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Chien de troupeau, fidèle second

Les 3 et 4 août, les chiens de troupeau seront à l’honneur à Paulhac pour le concours inter-départemental amical organisé par l’Acuct. En attendant le... National en 2025.

de gauche a droite : les vaches, le chien et les maitres
Pour les membres de l’ACUCT, il serait difficile de se séparer du chien dans le travail quotidien. 
© b.parret

D'une voix déterminée et d’un son bref, Jacques Rouchez ordonne à Junior de se porter sur sa droite pour pousser les abondance vers lui. Dociles, connaissant bien le chien, les vaches obéis- sent tranquillement. Au passage du berger à quatre pattes un peu trop près, elles tentent une “léchouille” sans montrer un signe de crainte ou de nervosité. En quelques minutes, tout le monde est en marche pour se rapprocher de la cabane de traite. L’éleveur, lui, n’a pas bougé de son poste d’observation conduisant ainsi la manœuvre à distance. Tout juste sourit-il encore à l’efficacité du border collie d’une dizaine d’an- nées et propriété de son fils Nico- las. Celui de Jacques est parti près d’Arêches-Beaufort pour aider Lise, la dernière fille de la maison durant l’été dans les alpages à garder les troupeaux et à fabriquer du fromage. “L’an dernier, elle ne voulait pas de chien, avec la pente et les distances, cette fois elle a changé d’avis”, confie son père.

Soulager l’éleveur

À la ferme du Jarry de Paulhac, le chien de berger ou chien de travail sur troupeau tient toute sa place dans l’organisation de l’exploita- tion laitière. Avec Jacques Rouchez, l’histoire remonte à 1997. C’était peu de temps après la création de l’association Agriculteurs cantaliens utilisateurs du chien de troupeau (Acuct). Il fait aujourd’hui partie des piliers, des plus anciens, avec Dominique Goyon, de la commune de Ferrières-Saint- Mary. Il y avait aussi Marc Chabanier, par ailleurs responsable de l’exploitation agricole du lycée Louis-Mallet à Saint-Flour. “Je n’avais pas le choix en étant seul sur l’exploitation puisque Marie-Claire (son épouse) était à la fabrication du fromage, se rappelle Jacques Rouchez. J’ai donc acheté mon premier chien pour me soulager, ne pas courir partout pour sortir ou récupérer les 60 vaches tous les jours ou devoir mettre des ficelles partout pour fermer les routes et les chemins. Nous avons quatre îlots de prairies répartis sur 7 kilomètres. J’ai trouvé mon premier chien par une annonce dans le journal et je suis allé le chercher du côté d’Égletons en Corrèze.”

Jamais sans mon chien

C’était un border collie sans papiers. Jacques découvre l’Acuct lors d’une journée de présentation au lycée agricole de Saint-Flour. Il faut un minimum de formation pour avancer. “Certains achètent un chien pensant que cela va se faire tout seul, partage Dominique Goyon, actuel secrétaire de l’association. Je crois qu’il faut d’abord échanger, partager sur l’expérience des autres et puis trouver le chien qui nous correspond par rapport aux attentes de travail. C’est le premier intérêt des journées de rencontre et de formation que nous proposons avec la chambre d’agriculture du Cantal” (voir par ailleurs). Mais, comme pour d’autres propriétaires de chiens, à l’époque, Jacques Rouchez passe 

pour un “illuminé”, si ce n’est un rétrograde. Au choix. À l’heure de la mécanisation, des agrandisse- ments, de la modernisation, une génération d’agriculteurs a délaissé ce fidèle compagnon qui symbo- lisait un peu trop le passé. “Quand je dressais mon chien, on me narguait : il va à l’école ton chien, il est drôlement intelligent”, se remémorre aujourd’hui Thierry Dechambre, de Tanavelle. Il s’en amuse aujourd’hui quand il voit certains de ses voisins courir partout pour ramasser leurs bêtes. Aujourd’hui, nombre d’éleveurs reviennent sur leurs préjugés et se dotent d’un ou plusieurs chiens.

Efficacité, sécurité

“Dans le Cantal, le parcellaire et les pentes en région de montagne favorisent la présence compagnons”, explique Dominique Goyon. Ce que confirme Jacques Rouchez après toutes ces années de pratique. “C’est vrai que durant deux ans, cela demande du travail pour dresser le chien, reconnaît- il. Mais ensuite, c’est du temps de gagné, moins d’effort, moins de fatigue pour regrouper les animaux.” C’est aussi moins d’accidents sur les exploitations. Un nombre important de blessures se produit avec des chutes lors de déplacements de troupeaux dans les champs, avec de l’énervement, de la précipitation quand les animaux partent dans tous les sens. Il existe aussi les risques pour les passages sur les routes. D’ail- leurs, la MSA finance des formations pour les éleveurs souhaitant acquérir un chien. Il suffit d’observer Jacques Rouchez commander le sien en réduisant ses déplacements et dans un calme surprenant. “Les vaches connais- sent le chien, il travaille avec efficacité mais sans se mettre en colère comme nous pouvons le faire, a pu constater l’éleveur de Paulhac. Les vaches le sentent, elles sont plus calmes elles aussi. C’est pour toutes ces raisons qu’avec l’association, je fais la promotion du chien de travail. Il n’est pas facile de se lancer, de ne pas se décourager alors, compte tenu des résultats, nous sommes contents de donner un coup de main en partageant notre expérience.” Jacques Rouchez en a suffisamment depuis près de 30 années également ponctuées par la participation aux concours départe- mentaux aussi bien que nationaux comme la finale nationale en 2006 dans les Pyrénées avec son chien Paddy. Et son fils Nicolas marche dans ses pas, également passionné et avec une participation au national dans l’Aveyron.

En attendant le National 

’an prochain, le terrain de foot de Bressange sur la commune de Paulhac accueillera le concours national des chiens de troupeaux. Ce sera la deuxième fois après Landeyrat en 2016 que le Cantal accueille ce championnat. «Nous en parlons depuis longtemps et ce sera une belle rencontre pour le pays», affirment les responsables de l’association des Agriculteurs Cantaliens Utilisateurs de Chiens de Troupeau. Alors à titre de galop d’essai, Celle-ci organise le concours interdépartemental les 3 et 4 août  prochains. Deux candidats par départements sont conviés à participer. Ils viendront de l’Aveyron, de la Corrèze, du Puy-de-Dôme, de la Haute-Loire, de la Haute-Vienne. Ils seront entre cinq et six du Cantal, département d’accueil. 
Sur un parcours de 1,8 km, le chien est jugé sur sa capacité, et sans que le maître intervienne en dehors des ordres, sur la recherche du bétail, le ramener d’un point à un autre, le stabiliser ; le conduire vers un espace de contention ou pour monter dans une bétaillère. «Seul le travail du chien est jugé et on souhaite que si l’éleveur en fait trop, il soit sanctionné», précise  Dominique Goyon. 
Durant, le week-end, il sera proposé au public et aux éleveurs intéressés différentes animations pour présenter le rôle des chiens sur les exploitations, les formations proposées sur le Cantal.  «Notre seul but est de passer un moment convivial, de partager, de faire connaître notre intérêt et notre passion pour le travail des chiens à nos côtés», explique Jacques Rouchez.     

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