Cantal : Un train... à l’heure pour le travail
Le train supplémentaire instauré pendant la fermeture de la RN 122 plébiscité des usagers.
Le train supplémentaire instauré pendant la fermeture de la RN 122 plébiscité des usagers.
Fermeture de la route 122
Mardi 8 septembre, 6 h 45, sur le quai de la gare de Murat, une vingtaine de personnes attend le train pour se rendre principalement à Aurillac. Départ 6 h 56, cet horaire a été ajouté (Neussargues-Aurillac avec arrêt à Murat, Le Lioran et Vic-sur-Cère) pour pallier la fermeture de la route nationale 122 jusqu’au 20 septembre en raison des travaux de réfection du pont routier entre le tunnel du Lioran et Saint-Jacques-des-Blats. L’interruption totale de circuler sur l’axe majeur du Cantal oblige les automobilistes à emprunter les déviations par le Puy Mary, Pierrefort ou encore Mauriac pour les poids-lourds, allongeant d’une heure le temps de trajet. Les bus régionaux ne peuvent donc pas effectuer la liaison entre les deux côtés du département. Certains ont trouvé la solution : ce couple de Saint-Jacques-des-Blats travaillant à Murat s’est installé au camping avec son camping-car et l’impression d’être “encore en vacances et désormais à seulement cinq minutes du boulot”.
À la bonne heure
Pour les autres, la mise en place du train de 6 h 45 est une aubaine.
Le premier jour, ils étaient une cinquantaine à monter dans une rame bondée (dix de plus à la gare du Lioran), certains devant faire le trajet debout. Il y avait ce jour-là nombre de lycéens pensionnaires à Aurillac. Jade prend d’abord le bus depuis Roffiac mais regrette, tout en appréciant le confort du train, de devoir si tôt attendre une demi-heure sur le quai à Murat. Une autre Jade, venant de Laveissière, rencontre elle des difficultés de correspondance avec les transports urbains aurillacois pour rejoindre le lycée Raymond-Cortat. Sinon, “c’est plus sécurisant que le bus”, confie sa mère venue l’accompagner.
Mieux en hiver
Parmi les travailleurs présents ce mardi matin avant même le lever du jour, nombreux se félicitent de l’horaire. Une arrivée dans la ville préfecture à 7 h 36 permet pour la plupart d’entre eux de rejoindre dans les temps leur lieu de travail. Ils se déplacent habituellement et majoritairement en voiture particulière. Patricia estime “le train plus sécurisant surtout en hiver”. “Ce serait même une bonne idée de le conserver”, exprime Nadège. À la condition d’en revoir le tarif jugé “excessif” par beaucoup (25 € l’aller-retour sans carte de réduction).
La suite ?
La Région Auvergne-Rhône-Alpes et la SNCF répondront-elles à ce souhait de conserver ce train au-delà du 20 septembre ? Avec un horaire correspondant le matin aux attentes des lycéens et des salariés, la question mérite d’être posée. Le soir, pour le retour, les possibilités d’heure correspondant à son emploi du temps sont plus nombreuses. Sur les réseaux sociaux, certains profitent de l’occasion pour en appeler à une vraie réflexion sur les transports en commun dans le Cantal. Comme nous l’avions évoqué l’an passé dans l’un de nos articles sur le sujet, s’il existe bien une offre avec des lignes de bus, la possibilité d’emprunter les transports scolaires pour les trajets réguliers domicile-travail, cela ne semble pas assez connu et les correspondances - comme évoqué par certains usagers - ne facilitent pas une utilisation régulière. Quand le prix des carburants n’a jamais été aussi haut et pénalise fortement les zones rurales, l’idée du train et de la modalité peut faire son chemin.