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Matériel en commun
Colère face au retard des subventions

Des chiffres encourageants et une volonté d'aller de l'avant : voilà les mots qui ont rythmé le bilan de l'activité Cuma en Creuse à l'occasion de l'assemblée générale de la FDCuma.

La Fédération départementale des Coopératives d’utilisation du matériel agricole (FDCuma) a fait le point sur l’année écoulée mais aussi sur les projets à venir à l'occasion de son assemblée générale dans la salle de la mairie à Toulx-Sainte-Croix le 24 février dernier. Dans son allocution, Thierry Chazette, président de la Fédération des Cuma de la Creuse, a souligné la stabilisation du nombre de Cuma depuis quelques années, pour avoisiner aujourd’hui 120. La baisse des actifs agricoles les invite à se rapprocher d’autres existantes qui ne connaissent pas cette difficulté. Cependant, on note une bonne couverture du territoire départemental. En effet, tout agriculteur peut trouver une Cuma dans un rayon de moins de 10 kilomètres autour de son exploitation.

Et d'ajouter qu’aujourd’hui le nombre d’adhérents s’élève à 2 600, soit bien plus d’une exploitation sur deux. Ce rapport est en constante augmentation. Les adhérents sont plus jeunes que la moyenne des agriculteurs. Chaque Cuma compte environ 25 sociétaires. Ce sont vraiment des lieux de rencontres, d’échanges et de proximité.

Un nombre constant

Le chiffre d’affaires des Cuma poursuit son ascension grâce à des adhérents plus impliqués et des services plus complets pour atteindre 3,5 millions d’euros.

Les activités « fourrages » touchent les trois quarts des Cuma, c'est le premier pôle d’activité. Les travaux d’aménagement des exploitations arrivent ensuite. La manutention et le transport connaissent la plus forte progression.

En 2009, les Cuma ont investi pour 3,8 millions d’euros soit dans la moyenne haute après les fortes variations de 2007 et 2008. Ces investissements ont concerné plus d’une Cuma sur deux et 170 matériels. Ces investissements accompagnent l’innovation dans les pratiques agricoles.

Court terme de court terme

Malgré ce bilan plus qu'encourageant, un point délicat reste en suspend. Celui d'aides au financement attendues depuis près de 2 ans. Après validation des dossiers de subventions des Cuma par la DDT (Direction départementale des territoires), le conseil général, le conseil régional et l’ASP (Agence de services et de paiement) l’octroi de la subvention tarde à arriver sur les comptes. Cela oblige les trésoriers de Cuma à réaliser des courts termes auprès de leur banque mais aussi des courts termes de courts termes pour les dossiers d’investissements réalisés en 2008 qui ne sont pas encore régularisés. « Des courts termes pour payer des courts termes cela ne peut plus durer… Cela fait des frais en plus et vu l’état de trésorerie des éleveurs… », lance un trésorier de Cuma. Une autre personne de l’assemblée abonde dans le même sens : « Le même problème se pose pour les investissements réalisés en 2009. Va-t-il falloir que l’on réalise un court terme pour 2010 ? ».

Marc Lamontagne, président de la fédération régionale des Cuma, indique qu’une intervention a été réalisée au niveau régional. Mais il ne peut que regretter que « cela soit trop lent ». Il assure « qu’un point a été fait récemment avec l'ASP et que pour les dossiers 2008, 70 % des aides vont être versées dans les prochains jours et les 30 % restant ont été instruits et sont en phase de paiement ».

Aux côtés des jeunes

La FDCuma a souhaité tenir son assemblée générale fin février. Cela coïncide avec l’opération jeunes agriculteurs intitulée « Semaine du renouvellement des générations en agriculture » qui vise à la promotion de l’installation, de la transmission, donc du métier d’agriculteur. Thierry Chazette souligne que, depuis longtemps, la FDCuma s’est associée à cette démarche pour mettre des actions concrètes en place en direction des nouveaux installés.

Guy Darlet, président de la Cuma Tracto plus 89 et Alexandre Connois, jeune installé, sont venus témoigner devant l’assemblée de leurs expériences (voir encadré).

La Cuma Tracto plus 89 se raconte

Guy Darlet, président de la Cuma Tracto plus 89, et Alexandre Connois, jeune installé et adhérent à la CUMA.

Guy Darlet : «Nous avons créé la Cuma Tracto plus 89 en 1989, il y a bientôt 20 ans avec 4 autres agriculteurs pour le matériel de fenaison et de battage, mais au total nous sommes 19. Notre premier achat en commun était un tracteur. D’ailleurs, nous étions les premiers dans le département à prendre cette initiative. Notre but était d’apporter un service nécessaire à notre activité commune car nous sommes tous éleveurs de vaches allaitantes et nous produisons plus ou moins de céréales. Mais il s'agissait aussi de raisonner, tant en coût qu’en gestion du temps de travail, les chantiers de semis, de moisson ou de foin à l’échelle de la Cuma. Cela m’arrive d’aller faucher chez mes voisins… En 1994, nous avons créé un groupement d’employeur avec un salarié occasionnel. Puis en 2004, nous avons embauché un salarié permanent : Alexandre Connois qui était auparavant apprenti chez mon voisin."

Alexandre Connois : « Je me suis installé en décembre 2006 sur 70 ha puis rapidement je me suis agrandi et aujourd’hui j’exploite 120 ha. Je me suis rapproché de la Cuma pour pouvoir bénéficier à moindre coût de matériels performants. Je connaissais mes collègues car avant j’étais employé par la Cuma. Pour des jeunes qui arrivent dans le métier, entrer dans une Cuma permet de mieux s’intégrer ».

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