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Chambre régionale d’agriculture
Comment produire plus dans des conditions écologiques ?

L’agriculture et la forêt vont contribuer à la production de nouvelles énergies. Tout comme, il y a cinquante ans, avec le défi alimentaire, il en va de la survie

Pour Henry-Hervé Bichat, le défi énergétique va nécessiter des efforts en matière de recherche et d’innovation considérables.
Pour Henry-Hervé Bichat, le défi énergétique va nécessiter des efforts en matière de recherche et d’innovation considérables.
© Auvergne Agricole
«I l y a dix ans, nous n’aurions pas eu un tel débat». La réflexion de Jean-Pierre Olagnol, agriculteur à Ally, en Haute-Loire est sans appel. Effectivement, il y a dix ans, aurait-on imaginé qu’un jour le thème des énergies renouvelables puisse faire l’objet d’une session de chambre régionale d’agriculture? Pourtant, il y a dix ans, l’urgence écologique était déjà bien présente… Preuve que les temps changent. Comme bon nombre de leurs concitoyens, les agriculteurs ont pris la mesure du défi à relever, pas forcément pour eux, mais pour les générations futures. «Nous sommes face à des problèmes difficiles et nouveaux qui posent la question de l’équilibre de la population mondiale par rapport aux ressources naturelles», a expliqué l’ingénieur du génie rural Henry-Hervé Bichat.
Au rythme actuel de consommation, d’ici 40 à 50 ans, les ressources en pétrole pourraient se tarir, d’ici 60 à 70 ans ce serait au tour du gaz, puis à l’horizon d’un siècle celle de l’uranium. Devenant rares, les énergies fossiles voient leur prix flamber. Leur utilisation engendre des problèmes de pollution sans précédent, qui font s’emballer l’effet de serre.

« Doubler la production de biomasse »
Quand l’ADEME (agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie) lance le slogan « faisons vite ça chauffe ! », ce n’est pas pour le simple plaisir de communiquer, mais bien parce qu’il y a urgence. Si chacun peut contribuer à son humble niveau à faire un geste, les agriculteurs eux semblent être aux premières loges, dans la mesure où, d’une part, ils peuvent veiller eux aussi aux économies, mais aussi parce qu’ils sont en mesure de générer de nouvelles ressources d’énergie.
« Il faut arriver d’ici cinquante ans, à doubler la production de biomasse pour satisfaire les besoins alimentaires et énergétiques. L’agriculture et la sylviculture productives, sobres et diversifiées sont probablement, avec les économies d’énergie, les premiers, les moins chers, et les plus efficients des remparts contre le changement climatique et son risque d’emballement », a souligné Henry-Hervé Bichat. Le défi tient selon lui en une formule : «produire intensivement dans des conditions écologiques ». Le développement des biotechnologies est, pour l’ingénieur, le préalable indispensable (voir ci-dessous).
En attendant les plantes moins gourmandes en eau et les semences aptes à se développer sans insecticides, ici et là, des initiatives se développent. « Travailler en CUMA c’est déjà contribuer aux économies d’énergie », a estimé Jean-Pierre Olagnol.


Rappeler des choses simples
Des référentiels en terme d’économie d’énergie sur les exploitations sont en cours d’élaboration. Le département de l’Allier, à travers la FDCuma, expérimente l’utilisation de l’huile végétale pure, avec cinq chaudières. Le Puy-de-Dôme a mené des initiatives dans le domaine du bois énergie, et la Haute-Loire dans le domaine laitier (récupération de chaleur dans les laiteries). Toutes ses expériences ne doivent pas faire oublier que les économies d’énergie, ce sont parfois des gestes simples (orientation des toitures des bâtiments plein sud…), car comme l’a précisé Jean-Pierre Olagnol, « il ne faut pas non plus que les économies d’énergie fassent exploser les investissements». Tout est une question de mesure…

Ils ont dit...

- Henry-Hervé Bichat : D’après l’ingénieur général honoraire du génie rural des eaux et des forêts et président d’Europol’Agro : «Monsieur José Bové doit être véritablement considéré comme un criminel. Il porte une immense responsabilité quant à l’avenir de nos enfants et de nos petits enfants. C’est le grand-père qui parle. Quel avenir pour notre descendance qui mangera des produits sous licence chinoise ? Car tous les labos de biotechnologies s’en vont, en Chine mais aussi en Inde ou aux Etats Unis, et pas seulement ceux travaillant sur les plantes modifiées ».

- Jean-Luc Guitton
: Pour le directeur du CRPF (Centre régional de la propriété forestière d’Auvergne) : « 45 % des ménages se chauffent au bois en Auvergne. C’est deux fois plus qu’au niveau national».

 

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