À Cressanges, les JA 03 interpellent le préfet
À Cressanges, mardi 7 juillet, sous un soleil de plomb, les Jeunes Agriculteurs (JA) de l’Allier ont organisé une visite d’exploitation. Afin d'échanger avec le préfet de l’Allier, cette rencontre a réuni les acteurs du territoire autour des problématiques agricoles les plus pressantes. Malgré l’épuisement lié aux nuits de travail imposées par la canicule, de nombreux agriculteurs étaient présents.
À Cressanges, mardi 7 juillet, sous un soleil de plomb, les Jeunes Agriculteurs (JA) de l’Allier ont organisé une visite d’exploitation. Afin d'échanger avec le préfet de l’Allier, cette rencontre a réuni les acteurs du territoire autour des problématiques agricoles les plus pressantes. Malgré l’épuisement lié aux nuits de travail imposées par la canicule, de nombreux agriculteurs étaient présents.
Un dialogue sur le terrain
Il s’agissait de la première rencontre avec le préfet de l’Allier pour Ludivine Lot, depuis son élection à la présidence des JA de l’Allier.
« Il était important d’échanger avec le préfet de l’Allier, sur une exploitation, dans ce contexte de sécheresse », a-t-elle expliqué. « Il est important d’arriver à dialoguer et à travailler ensemble pour faire avancer les choses. »
Interrogée sur les désaccords potentiels avec le préfet, elle a répondu avec pragmatisme : « il y a toute la partie où il peut nous dire que nos envies ou nos ambitions vont à l’encontre de certaines autres personnes de la société. Je peux l’entendre. Malgré tout, on est là pour nourrir la population, c’est un enjeu de souveraineté alimentaire. Il nous faut expliquer et communiquer correctement là-dessus, et on aura besoin de l’aide de l’État ».
Le renouvellement des générations en trois volets
Ludivine Lot développe trois parties importantes pour le renouvellement des générations : la partie économique, la communication, et la formation.
Sur l’économie d’abord : « on a besoin de visibilité économique. Le fait que l’État parle de souveraineté alimentaire, on espère que ça aboutira là-dessus ».
La communication ensuite : « vu le nombre de départs en retraite qu’on a sur les dix prochaines années, nous devons chercher des jeunes non issus du milieu agricole. Et une grande partie seront des femmes aussi, donc on a tout un pôle féminisation à avoir ».
Enfin, la formation : « on ne nous forme pas suffisamment sur la partie entrepreneuriale de notre métier. Les lycées agricoles ont besoin de moyens aussi pour arriver à faire ça ».
Sécheresse et adaptation climatique : urgence et anticipation
La sécheresse précoce a monopolisé les sujets de discussion lors de cette rencontre.
Christophe Jardoux, président de la Chambre d’agriculture de l’Allier, décrit la situation avec gravité : « la sécheresse a débuté avec un mois d’avril sec et froid qui a limité la pousse des végétaux. Puis, première canicule mi-mai, deuxième en juin, on en est à la quatrième vague. Forcément, notre territoire est transformé en paillasson, s’accompagnant bien sûr des feux ».
Ludivine Lot abonde avec réalisme : « rendements bas, les feux qui ont engendré des pertes, moral des troupes qui baisse : il faut une réponse urgente notamment de la partie assurance. Mais les plus grandes décisions se prendront au calme, il faut qu’on ait un plan d’attaque sur le long terme ».
Gestion de l’eau : sobriété et solutions innovantes
Le préfet de l’Allier, Christophe Noël du Payrat, précise son rôle dans ce contexte difficile : « sur la sécheresse, je suis amené à prendre des arrêtés préfectoraux pour préserver un débit minimal sur un certain nombre de cours d’eau et donc limiter certains usages et organiser le partage de la ressource en eau avec comme priorité fondamentale l’eau potable. Il y a un certain nombre de travaux si on veut travailler sur le moyen terme autour de petites retenues. C’est un sujet qui a été évoqué, qui est une des priorités pour les agriculteurs, et donc travailler sur la sobriété dans les usages de l’eau ».
Christophe Jardoux développe cette idée : « la gestion de l’eau, il faut en parler en même temps que la sobriété, mais il faut aussi parler de stockage de l’eau. Il faut retenir l’eau quand elle coule en abondance pour la redistribuer en été pour l’irrigation, l’abreuvement des animaux, et aussi aider les pompiers pour les incendies, sécuriser des surfaces fourragères. En France, on stocke moins de 10 % de l’eau qui tombe. En Espagne, on est à 50 % ».
Ludivine Lot ajoute sur les retenues d’eau partagées : « des projets de retenue d’eau collective, c’est intelligent. Nous, quand ça brûle, on a intérêt à ce que le feu s’éteigne vite. Que les pompiers puissent y avoir accès, tant mieux ».
Témoignage poignant d’une agricultrice
Magali Jardiot, exploitante du Petit Bout, à Cressanges (GAEC Jardiot, polyculture-élevage), a livré un témoignage marquant : « tout est grillé. Un vrai désert, et ceci depuis des semaines ». Elle a détaillé les coûts financiers, les problèmes d’approvisionnement en fourrages et en eau, ainsi que les difficultés liées à la reproduction des bêtes.
« Pourquoi ne pas vendre des bêtes, me direz-vous ? Nous les gardons pour notre fils Louis, qui a décidé de s’installer. »
Transmission, renouvellement des générations afin de perdurer la production agricole française : il est plus que nécessaire que les partenaires travaillent et avancent ensemble.
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