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Ces nouveaux “hussards de la République numérique”

L’idée d’instaurer dans toutes les municipalités un adjoint dédié au numérique a été soumise mercredi à Aurillac par un club d’élus pour qui Internet révolutionne la relation au citoyen.

John Billard (au micro) fait partie de ces élus “évangélisateurs” du Net au sein des instances d’élus.
John Billard (au micro) fait partie de ces élus “évangélisateurs” du Net au sein des instances d’élus.
© PO

“Sans Internet, je ne serais pas maire, c’est ce qui m’a permis d’assurer ma fonction, car l’école de maire ça n’existe pas. Internet, c’est mon premier adjoint, ma secrétaire de mairie !” Premier magistrat du Favril, une petite commune rurale d’Eure-et-Loir de 350 âmes, John Billard fait partie de ce que certains ont baptisé les “hussards de la République numérique”. Des élus convaincus qu’au-delà de la question des infrastructures, c’est une véritable mutation sociologique qui est à l’œuvre. À tel point que ces “évangélisateurs” de la cause digitale ont décidé de créer un Club des élus numériques, officiellement lancé mercredi à Aurillac lors des Universités d’été du numérique pour les territoires, RuraliTic, avec la vocation d’être avant tout une plate-forme d’échanges participatifs et d’accompagnement. “Ce n’est pas un club ni une interface supplémentaires pour les pouvoirs publics”, a plaidé Serge Pilicer, président-fondateur de ce rendez-vous national. N’empêche, c’est à ce club d’avant-gardistes que l’on doit une proposition formulée à six mois des prochaines municipales : la désignation dans tous les exécutifs locaux d’un “adjoint au numérique” dès 2014.

Informés mais pas formés

Cette proposition émane d’un constat alimenté par une enquête conduite par ce club auprès de 100 mairies, majoritairement rurales et de petite taille. Si les élus sondés considèrent le développement du numérique comme un enjeu majeur voire vital et si la moitié de ces communes disposent déjà d’un élu qui s’occupe du numérique (de la communication municipale via un site internet...), les trois quarts de ces conseillers municipaux étiquetés “numérique” (souvent des adjoints) n’ont pas reçu de formation spécifique au TIC(1) lors de leur mandat et la moitié était déjà de par leur métier des professionnels de ces outils. Très majoritairement, les maires interrogés se montrent favorables à l’instauration d’une délégation au numérique, mais pas forcément dans le cadre d’un portefeuille unique, et expriment en termes de besoins, certes le déploiement du haut et très haut débit, mais aussi, en seconde priorité, une nécessaire sensibilisation et formation des élus à ces outils et leurs usages. Autres attentes : être épaulés pour promouvoir le numérique et les investissements liés auprès des usagers. Au-delà de l’intérêt porté à cette idée du club, quid du rôle et des missions de ces potentiels “adjoints au numérique” ? “C’est une mission transversale, qui implique toutes les directions et qui permet de travailler avec tous les services en ayant une vision plus globale”, a témoigné Viviane Artigalas, vice-présidente de la Région Midi-Pyrénées, en charge des NTIC et de l’enseignement secondaire, listant une série d’usages développés par la collectivité régionale tant dans le domaine du tourisme, de l’économie, l’agriculture, la formation... Même vision pour Nicole Rouaire, vice-présidente de la Région Auvergne, en charge du numérique et pour qui le débat des infrastructures a effectivement masqué celui des usages, l’enjeu du moment.

Revisiter la relation aux administrés

“L’enjeu à mon sens d’Internet et du numérique, c’est certes celui de la connaissance, du partage, mais aussi de la transparence, en permettant de redorer le blason des élus, estime pour sa part John Billard. Moi je rèverai que, demain, tous les conseils municipaux soient visibles (via le Net, NDLR) par tous les habitants.” Pascale Luciani-Boyer va plus loin : pour l’experte ès TIC de l’Association des maires de France, c’est un nouveau modèle de gouvernance et de citoyenneté que le numérique appelle : “Il y a dix ans, avec les NTIC, seuls quelques élus issus du sérail s’y intéressaient dans un mode d’information toujours descendant sans rien changer de leur fonctionnement. En 2008, on est passé aux TIC, avec des citoyens qui se sont appropriés l’outil et qui ont commencé à faire remonter leurs attentes. Aujourd’hui, on est à l’ère du numérique, c’est-à-dire d’une nouvelle relation du “tous pour tous” et l’enjeu majeur est de faire prendre conscience aux élus que toutes les compétences doivent être revisitées” à l’aune de ce prisme. Vaste chantier pour des élus ruraux bien souvent confrontés à des problématiques plus pratico-pratiques du quotidien de leurs administrés. Mais, là encore, paraît-il, Internet fait des miracles, comme l’a glissé John Billard : “Grâce à Internet, j’ai pu régler un problème de coupure d’électricité sur ma commune à distance pendant mes vacances et j’ai reçu de nombreux SMS pour m’en remercier. Contrairement à ce qu’on croit, la proximité s’est accrue dans ma commune grâce au numérique car les gens veulent être informés...” Cette proximité suppose de maîtriser l’outil. Or, lors de cette université, beaucoup ont mis en garde contre une nouvelle fracture, générationnelle, mais pas seulement, avec une partie de la population qui pour des raisons sociales, financières,..., reste exclue de cette révolution.

 

(1) Technologies de l’information et de la communication.

 

 

Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.

Droits de reproduction et de diffusion réservés.

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