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Ce rêve Bleu ! Le début d’une nouvelle aventure pour Lucie Modenel ?

HANDBALL - Coupe d’Europe, troisième du championnat élite, appelée en équipe de France : la Sanfloraine Lucie Modenel revient sur sa saison 2025-2026 avec les filles de Chambray Touraine Handball.

une joueuse de handball qui tente un tir en extension
Lucie Modenel, sanfloraine et internationale de handball
© © FFhandball / Brool video

Une année incroyable

Rien qu’au son de sa voix, on sent bien qu’elle voudrait prolonger la saison encore un petit moment. À 24 ans, Lucie Modenel a vécu une année 2025-2026 incroyable avec les filles de Chambray Touraine Handball avec une troisième place au classement de la Ligue Butagaz Énergie, l’élite du handball féminin français. Derrière les deux “monstres” que sont Brest (champion de France) et Metz (champion d’Europe voici quelques jours), c’est un véritable exploit qu’ont signé les coéquipières de Lucie, malgré une petite déception européenne largement compensée, émotionnellement, par cet appel en équipe de France en avril. Retour sur neuf mois complètement dingues !


Lucie, cette saison reste assez magique avec une troisième place au classement général ?

Lucie Modenel : “Complètement. On a eu un début de saison un peu compliqué où on avait du mal à se trouver, à trouver un jeu qui nous correspondait. Je pense que l’approche de la coupe d’Europe nous a énormément aidées à avoir beaucoup plus de rythme dans les matches, parce qu’il fallait les enchaîner, et c’est là où on a trouvé notre vrai jeu. C’est ce qui nous a permis, je pense, de passer troisièmes au championnat et de ne pas perdre cette place.”

 

La saison dernière a peut-être servi de leçon car vous aviez raté cette troisième place lors de la dernière journée ?


L. M. : “Je pense que oui. Après, il y a eu un vrai enjeu cette année car on n’a quasiment jamais perdu chez les “petites” équipes ou, du moins, les bas de classement. Ça a vraiment été une évolution par rapport aux anciennes saisons à Chambray. Là, on n’a pas fait trop d’erreurs  et c’est ce qui nous a permis d’avoir plus de liberté tout au long du championnat.”

 

Troisième, c’est quand même un truc extraordinaire, car il y a deux monstres sacrés devant ?

L. M. : “Complètement ! Pour nous, c’est comme si on était premières du championnat. En plus, on a fait des super matches face à Dijon. On a perdu contre elles en coupe de France, mais on les a gagnées les deux matches aller-retour en championnat. Au final, elles finissent par un super résultat en coupe d’Europe, donc c’est super bien d’avoir été devant elles au championnat. Ça prouve peut-être des choses pour la suite. 

 

On va essayer de stabiliser notre équipe et notre jeu pour l’année prochaine, afin d’être encore meilleures (...) Continuer d’être troisièmes, ça pourrait être un vraiment bel enjeu. Troisièmes ou quatrièmes, c’est une belle place et ça garde la coupe d’Europe.”

 

Aller chercher la première ou la deuxième place, ce serait un sacré exploit, ce n’est pas le projet immédiat ?

L. M. : “Ce n’est pas le projet, parce qu’en fait, si on perd des points à vouloir jouer comme ça, on risque de tout perdre. Vraiment, la stabilité, c’est ça qui nous permettrait d’être troisièmes ou quatrièmes encore une année de suite.”

 

Tu n’as pas pu finir la saison. Une blessure ?

L. M. : “C’était au match contre Toulon. J’ai pris un choc au niveau du pouce. J’avais déjà un arrachement osseux de ce côté-là, donc ça a touché le muscle avec une lésion de 4 centimètres. Un truc assez solide. On n’a pas voulu prendre de risques. C’est vrai que si on n’avait pas joué la coupe d’Europe, s’il fallait se qualifier absolument, j’aurais donné mon corps encore pour le club, mais là, tout le monde m’a dit qu’il valait mieux qu’on soit tranquilles. Et puis, j’étais tellement heureuse de voir les filles gagner ce match contre Paris.”

 

Tu as pu participer à la fête malgré tout ?

L. M. : “Non, malheureusement je n’étais pas là. J’ai eu un gros problème familial dans la même semaine, donc c’était dur d’être loin du groupe. Mais j’ai pu les retrouver le dimanche soir après le match de Besançon pour les féliciter et fêter ça toutes ensemble.”


Ce n’était pas grave de perdre ?

L. M. : “Ce n’était pas important... Enfin si, je pense que si, on joue toujours des matches pour les gagner. Après, c’est vrai qu’on avait une équipe vraiment affaiblie, on était cinq ou six sur le côté, blessées. Donc c’était beaucoup les jeunes. Il y a les corps qui fatiguaient aussi. C’était vraiment un exploit qu’il n’y ait pas eu d’autres blessées, que Yuki, Melvine et les autres puissent finir dans de plutôt bonnes conditions. C’était un match couci-couça.”

 

Cinq ou six blessées, cela veut dire que la profondeur de banc à Chambray est bien présente ?

L. M. : “Ouais, complètement. Je pense que les jeunes ont pris leurs responsabilités. Tout au long de l’année, elles nous ont beaucoup aidées à construire les préparations de match. Elles ont pu prendre du temps de jeu parce qu’on a eu des blessées comme tout le monde dans la saison, et elles ont pu prendre le lead. C’est ce qui a fait que sur ce match-là, ça a quand même produit un beau jeu, alors que ce sont des jeunes qui viennent peut-être de vivre leur première ou deuxième saison en Division 1. Donc c’est quand même chouette.”

 

Tu parlais de la Coupe d’Europe. Une petite déception d’avoir été sorties avant les quarts ?

L. M. : “Pour moi, oui. C’est vrai que quand on était en préparation au tout début de la saison, j’avais beaucoup, beaucoup, d’espoir parce que je voyais notre équipe qui était en train de grandir, je la trouvais très, très forte. Je pense qu’il en a manqué dans la tête, mais de tout le groupe. Je pense qu’on n’y a pas vraiment cru. On y est un peu allées en mode “on est les Petits Poucets, on n’a rien à perdre” parce qu’on avait une grosse poule (...) C’est vrai qu’on n’était pas nombreuses à avoir déjà participé à une coupe d’Europe. Il y a donc aussi de l’expérience qui a été acquise cette année.”

 

L’objectif pour l’année prochaine sera au moins 
d’atteindre les quarts ?

L. M. : “On n’en a pas encore discuté avec le coach ni avec les filles, mais je pense vraiment qu’on a quelque chose au niveau de la gorge là, qui coince un peu, et qu’on aura encore plus envie d’aller plus loin l’année prochaine. Passer les poules, ce serait déjà super. Après, ce ne serait que du bonus. Ça dépend tellement du groupe qu’on peut avoir au tirage.”

 

2025-2026 a été marquée par cette première cape en Bleu. Comment as-tu vécu cela ?

L. M. : “C’était... c’est incroyable. C’est vrai que maintenant ça commence à faire un petit moment, mais j’ai toujours un peu des papillons dans le ventre, c’est un truc incroyable. Le groupe
le staff étaient vraiment très professionnels et bienveillants. Ça m’a permis de m’exprimer pleinement et de pouvoir être libre de faire mon jeu. Cette expérience  m’a fait grandir sur d’autres aspects (...) Il y avait beaucoup de filles de ma génération avec qui j’avais participé à des compétitions en jeunes et en juniors. Dans le championnat français, tout le monde se rencontre, donc forcément on voit des gens de loin, on se crée des amitiés en commun et au final ça matche.”


Ça te donne des idées pour la suite ? Les Mondiaux, les Jeux Olympiques ?

L. M. : “J’avoue qu’étant petite, je voulais déjà faire plein de choses... En grandissant, je me suis rendu compte que déjà, avoir un stage, c’était tellement merveilleux, un objectif atteint. Donc je ne m’attends à rien. J’espère juste continuer de travailler et d’avancer. Si je peux faire un autre stage, je serais encore plus heureuse. Si je peux faire une compétition, ce serait magique. On va continuer de travailler, je suis quelqu’un qui travaille beaucoup. Pour moi, on ne gagne les choses que par le travail.”

 

Trois ans et demi à Chambray. Es-tu toujours aussi contente de ton choix et de cette décision ?

L. M. : “Oui, pour moi c’était le bon choix. Quand Bourg-de-Péage a déposé le bilan, j’avais plusieurs options, j’étais un peu perdue. Passer à l’étape supérieure à Chambray, par rapport à la coupe d’Europe, c’était le bon choix. J’ai grandi avec le club au final, et je vais continuer de grandir avec lui parce que je pense qu’il y a des objectifs qui montent chaque année. C’est plutôt agréable. En tout cas, c’est un club qui me va, un club familial, avec vraiment un cœur. Je ne pense pas qu’on trouve ça partout : pouvoir faire la fête toutes ensemble, s’amuser, prendre du plaisir et se dire les choses. Ce sont mes valeurs, donc je suis contente d’être ici. Il me reste encore un an, après on verra bien la suite. Pour l’instant, on n’en parle pas. Je pense que ça se fera en début de saison prochaine pour l’année d’après. Je ne me projette pas trop, j’essaye déjà de bien me réparer physiquement pour me remettre dans le bain à 100 % à la préparation (...) Cette semaine, c’est tests physiques et le moment de remercier tout le monde, partenaires, bénévoles. C’est vraiment chouette de parler de la saison avec eux. Jeudi, ce sera notre dernière soirée partenaires avant les vacances. La date de reprise ? C’est le 13 juillet.”

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