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“Chasser en meute” pour contrer les dégâts liés au grand gibier

Le président de la fédération cantalienne, Jean-Pierre Picard, a parlé d’une “année pas de tout repos” pour qualifier 2025, appelant chasseurs, agriculteurs et forestiers à travailler ensemble.
 

Un homme debout au pupitre en train de parler.
Jean-Pierre Picard, président de la fédération de chasse cantalienne.
© M. V.

Comment réguler, indemniser, surveiller et intervenir, tout en étant “constamment critiqués, stigmatisés et remis en cause” ? La fédération de chasse cantalienne a la réponse à cette (fausse) question : “Revenir au bon sens. La chasse doit rester ce qu’elle est : un loisir responsable et non une obligation imposée au service exclusif d’intérêts qui refusent de prendre leur part.” Jean-Pierre Picard n’y est pas allé par quatre chemins samedi 18 avril à l’occasion de l’assemblée générale de la FDC 15. Le président n’en peut plus de cette “hypocrisie”qui fait des chasseurs la cible privilégiée quand il faut chercher des coupables. Au niveau national, 100 M€ sont payés annuellement par la fédération dans le cadre du système d’indemnisation, “à bout de souffle”, estime le Cantalien. Des dégâts occasionnés par le grand gibier dont le paiement est assumé “exclusivement par les chasseurs. Une véritable aberration ! En effet, nous contribuons régulièrement à des missions de service public, telles que la régulation de certaines espèces ou la protection de l’environnement, ce qui profite à l’ensemble de la société”. Dans le Cantal, 140 000 € ont été déboursés l’an dernier, à comparer avec les 6 M€ dans la Meuse... Le maire de Reilhac rappelait également que “25 % du 
territoire cantalien est interdit à la chasse”, empêchant donc une quelconque action des adhérents. 


Patrick Escure : “Nous avons besoin l’un de l’autre”


Après le rapport moral de Jean-Pierre Picard revenant sur “une année pas de tout repos”, lu dans une halle de Lescudilliers pleine, Patrick Escure, président de la Chambre d’agriculture, l’a rassuré : “Nous avons besoin l’un de l’autre.” Loin des polémiques qui ont pu éloigner un temps chasseurs et agriculteurs, l’éleveur a rappelé que “le monde agricole souffre aussi du nombre trop important de cerfs et de biches(1). Sur la zone du parc naturel de l’Aubrac, une étude révèle que 30 % de la production des prairies sont mangées par ces deux espèces”. Quant au blaireau, “il a un impact en termes de dégâts et sur le plan sanitaire. La tuberculose est véhiculée par le 
blaireau et la vénerie sous terre doit continuer, nous y tenons”. Applaudi par la salle sur le thème de la prédation, Patrick Escure a martelé : “Le loup et le pâturage ne sont pas compatibles ! Le pastoralisme, c’est des prairies avec de l’élevage dessus.” Et de remercier les louvetiers et les chasseurs qui sont intervenus en soutien sur le secteur muratais après des attaques lupines. “C’est très important que les mondes de la chasse et agricole soient solidaires et unis.” Si seuls 7 % des agriculteurs sont aussi chasseurs, le président de la Chambre craint que ce chiffre n’évolue pas à la hausse, avec des exploitants vieillissants et qui croulent déjà sous les contraintes. “Nous sommes conscients des efforts faits, notamment sur le sanglier avec des dégâts de plus en plus nombreux malgré plus de prélèvements. Mais nous vous demandons de faire encore des efforts.” Une demande reçue par Jean-Pierre Picard, qui tempérait toutefois : “Ce sont des propos de bons sens. Nous faisons tout ce que l’on peut pour être utile, mais on exige toujours plus de nous sans jamais tenir compte de nos limites, humaines, sociales et logistiques.” 


Grand gibier : maintenir la pression


Le président a été toutefois un peu moins compréhensif avec le président du syndicat des propriétaires forestiers du Cantal, qui dénonçait “un équilibre forêt-gibier rompu, avec une explosion des populations de cervidés”, illustrée par les résultats d’un comptage sur l’unité de gestion des Monts du Cantal. “Nous devons travailler davantage ensemble et sur le terrain pour l’avenir de nos forêts”, a exhorté Nicolas Sarrauste de Menthière, président des propriétaires forestiers. Des propos que Jean-Pierre Picard a qualifié d’“excessifs”. “Nous avons promis de maintenir la pression, alors nous allons la maintenir. Il y a un tassement des populations de cerfs et de biches dans le département et il y a eu beaucoup de battues à blanc. Nous, on prélève mais vous, qu’est-ce que vous faites ?”
Pour conclure cette assemblée générale, Jean-Pierre Picard a donné rendez-vous les 28, 29 et 30 mai pour l’accueil dans le Cantal, à Vendes, des journées nationales des chasseurs de grands gibiers.

(1) Le plan de chasse cerfs et biches affiche un peu plus de 4 800. 

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