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Dakar, Marion, déesse de la piste ?

Vingt ans après son père, la Murataise Marion Andrieu participera au Dakar 2025, en course, à bord d’un camion d’assistance rapide. Une surprise de dernière minute mais un joli cadeau de Noël.

Portrait de Marion Andrieu
Pour Marion Andrieu, la compétition se poursuit en camion sur la piste du Dakar.
© Marion Andrieu

Elle attendait ça depuis des années ! Et encore, ce qui, pour certains, serait déjà beaucoup, pour elle n’est pas encore le graal pour la course de légende, du mythe du rallye-raid. Avant de prendre le volant d’une voiture, ce qui constitue toujours son objectif suprême, Marion Andrieu sera sur la grille de départ du prochain Dakar comme co-pilote d’un camion d’assistance rapide. Il s’agit du Daf numéro 623, de 1 000 chevaux, mais bridé à 125 km/heure en T5-2, piloté par Alexandre Lameray avec, dans la cabine également, Fabien Lacaplan comme mécanicien. Le rôle dans la course est de porter assistance à une quinzaine de voitures de différents teams.  C’est une course dans la course, celle d’un saint-bernard portant secours tout en jouant les chronos de sa catégorie. 


Au four et au moulin


Le challenge pour la Cantalienne sera de tracer la meilleure trajectoire pour déjouer les innombrables pièges du désert saoudien et localiser les autres véhicules. Une mission pour laquelle elle se prépare avec les stages de mécanique, de lecture GPS et tout en affinant sa préparation physique notamment auprès de son ostéopathe Alexis Grenet. Ça va secouer très fort durant des heures au cours des deux semaines de compétition. Et tout le monde compte sur les pièces entreposées à bord du camion, plus de deux tonnes, pour subvenir aux nombreuses avaries. 
Marion devra en même temps gérer la navigation et les stocks de pièces, être au four et au moulin pour être au rendez-vous. Il faudra également connaître les limites du camion avec une conduite très spéciale et des points de franchissement possibles ou non. Il sera primordial de connaître ces paramètres pour ne pas se mettre soi-même dans la galère.  

“En camion, tout le monde me dit que ça secoue pas mal ! Alors, je me prépare au mieux alors que l’annonce de ma participation est toute récente.”  


Maître du temps


La pression, Marion Andrieu l’aborde avec la petite touche d’appréhension qui cale la détermination et la volonté de conduire les choses jusqu’au bout. Elle sait pouvoir compter sur sa passion et  son expérience depuis de nombreuses années. Co-pilote puis pilote depuis 2008, elle est devenue vice-championne de France en 2015 et championne de France l’année suivante en catégorie 4x4. Depuis, elle enchaîne les épreuves du calendrier national, mais également celles du championnat du Monde comme la Baja Aragon en Espagne, ou le rallye du Maroc. On la voit aussi sur des courses en Angleterre ou sur le rallye des Gazelles avec des pilotes anglais ou espagnols. On lui reconnaît des qualités de stratège pour mener son véhicule vers le haut des classements. Elle est douée pour l’organisation et depuis quatre ans, elle mène les journalistes sur le parcours du Dakar désormais installé en Arabie Saoudite. C’est une forme de pied à l’étrier pour, un jour, être derrière le volant sur le Dakar. En intégrant le team Normandie Race Solution sur l’un des deux camions d’assistance, elle franchit un pas supplémentaire. “Je ne m’attendais pas du tout à cette proposition qui est une preuve de confiance de la part d’Alexandre Lameray, un ami de mon père avec lequel il avait participé au Dakar il y a 20 ans”, confie la Murataise, responsable marketing chez Trans-Services. 


Filiation   

 
À 34 ans, Marion Andrieu réalise un rêve nourri depuis l’enfance aux côtés de son père, Philippe. Pour elle, le Dakar a débuté comme spectatrice sur le bord de la piste des prologues en France, à la Souterraine dans la Creuse, à la grande halle d’Auvergne à Clermont-Ferrand, au domaine de Château Lastours. C’était aussi les comptes-rendus de la course chaque soir devant la télévision. C’était de voir son père prendre part à la course à trois reprises, lui qui lui a montré la voie toutes ces années (voir encadré). Il y avait alors l’envie encore plus farouche de suivre sa trace comme cela fut le cas en championnat de France tout-terrain. “Je lui dois beaucoup pour tout ça et je veux être à la hauteur, fait part Marion. Je vais sur ce Dakar avec mon expérience et ma capacité à m’adapter, me débrouiller. En camion, au milieu des immenses dunes cathédrales, cela risque d’être très impressionnant même si je suis difficilement émotive.” 
Marion Andrieu décollera le 28 décembre de Paris pour rejoindre la ligne de départ de la course prévue du 3 au 17 janvier pour 7 500 km dont 5 000 de spéciales. En attendant d’autres opportunités...
Chef d’atelier chez Trans-Services Adrien Imbert sera lui aussi sur le Dakar pour prendre soin des véhicules de l’organisation ASO. 

Trajectoires croisées, la trace du père

Avec sa fille sur le Dakar, de surcroit dans un camion, Philippe Andrieu voit défiler les souvenirs de ses propres participations. C’était en 2002, 2003 et 2004 avant que la course ne puisse plus emprunter les pistes africaines pour cause de menaces terroristes. Presque par hasard, il est amené à remplacer le chauffeur du camion d’assistance du pilote américain Ron Bailey, vedette des courses off-road outre-Atlantique. “Je devais gérer la préparation du camion, et à Murat, lors d’une présentation, 
il m’a demandé de prendre le volant. J’ai eu à peine le temps de faire mon sac”, sourit 20 ans plus tard le patron de Trans-Services. Durant ces trois participations, il a su faire preuve de son sens du pilotage et mettre à profit toute la capacité de son engin. “Après m’être planté, j’ai vite compris ce qu’il fallait faire pour sortir du sable, et ne pas se coucher, rappelle-t-il. C’est physiquement éprouvant en concentration sans beaucoup de sommeil mais c’est une formidable aventure humaine.” 
Philippe Andrieu conduit et met aussi son esprit terrien, loin des calculs d’ingénieurs, pour dépanner sur la piste et dans les paddocks où il se forge de fidèles amitiés. On ne se lasse pas de l’écouter rappelant le remorquage d’un autre camion de nuit au milieu des dunes, les pneus de secours qui tombent sur la piste et obligent à faire demi-tour,... ou encore, les rares moments de détente agrémentés d’un bon casse-croûte auvergnat.  

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