Aller au contenu principal

Dans le cadre du partenariat Lycée Agricole d’Ahun-GDS Creuse, deux journées sur le thème de la biosécurité en élevage se sont déroulées au Lycée Agricole d’Ahun les 26 et 27 mars dernier.

Journées biosécurité : « Le sanitaire… j’adhère ! » au Lycée Agricole d’Ahun

Au cours de ces journées de sensibilisation des 26 et 27 mars, la mise en place de la démarche « Le sanitaire… j’adhère ! » au travers de la biosécurité au Lycée Agricole d’Ahun a été présentée à plus de 280 apprenants via 4 ateliers dans la stabulation vaches allaitantes.
Au cours de ces journées de sensibilisation des 26 et 27 mars, la mise en place de la démarche « Le sanitaire… j’adhère ! » au travers de la biosécurité au Lycée Agricole d’Ahun a été présentée à plus de 280 apprenants via 4 ateliers dans la stabulation vaches allaitantes.
© Laurent Rougier

Organisée en partenariat avec GDS Creuse et la Chambre d’Agriculture de la Creuse, cette sensibilisation a concerné plus de 280 apprenants du Lycée Agricole.

La biosécurité : une notion encore méconnue, un besoin d’information et de conseil
Selon une enquête de l’Institut de l’Élevage de 2015 auprès d’éleveurs bovins, le mot « biosécurité » restait méconnu ou porteur d’une image négative. 77 % des éleveurs enquêtés déclaraient ne pas en connaître le sens. Pour certains, ce mot renvoyait à des risques industriels uniquement. Dans ce panel, 11 % d’éleveurs connaissaient ce terme car ils possédaient un atelier hors-sol, certains déclaraient que le mot biosécurité leur paraissait s’appliquer à cet atelier et pas aux bovins. Tous les éleveurs enquêtés ont exprimé un besoin d’information et de conseil sur la maîtrise des risques sanitaires. Au vu de ces éléments, nous avons convenu de cette thématique avec Jean-Pierre Lafaye, directeur de l’EPLEFPA d’Ahun, Laurent Rougier, directeur de l’exploitation, en relation avec le cabinet vétérinaire d’Ahun et Éric Vivion en charge du suivi des troupeaux bovins. L’objectif général de ces journées est de sensibiliser les apprenants (futurs éleveurs ou techniciens) et de valoriser la biosécurité en rappelant que moins d’agents pathogènes et des agents pathogènes mieux maîtrisés, c’est moins de traitements, d’antibiorésistance, de pertes, d’impacts financiers...

La biosécurité : protéger une population animale, l’homme et l’environnement des agents infectieux
La biosécurité est l’ensemble des mesures destinées à protéger une population animale, l’homme et l’environnement des agents infectieux transmissibles (biosécurité = sécurité contre les agents biologiques). Elle comprend les infrastructures, les techniques, les pratiques d’hygiène avec une triple finalité : santé animale, sécurité sanitaire des aliments et santé humaine. Elle peut se décomposer en 5 axes (cf. illustration) : faire que le pathogène ne rentre pas et ne circule pas dans un troupeau, ne sorte pas de ce troupeau, n’infecte pas l’homme et ne persiste pas dans l’environnement.

Des échanges avec les apprenants pour comprendre ce qu’est un agent pathogène
L’expression « agents pathogènes » désigne l’ensemble des agents infectieux transmissibles : bactéries, virus, parasites et champignons. Ils peuvent être transportés par différents facteurs : hommes, véhicules, matériels en commun, animaux (introduction et voisinage), faune sauvage et environnement (eau, air…). 4 ateliers ont été proposés pour décomposer et expliquer ces éléments.

« Le pathogène ne rentre pas dans le troupeau »
Marien Bataille, technicien à GDS Creuse, a présenté les éléments pour limiter la contamination de son troupeau par des agents spécifiques (tuberculose, IBR, BVD, paratuberculose…) et autres (diarrhées, grippes…) : isoler (15 jours minimum) et contrôler tout animal introduit (achat, retour de marché, de concours, copropriété…), être attentif vis à vis de tout visiteur ou intervenant (combinaison de travail, pédiluve…), limiter les contacts avec les troupeaux voisins (concertation avec les voisins, doubles clôtures…) et être strict pour l’hygiène des matériels en commun (bétaillère, épandeur à fumier…).

« Le pathogène ne circule pas dans mon troupeau »…
Didier Guérin, vétérinaire et directeur de GDS Creuse, a d’abord demandé aux apprenants comment ils expliquaient la présence de syndromes d’élevages (diarrhées, grippes, coccidioses…) dans 20 % des élevages alors que les agents pathogènes à l’origine de ces maladies sont présents dans tous les élevages. Cela s’explique par la présence de facteurs favorisants dans certains élevages que l’on peut classer en 5 domaines de risques (alimentation, bâtiments, relation mère-produit, gestion du troupeau et statut immunitaire). Cela demande d’identifier ces facteurs propres à chaque élevage et à les corriger pour renforcer la résistance des animaux (alimentation, colostrum, suivi parasitaire…) et diminuer leur exposition aux agents pathogènes (isolement des malades, logement, allotement, hygiène, absence autres espèces…).

… avec un focus sur le bâtiment d’élevage
Renaud Selles, conseiller bâtiment de la Chambre d’Agriculture, a explicité les bases d’un bâtiment d’élevage (aération, densité, luminosité…) et les principes d’un « diagnostic bâtiment » avec, notamment, la démonstration avec des fumigènes. Ces éléments ont pour objectif de limiter l’impact bâtiment dans la circulation des agents pathogènes.

« Le pathogène ne sort pas d’un troupeau, n’infecte pas l’homme et ne persiste pas dans l’environnement »
Appuyé sur un cas concret, une vache atteinte de salmonellose, Boris Boubet, vétérinaire conseil à GDS Creuse, a détaillé les actions à conduire pour limiter la sortie d’un pathogène vers un autre troupeau, l’homme ou l’environnement : garanties de cheptel (brucellose, tuberculose, IBR, paratuberculose, SDRP, visna-maëdi, CAEV…) ou d’animaux (garantie non-IPI) ; hygiène des bâtiments (dératisation, désinsectisation, désinfection, vide sanitaire…), des effluents d’élevage (fumiers, lisiers) et de l’Homme (gants de fouille, lavage des mains, des bottes…) ; protection des points d’eau…

« Le sanitaire… j’adhère ! » et la biosécurité au Lycée Agricole d’Ahun, un plan d’action qui se poursuit
La biosécurité est un outil de notre concept « Le sanitaire… j’adhère ! ». À l’initiative de Laurent Rougier, directeur de l’exploitation, cette démarche est effective au Lycée Agricole d’Ahun depuis février 2014 en relation avec le cabinet vétérinaire d’Ahun dans les ateliers bovins laitier et allaitant (avec l’implication d’Éric Vivion) et ovin (avec l’implication d’Olivier Judet) avec des résultats probants. Cette démarche se poursuit avec la participation des apprenants et du corps enseignant du Lycée dans la démarche avec une utilisation des supports (affiches « Le sanitaire… j’adhère ! » et « biosécurité », GDS Creuse Mémo…) accompagné d’un affichage plus détaillé de la méthode et de ses résultats. De plus, dans le cadre d’une recommandation régionale Nouvelle-Aquitaine, un audit biosécurité va être prochainement réalisé par le Dr Didier Raboisson, maître de conférences à l’École Nationale Vétérinaire de Toulouse.

Les plus lus

Deux personnes portent un plat de charcuterie.
Restaurant du col de Serre : “Vivre l’endroit” pour Manon et Pascal

Le restaurant du col de Serre est à nouveau ouvert depuis début décembre. À sa tête, Manon Pissavy et Pascal Dhennin veulent s…

La région Auvergne-Rhône-Alpes subventionne les investissements dans les bâtiments d'élevage.
Plan bâtiment d'élevage en Auvergne-Rhône-Alpes : réouverture de l'appel à projet en février 2026

Les bâtiments d’élevage ainsi que leurs équipements inhérents peuvent bénéficier d'aides spécifiques dans le cadre du Feader…

Aurillac : Hadrien Passenaud ouvre son cabinet vétérinaire à La Ponétie

Originaire de Saint-Illide, salarié plusieurs années dans une clinique aurillacoise, Hadrien Passenaud a fait le choix de s’…

veaux laitiers.
Comment développer l'engraissement des veaux laitiers en Auvergne-Rhône-Alpes ?

Afin de mieux caractériser les pratiques d’engraissement des veaux laitiers à l’échelle régionale, les éleveurs sont invités à…

Un train de nuit en gare.
La CGT dénonce “une situation catastrophique” du train de nuit Aurillac-Paris

La situation du train de nuit déraille depuis le début du mois de décembre.

Rats taupiers : activité saisonnière ou futur rebond ?

Les campagnols terrestres sont plus actifs cet automne dans le Cantal, même masqués par les taupes ou l’herbe restée haute. …

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 100€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Réussir lait
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière Réussir lait
Consultez les revues Réussir lait au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière laitière