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Damien Chassaing, les vaches laitières comme vocation

À 35 ans, Damien Chassaing est installé depuis 2014 sur une exploitation laitière hors cadre familial. Une installation portée par une passion de toujours pour les vaches, mais aujourd'hui confrontée aux défis climatiques et économiques.

Damien Chassaing, éleveur de vaches laitières à Isserteaux.
Damien Chassaing, éleveur de vaches laitières à Isserteaux.
© Albane Dupin

Issu d'une famille d'agriculteurs du Puy-de-Dôme, Damien Chassaing grandit avec l'envie de devenir agriculteur. « Petit, j'ai toujours voulu travailler avec les vaches. Sinon, je me serais orienté vers technicien de ration. »

Après un bac STAV à Marmilhat, où il effectue un premier stage sur l'exploitation qu'il reprendra quelques années plus tard, il poursuit avec un BTS ACSE à Brioude, en apprentissage sur cette même ferme. En 2014, il s'installe en GAEC avec les deux associés historiques.

Une exploitation tournée vers le lait

L'exploitation, exclusivement laitière, s'étend sur près de 160 hectares. Depuis 2019, une quinzaine d'hectares de maïs ensilage et une dizaine de triticale sont également cultivés pour l'autoconsommation. Une diversification mise en place lors de l'installation de Marjorie, l'épouse de Damien. « Ça n’a été mis en place qu’à partir de 2019. Avant, il n'y avait que de l'herbe. Ça nous a donc permis de réduire les coûts alimentaires. »

Sur le GAEC, les deux associés se répartissent les tâches, de la traite à l'alimentation, en passant par les soins aux vaches et aux génisses. Parmi elles, Damien a sa préférence : « Le moment que je préfère, c'est la distribution de la ration. Avec le tracteur, tu surplombes les vaches. Quand l'une d'entre elles n'est pas bien, c'est là que tu la vois. »

L'enfant du pays garde aussi un souvenir marquant de ses débuts : « La première année, le prix du lait avait bien augmenté, il était payé 420 euros les 1 000 litres en 2014. En 2015, on est passé à 270. La douche froide. »

Le lait, de la ferme au fromage

Le lait est collecté par la coopérative Coopal, puis valorisé dans le cadre d'un contrat avec Terra Lacta et la Laiterie du Velay. « Une partie est transformée en fromage et une partie en lait de consommation, en non-OGM », précise l’agriculteur.

Une certitude demeure, son attachement aux vaches laitières ne s'est jamais démenti. Damien ne se verrait pas élever des allaitantes. « S'il fallait que je change, je changerais de métier ! »

Redressement judiciaire et sécheresse

Si la passion reste intacte, la conjoncture est plus difficile. L'exploitation traverse actuellement une période de redressement judiciaire. « L'idée, c'est de régler ce que l'on doit, puis de sauvegarder ce que l'on a repris », explique Damien. À terme, il espère rénover le bâtiment des laitières, datant de 1980. « C'est le gros point noir, surtout les logettes et les tables d'alimentation. »

Côté climat, l'exploitation résiste pour l'instant. « On prend dans le stock de l'année dernière, on n'a pas touché celui de cette année. » Mais l'éleveur s'inquiète de l'avenir de l'agriculture dans le secteur. « Si la météo continue ainsi, je pense que ça va finir de se désertifier. Ça va faire le tri. »

Un engagement syndical venu avec le temps

Non adhérent la première année de son installation, l’Issertois a rejoint les Jeunes Agriculteurs du Puy-de-Dôme, entraîné par ses camarades d'école. « Les syndicats, au départ, je ne les regardais pas du tout. Aujourd'hui, je me dis qu'il y a certaines choses que l'on n'aurait peut-être pas eues sans eux », comme la DJA, selon lui.

Aujourd'hui membre du conseil d'administration départemental, il retient surtout la dimension humaine de son engagement : « Ça permet de rencontrer du monde, d'échanger sur les pratiques. Ça fait sortir de l'exploitation. »

Côté personnel, Damien a troqué le football, devenu incompatible avec les astreintes de l'élevage, pour la chasse. « C'est un moyen de me vider la tête », confie-t-il.

Albane Dupin

« L'idée, c'est de régler ce que l'on doit, puis de sauvegarder ce que l'on a repris ».

« Adhérer à JA 63 cela permet de rencontrer du monde, d'échanger sur les pratiques »

Rédaction Réussir

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