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Sécurité
Contre les vols et les dégradations, agriculteurs et gendarmes renforcent leur collaboration

Les vols et dégradations dans les exploitations agricoles ne connaissent pas de répit. Les gendarmes appellent les agriculteurs à rester calmes et à renforcer leur collaboration.

réunion gendarmes agriculteurs
Ce lundi, la FNSEA 63 et JA 63 ont organisé à Saint-Ignat une rencontre entre les agriculteurs et un officier de la gendarmerie, en présence de la sous-préfète de Riom.
© Mélodie Comte

Les exploitations agricoles seraient-elles devenues une cible de choix pour les vandales ? Vols de carburant et de petits outillages, d'animaux, de câbles, de GPS, voire de tracteur, sans compter les intrusions ou encore les incendies volontaires, le nombre d'actes de malveillance dans les fermes puydomoises ne cesse de croître. La plaine de la Limagne est particulièrement touchée en raison de sa proximité avec les centres urbains et la facilité d'accès. Au-delà du préjudice économique que représentent ces actes, les agriculteurs craignent devant l'ampleur des faits et leur récurrence, d'être rejetés par les assureurs.

Vol de tracteur, de câbles, d'animaux, incendie et dégradations se multiplient dans les exploitations agricoles

« À force, ça va mal finir ! » Menace ou prédiction de mauvaise augure, la phrase tombe comme un couperet sous le hangar de cette ferme de Saint-Ignat. Une trentaine d'agriculteurs des environs se sont déplacés pour rencontrer l'Adjudant-Chef Hiegel, référent sûreté de la Gendarmerie, et Pascale Rodrigo, sous-préfète de Riom. La journée coorganisée par la FNSEA 63 et JA 63 se voulait préventive. Elle a pris des airs de bureau des doléances.

Parmi l'assemblée, plus d'une dizaine d'agriculteurs se disent avoir déjà été victimes de vols et dégradations, de façon ponctuelle ou récurrente, sur le siège de leur exploitation comme dans les champs. Les préjudices sont divers et variés et plus ou moins lourds. Une agricultrice témoigne avoir subi : « vol de tracteur, incendies à de multiples reprises de paille et bâtiments, dégradations et vols sur un distributeur de viande, dégradation d'un tracteur il n'y a pas longtemps ». Un autre s'est fait voler oies et poules tandis que son voisin observe impuissant ses champs se transformer en déchetterie sauvage.

Les témoignages s'enchaînent et les agriculteurs ne cachent pas leur frustration et leur colère. Parmi eux, aucun n'a vu le ou les coupables êtres mis en tord. « Radariser les routes est plus rentable que d'attraper des gens qui ne sont pas solvables! » peut-on entendre.

A lire aussi : Puy-de-Dôme : quelle délinquance en zone rurale ?

Face à eux, l'Adjudant-Chef Hiegel encaisse. Pendant deux heures, le militaire dialogue avec les agriculteurs. « Nous ne sommes pas assez nombreux pour remédier à tout. Les terrains à couvrir sont très vastes. Autrefois, les gendarmes s'occupaient de leurs communes. Maintenant, ils travaillent à l'échelle d'un ou plusieurs cantons » explique-t-il. La sous-préfète de Riom, Pascale Rodrigo appuie. « On ne peut pas mettre un gendarme derrière chaque personne. »

Relais d'information et sécurisation des exploitations, les solutions contre les vols

La sécurisation des exploitations agricoles est la première des solutions pour se prémunir des vols et autres actes de malveillance (voir encadré ci-dessous). « Il est possible d'installer de la vidéosurveillance mais attention les images seront valables juridiquement à la seule condition que la caméra ne filme pas la voie publique » prévient le gendarme. L'installation d'une alarme et de détecteurs de présence à l'entrée des bâtiments est aussi recommandée. « Le Puy-de-Dôme compte deux référents de sûreté*. Nous nous déplaçons gratuitement dans les exploitations pour vous donner des conseils adaptés à votre situation. »

Et il y a aussi et surtout les liens. L'Adjudant-Chef encourage les agriculteurs à se rapprocher des gendarmes de leurs secteurs respectifs voire à « solliciter le commandant de brigade pour faire visiter votre exploitation ». Par-dessus tout, chaque acte de malveillance doit faire l'objet d'une déclaration ou d'un dépôt de plainte auprès de la gendarmerie. « Un fait qui n'est pas signalé est un fait qui n'existe pas » explique Pascale Rodrigo. Le dépôt de plainte, même s'il n'aboutit pas, vient alimenter les statistiques de la délinquance sur le secteur concerné. « Elles permettent de maintenir et justifier les effectifs de militaires. » Il est également recommandé de donner le plus de précisions possible sur le matériel volé (facture, numéro de série, photos…) afin qu'il soit restitué en cas d'arrestation des coupables.

A lire aussi : Vols, cambriolages, escroqueries, homicides : les chiffres 2024 dans le Puy-de-Dôme

Puis, il existe aussi des plateformes d'informations. « La Chambre de Commerce de Clermont-Ferrand a mis en place ce système pour les commerçants. En cas de comportements suspects observés ou même de vols dans un commerce, tous les adhérents du système sont informés par SMS. Cela éveille la vigilance. Il est tout à fait possible d'envisager la même chose entre agriculteurs» soumet l'Adjudant-Chef. Le dispositif Participation Citoyenne auquel peuvent adhérer les communes a également fait ses preuves.

Mélodie Comte

*Les coordonnées sont disponibles auprès de Marilyse Savajol à la FNSEA 63

« Un fait qui n'est pas signalé et un fait qui n'existe pas » Pascale Rodrigo, sous-préfète de Riom

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