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Comment valoriser ses haies pour économiser la paille ?

La disponibilité en paille cette année risque de faire défaut. Il est encore temps pour les éleveurs d'envisager la litière plaquette comme substitut et/ou complément. 

Serge Séverin et Sébastien Néme (GAEC des Gringos, Condat-en-Combrailles) utilisent les plaquettes de bois en sous-couche de leur aire paillée. Cette pratique leur permet d'économiser près de 90 tonnes de paille par an.
Serge Séverin et Sébastien Néme (GAEC des Gringos, Condat-en-Combrailles) utilisent les plaquettes de bois en sous-couche de leur aire paillée. Cette pratique leur permet d'économiser près de 90 tonnes de paille par an.
© CA63

Avec les épisodes de sécheresse qui se multiplient, la disponibilité en paille devient plus incertaine. Cette année encore, les faibles rendements observés dans certaines zones pourraient entraîner des tensions sur l'approvisionnement et une hausse des prix. Dans ce contexte, valoriser le bois présent sur son exploitation pour produire des plaquettes de litière constitue une piste à étudier. Une solution qui permet non seulement de réduire sa dépendance à la paille, mais aussi de mieux gérer et valoriser les haies, bosquets et autres ressources boisées de l'exploitation.

Broyé puis séché, ce bois peut être utilisé en litière, seul ou en sous-couche sous la paille. Une solution qui permet de valoriser une ressource souvent peu exploitée tout en limitant les achats de paille.

Comment faire de la plaquette liitère pour remplacer la paille ?

Au GAEC des Gringos, à Condat-en-Combrailles, Serge Séverin et Sébastien Néme utilisent les plaquettes de bois en sous-couche sur leur aire paillée. Avec une épaisseur de 10 à 12 cm, leur consommation de paille est passée de 12 à 8 kg par vache et par jour. Sur une année, cela représente 87 tonnes de paille économisées, soit près de 5 600 € d'économies (base du prix de la paille en 2022).

Au-delà de l'aspect économique, les retours d'expérience des éleveurs sont encourageants. Les animaux s'adaptent très bien à ce type de litière, qui reste stable au piétinement et contribue à maintenir les aires de couchage propres. Les essais menés montrent que le fumier obtenu conserve une bonne valeur agronomique, a un PH basique et que la dégradabilité au champ ne perturbe pas l'exploitation des prairies ou des cultures suivantes : ensilage, enrubannage, foin ou pâture.

Cette solution ne s'adresse pas uniquement aux exploitations possédant de grandes surfaces boisées. Même avec un volume limité de plaquettes, leur utilisation sur les zones les plus sollicitées — derrière les marches, autour des abreuvoirs ou des râteliers — permet déjà de réduire la consommation de paille.

Quelques précautions sont toutefois indispensables. Les plaquettes doivent être produites à partir d'un chantier organisé et propre (pas de terre), puis séchées en dôme 3 mois afin d'obtenir un taux d'humidité inférieur à 25 %, garant d'une bonne efficacité.

La litière plaquette, un substitut à la paille éprouvé

Utilisées depuis plusieurs années par certains éleveurs, les plaquettes de bois connaissent aujourd'hui un regain d'intérêt face aux enjeux d'autonomie des exploitations et d'adaptation au changement climatique.

Pour accompagner cette dynamique, la Chambre d'agriculture du Puy-de-Dôme suit ces pratiques, travaille à l’organisation de chantiers groupés avec des acteurs locaux depuis plusieurs années et participe à différents projets d'expérimentation et de recherche-développement. Ces travaux permettent aujourd'hui de disposer de références techniques solides pour conseiller les exploitations souhaitant valoriser leurs ressources boisées.

Vous vous interrogez sur le potentiel des ressources boisées de votre exploitation ? Vous souhaitez échanger sur la mise en œuvre de cette pratique ou obtenir des retours d'expérience d'éleveurs qui l'utilisent déjà ?

Les conseillers de la Chambre d'agriculture sont à votre disposition pour répondre à vos questions et vous accompagner dans votre réflexion.

Chambre d'agriculture du Puy-de-Dôme

Contact : Thierry Roche – Conseiller modernisation des exploitations agricoles et forestières – 04 73 44 45 73 / 06 02 05 63 35.

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