Contrôles de provenance à Donzenac – la FDSEA et les Jeunes Agriculteurs de la Corrèze dénoncent une concurrence déloyale qui fragilise l’élevage français
À l’appel de la FDSEA et des Jeunes Agriculteurs (JA) de la Corrèze, une trentaine d’éleveurs se sont mobilisés mercredi 20 mai en soirée, au niveau de la zone logistique de l’Escudier à Donzenac, en bordure de l’A20, pour mener une opération de contrôle de provenance sur des camions frigorifiques transportant des denrées alimentaires.
À l’appel de la FDSEA et des Jeunes Agriculteurs (JA) de la Corrèze, une trentaine d’éleveurs se sont mobilisés mercredi 20 mai en soirée, au niveau de la zone logistique de l’Escudier à Donzenac, en bordure de l’A20, pour mener une opération de contrôle de provenance sur des camions frigorifiques transportant des denrées alimentaires.
Objectif clairement assumé : vérifier l’origine des produits qui transitent sur le territoire et dénoncer une situation devenue intenable pour les producteurs français.
Nous voulons montrer concrètement ce qui entre sur notre territoire et alerter sur les incohérences auxquelles sont confrontés les agriculteurs français au quotidien »,
explique Dominique Delmond, président cantonal de Donzenacau sein de la FDSEA de la Corrèze.
Une mobilisation qui intervient dans un contexte de fortes tensions agricoles.
Subir des normes toujours plus nombreuses, répondre à des exigences toujours plus élevées et voir, dans le même temps, arriver sur le marché des produits importés qui ne respectent pas les mêmes règles est devenu insupportable »,
dénonce Christophe Dos Santos, secrétaire général adjoint de la FDSEA de la Corrèze.
Menée dans une ambiance calme et maîtrisée, l’opération a permis le contrôle d’une douzaine de camions. Les chauffeurs ont fait preuve de coopération, permettant aux agriculteurs de procéder aux vérifications dans de bonnes conditions et dans un climat respectueux.
Vérifier l’origine pour dénoncer le double discours
Cette action syndicale intervient alors que les agriculteurs français font face à une augmentation constante de leurs coûts de production, à des exigences réglementaires toujours plus nombreuses et à une rémunération qui ne suit plus les efforts demandés.
Aujourd’hui, nous sommes là pour vérifier l’origine des produits qui transitent sur notre département. Les agriculteurs français ne peuvent plus accepter une concurrence déloyale imposée par des produits importés qui ne respectent pas les mêmes normes, les mêmes contraintes et les mêmes exigences que celles imposées à nos exploitations », explique Emmanuel Lissajoux, président de la FDSEA de la Corrèze.
Au fil des contrôles, plusieurs situations ont retenu l’attention des agriculteurs :
de la viande d’agneau commercialisée sous le label « Les Bergers de la qualité » du groupe Bigard, avec une mention indiquant un produit né, élevé et abattu au Royaume-Uni !
Une découverte qui a suscité l’incompréhension et la colère des éleveurs présents.
C’est honteux d’importer de l’agneau alors que nous sommes capables d’en produire en France. Sur le plateau de Millevaches, nous avons des éleveurs qui savent produire de l’agneau de qualité. Mais dans le même temps, certains baissent les bras face aux attaques répétées du loup. On laisse nos brebis se faire massacrer et pendant ce temps-là on importe de l’agneau hors de nos frontières », déclare Emmanuel Lissajoux.
Et de poursuivre :
« Soit on veut maintenir des éleveurs en France et on les accompagne, soit on ouvre grand la porte aux importations. »
Des interrogations sur la traçabilité de certains produits
Les contrôles ont également permis d’identifier un lot de viande non étiqueté, sur lequel des analyses en laboratoirepourraient être engagées. D’autres marchandises d’origine européenne ont également été relevées.
Pour Rémy Bourdoux, président des Jeunes Agriculteurs de la Corrèze, cette situation illustre les contradictionsauxquelles le monde agricole est confronté :
On nous parle de souveraineté alimentaire mais, dans le même temps, on bloque des projets de production chez nous et on importe des produits venus d’ailleurs. Ce qui est décourageant pour les agriculteurs, c’est ce sentiment de ne pas jouer avec les mêmes règles ».
Et d’ajouter :
« En France, nous sommes soumis à des contrôles extrêmement exigeants. Les consommateurs doivent pouvoir savoir ce qu’ils achètent et dans quelles conditions cela a été produit. »
Une mobilisation coordonnée à l’échelle du Limousin
En parallèle de l’action menée en Corrèze, la FDSEA et les Jeunes Agriculteurs de la Haute-Vienne se sont également mobilisés sur plusieurs plateformes logistiques aux abords de Limoges. Ces contrôles de provenance ont, eux aussi, permis de mettre en évidence plusieurs anomalies et situations soulevant des interrogations quant à l’origine et à la conformité des produits contrôlés.
À travers cette mobilisation, la FDSEA et les JA de la Corrèze réaffirment une revendication simple : appliquer les mêmes règles à tous les produits mis sur le marché.
Pour les responsables syndicaux, il ne peut y avoir d’avenir pour l’agriculture française sans cohérence entre les discours politiques sur la souveraineté alimentaire et les réalités économiques imposées aux producteurs.