus des exploitations agricoles, mais aussi des abattoirs, boucheries et industries agroalimentaires.
Depuis 2025 et jusqu’à fin décembre 2027, elle est titulaire d’un marché couvrant le Cantal, la Corrèze, ainsi qu’une partie de l’Aveyron, du Puy-de-Dôme, de la Dordogne et de la Creuse. L’installation est autorisée à traiter jusqu’à 240 tonnes de matières par jour. Elle en reçoit actuellement entre 140 et 150.
Fin juin, l’usine a cependant dû absorber un afflux exceptionnel. “Nous avons été amenés à aider d’autres usines par solidarité ; nous avons reçu 300 tonnes de matières très dégradées, difficiles à cuire correctement”, explique Nathalie Nick.
Les farines grasses issues de ce traitement sont ensuite réintroduites dans le process de fabrication, mélangées à des matières fraîches. Le produit final est stocké dans des silos équipés de sondes de température afin de prévenir tout risque d’incendie. Lorsque la température devient trop élevée, les farines sont étalées sous hangar. Elles sont ensuite destinées aux cimentiers.
L’ensemble de la production est piloté par informatique, avec un système d’alarmes reportées sur les téléphones des responsables en cas de dysfonctionnement.
Des odeurs au cœur des échanges
C’est évidemment sur la question des nuisances olfactives que les échanges ont été les plus nourris. Les adhérents de Cros air pur, présidée par Anne Fave, consignent les jours où les odeurs sont particulièrement marquées, jusque dans le bourg.
Annie Leroy, présidente de la Coordination des associations de riverains d’usines d’équarissage (Carue), rappelle que, contrairement à une idée reçue, “les odeurs peuvent se mesurer”, mais que ces analyses restent complexes et coûteuses, hors de portée financière de l’association.
Selon les participants, il ne s’agit d’ailleurs pas d’odeurs de putréfaction, mais plutôt d’une odeur de “croquettes chaudes”, caractéristique des procédés de cuisson des matières animales.
Les odeurs peuvent se mesurer.”, Annie Leroy présidente nationale des associations de riverains
Une volonté d’amélioration continue
La direction de la Sopa met en avant les investissements réguliers réalisés sur le site pour le traitement des odeurs. L’air est traité par voie chimique (acide et soude) puis par des biofiltres utilisant de la biomasse ensemencée.
Les responsables reconnaissent que “tout n’est pas parfait”, en particulier sur un sujet aussi complexe que les odeurs, “qui ne relèvent pas de la science exacte”, mais assurent partager une même volonté : améliorer en permanence les performances environnementales.
Les eaux usées, elles, sont évacuées par citernes plutôt que traitées sur place par une station d’épuration, afin d’éviter un rejet ultérieur dans le milieu naturel. Des réflexions sont engagées sur des solutions plus vertueuses en matière de récupération de l’eau et de la chaleur (optimisation des rejets d’air chaud dans l’atmosphère).