Aller au contenu principal

Cooplim : Résilience et innovation au cœur de la filière pommes limousine

Allassac, 10 février 2026 – Réunis en assemblée générale, les 80 adhérents de la Coopérative Fruitière du Limousin (Cooplim) ont dressé un bilan de l’année 2025, marquée par des défis climatiques, économiques et une concurrence accrue. Grâce à un engagement collectif et une stratégie d’innovation, la coopérative a su maintenir une dynamique positive.

© up19

 

 

Françoise Besse, présidente sortante, a ouvert les débats en rappelant que 

"la force de Cooplim réside dans sa capacité à transformer les obstacles en opportunités, tout en restant fidèle à ses valeurs coopératives ».

 

Un contexte exigeant pour les producteurs de pommes

Les producteurs limousins, à l’instar de leurs confrères français, naviguent dans un environnement de plus en plus complexe. Les aléas climatiquesgel printanier, sécheresses estivales et épisodes de grêle – perturbent régulièrement les récoltes, tandis que la pression des ravageurs (pucerons, punaises) s’intensifie. Les restrictions réglementaires sur les produits phytosanitaires limitent les solutions disponibles.

À ces défis s’ajoutent la hausse des coûts de production (énergie, main-d’œuvre, intrants) et une concurrence internationale agressive, marquée par l’afflux de pommes industrielles importées à bas prix

Nos marges sont mises à rude épreuve par des accords commerciaux qui ne tiennent pas compte des réalités de notre filière », a déploré Françoise Besse.


2025 : une récolte « convenable » portée par l’effort collectif

Malgré ce tableau difficile, la récolte 2025 a été qualifiée de « convenable » par les équipes de Cooplim. La qualité des fruits a été au rendez-vous, même si les petits calibres ont été plus nombreux qu’à l’accoutumée. Ce résultat est le fruit d’un travail technique rigoureux en verger, mais aussi d’investissements stratégiques menés depuis une décennie :

  • Modernisation des outils de conditionnement : pré-calibrage, lignes d’emballage automatisées, installations frigorifiques performantes.
  • Solutions énergétiques durables : thermothérapie, énergie photovoltaïque, pour maîtriser les coûts et réduire l’empreinte carbone.
  • Commercialisation dynamique : consolidation des débouchés, création de nouveaux marchés, défense des prix face à un marché très concurrentiel.

Ces résultats, nous les devons à l’engagement de chacun, des producteurs aux équipes de la coopérative. C’est ensemble que nous avons su tirer le meilleur parti d’une année difficile », a insisté Françoise Besse.

Un exemple concret de cette dynamique collective est le projet « Pom’Joy », une boisson pétillante à base de pommes lancée il y a un an. Ce produit innovant a diversifié les débouchés et amélioré les performances économiques, prouvant que l’innovation peut rimer avec rentabilité.

 

Les priorités pour l’avenir : renouvellement, innovation et valorisation des terroirs

Pour garantir la pérennité de la coopérative et de ses adhérents, Cooplim a défini trois axes stratégiques :

  1. Renouvellement des vergers
    • Augmentation de la densité des arbres pour optimiser les rendements.
    • Développement de l’irrigation pour faire face aux sécheresses.
    • Accompagnement des jeunes producteurs (soutien technique et financier).
  2. Innovation et recherche
    • Collaboration avec d’autres organisations pour des projets mutualisés.
    • Amélioration de la nutrition des sols et de la résistance aux aléas climatiques.
    • Optimisation de la protection phytosanitaire et accélération de la mécanisation (robots, tracteurs autonomes).
  3. Valorisation des terroirs
    • Projet « Pomme d’Altitude » en partenariat avec les producteurs des Alpes.
    • Promotion de la Golden produite en altitude comme produit d’exception (AOP, IGP ou Label Rouge).
  • Nous voulons que les consommateurs sachent que la véritable Golden, goûteuse et juteuse, est celle qui est cultivée en altitude, dans les Alpes, en Savoie ou en Limousin », a déclaré Thierry Moisy, Président de l’ANPP.

Un engagement collectif au service des coopérateurs

Jean-Luc Soury, Président de la coopérative fruitière Limdor, a rappelé que 

l’esprit coopératif est notre force. Travailler ensemble, partager les contraintes comme les réussites, et construire des solutions collectives plutôt que de rester isolés : voici ce qui fait notre différence ».

Notre coopérative doit rester un outil solide, au service de ses adhérents, capable de créer de la valeur et de sécuriser nos exploitations sur le long terme », a-t-il résumé.


Un départ émouvant et symbolique

En clôture de l’assemblée générale, Françoise Besse a annoncé son départ à la retraite, marquant la fin d’une ère pour Cooplim. 

J’ai eu la chance de rencontrer des gens formidables et passionnés au sein de cette coopérative. Je quitte mes fonctions avec une immense fierté pour le travail accompli ensemble, et avec la certitude que Cooplim poursuivra son développement avec la même énergie et les mêmes valeurs », a-t-elle déclaré, visiblement émue.

Son successeur héritera d’une coopérative résiliente, innovante et tournée vers l’avenir, prête à relever les défis de demain.

Les plus lus

Mickaël Vignal, au centre, a investi dans une centrale photovoltaïque de 36 kWc dont une partie de la production est autoconsommée.
Avec la baisse des tarifs de rachat d'électricité, l’autoconsommation est-elle devenue rentable ? 

À Sugères, Mickaël Vignal, éleveur laitier, a investi dans l'énergie solaire pour réduire sa facture d’électricité de 28…

Un nouveau kit d’introduction dérogatoire a été mis en place par le GDS. Il concerne les lots d’au moins 10 bovins âgés de moins de 24 mois, destinés uniquement à la boucherie ou à l’export.
Au 1er avril 2026 : les règles d'introduction des bovins évoluent

Les règles d’introduction des bovins en Haute-Loire évoluent le 1er avril 2026 afin de mieux concilier sécurité…

portrait de Domniqué Chargé, président de La Coopérative Agricole.
Dominique Chargé voit les coopératives “prêtes à reconstruire de la souveraineté”

Dans un pays aux 2 100 coopératives et où trois agriculteurs sur quatre sont adhérents, le chef de l’organisation faîtière des…

tank à lait avec des gens
Surproduction laitière : « L’enjeu est de faire la marche arrière la plus basse possible sur les prix »

Florent Kaplon, président du CRIEL et directeur amont des fromageries Dischamps analyse la conjoncture laitière et apporte un…

Le Cantal est le département de la région où la collecte laitière a le plus progressé fin 2025.
Lait de vache : Pourquoi la collecte laitière augmente ?

Depuis la fin de l'année, la production laitière a fortement augmenté à la faveur d'un automne clément et de fourrages…

De gauche à droite : Pierre Prallon, JA 43, Lionel Guy, président de la section lait de la FDSEA 43, Éric Richard, administrateur de la FNPL et vice-président  section lait de la FDSEA 43, Ludovic Blin, vice-président de la FNPL, J-Paul Peyral, administrateur FNPL et Géraud Bruel, président de la section lait du Cantal.
Tournée régionale FNPL : les éleveurs paient l’addition d’un manque d’anticipation industriel dans la crise laitière

En 2026, les éleveurs laitiers français paient le prix fort d’un manque d’anticipation industriel. C'est l'analyse portée par…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 100€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Réussir lait
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière Réussir lait
Consultez les revues Réussir lait au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière laitière