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Cantal : l’IBR sur la voie de l’éradication, FCO et MHE toujours en embuscade

Les efforts des éleveurs cantaliens continuent de payer sur le front de la lutte contre l’IBR et la BVD, mais les cheptels restent sous la menace d’épizooties. 

Le GDS 15 lance une étude pour évaluer l’impact sanitaire et économique du passage de la FCO en 2023.
© GDS Cantal

En matière sanitaire, rien n’est jamais vraiment acquis et il serait risqué de se reposer sur de bien précaires lauriers : l’automne 2023 est ainsi venu sonner douloureusement la fin de la trêve sur le champ de la FCO (fièvre catarrhale ovine) dont une nouvelle souche du sérotype 8 a sévi sérieusement dans les troupeaux cantaliens et des départements alentour (lire encadré). À fin février, 276 cheptels bovins et 30 cheptels ovins étaient officiellement déclarés foyers cliniques dans le département, des statistiques très largement en-deçà de la réalité de la circulation du virus et des contaminations, pointe Delphine Giraud, responsable du sanitaire au Groupement de  défense sanitaire du Cantal (GDS 15) qui tiendra le 18 avril son assemblée générale sur le thème de l’adaptation de la gestion sanitaire aux conséquences du changement climatique, conséquences parmi lesquelles justement l’émergence ou la résurgence de certaines épizooties.

FCO 8, FCO 3, MHE... triple menace

À la faveur de températures plus froides, la circulation du vecteur et donc celle du virus a été nettement ralentie mais il est fort probable que la FCO se rappelle au mauvais souvenir des éleveurs dès l’arrivée des beaux jours avec une variabilité des symptômes inter-cheptels et inter-animal : boiteries, avortement, impact sur la production laitière, veaux nés “débiles”, apathiques, présentant des problèmes de succion... Pour mieux appréhender l’impact du passage de la FCO en 2023 dans le Cantal, Méline Vidalinc, stagiaire au GDS 15, réalise actuellement une étude tant des symptômes, leur intensité, que des pertes directes et indirectes de la maladie (mortalité, perte de production, veaux pas nés ou non valorisés, frais vétérinaires, analyses,...). 
Quant à savoir s’il faut vacciner ou pas son cheptel, le GDS n’émet pas de préconisation universelle mais conseille de se rapprocher de son vétérinaire, plus à même d’apprécier la situation de chaque élevage. “À ce jour, ni les chercheurs, ni les vétérinaires, ni les GDS ne savent répondre à cette question-clé : l’immunité développée par les animaux infectés cet automne par la FCO est-elle suffisante et durable pour se prémunir d’un nouvel épisode ?”, expose la responsable sanitaire. Avant d’apporter un autre élément à la réflexion et la prise de décision : l’élevage français est sous la menace croisée de trois virus, le sérotype 8 de la FCO, son cousin le sérotype 3 descendu des Pays-Bas et présent fin 2023 chez les voisins belges et allemands, et la MHE (maladie hémorragique épizootique) dont les plus proches foyers déclarés sont en Corrèze. “Sur ces trois maladies vectorielles, la seule pour laquelle on dispose d’un vaccin est la FCO 8. On peut supposer qu’un animal vacciné contre cette dernière sera plus capable de résister à la MHE si elle se présente...”, indique Delphine Giraud.

IBR : dernier coup de collier

Si FCO et MHE restent suspendues comme des épées de Damoclès au-dessus de la ferme Cantal, il est en revanche des combats et des implications communes des éleveurs et du GDS qui portent leurs fruits. En ce début de mois d’avril 2024, on ne recense en effet plus que 55 ateliers bovins infectés par l’IBR (rhinotrachéite infectieuse bovine) avec un peu plus de 1 500 animaux positifs (infectés ou vaccinés), contre 2 504 il y a un an. Avec un autre motif de satisfaction : pas un bovin n’est sorti positif au sein d’un cheptel indemne en 2023, une première. Mais 1 500, c’est 1 500 de trop, tranche Frédéric Aymar, directeur, car l’objectif reste bien l’éradication de la maladie en France d’ici avril 2027. C’est la raison pour laquelle chacun des élevages où de nouveaux positifs sont apparus est visité par une conseillère du GDS pour identifier les mécanismes de contamination et mettre en place des actions individualisées pour éviter de nouvelles contaminations internes mais aussi alentour. Sachant qu’un arrêté technique ministériel annoncé sous peu devrait renforcer la réglementation, en obligeant d’une part à la réforme progressive et obligatoire de tous les animaux positifs d’ici 2027 (à raison d’un tiers chaque année), d’autre part en restreignant la vente des bovins issus de cheptels non qualifiés “indemne IBR” à la seule destination de l’abattoir ou d’un atelier d’engraissement dérogatoire. “L’idée c’est vraiment de mettre un dernier coup de collier pour se débarrasser de l’IBR en France”, résume Delphine Giraud.
BVD : transition en douceur
La lutte contre la BVD (diarrhée virale bovine) enregistre elle aussi de très bons résultats : quatre ans après la mise en place des prélèvements par boucles auriculaires, le nombre d’Ipi (infecté persistant immunotolérant) est passé de 594 en 2020 à 114 en 2023. “Les éleveurs se sont très bien appropriés la méthode qui a fait ses preuves, c’est une réussite”, souligne la responsable du service sanitaire. Le GDS planche à l’étape suivante, à savoir le passage d’un statut à l’animal à celui d’un statut du cheptel, qui s’appuiera sur des sérologies. Cela suppose de gérer la question de la vaccination mais aussi une phase transitoire où coexisteront les deux approches. “La transition boucle/sérologie se fera de façon progressive et tout le monde ne basculera pas en même temps”, tient à préciser Frédéric Aymar.
S’agissant des maladies non réglementées, en l’occurrence la paratuberculose et la besnoitiose, le GDS apprécie de voir l’adhésion des éleveurs à ses plans de dépistage avec une prise en charge partielle des frais d’analyse et de prélèvement dont ont bénéficié 300 éleveurs l’an dernier pour la paratuberculose, 350 pour la besnoitiose. Avec une recommandation pour cette dernière : “Plus on avance dans le temps, plus on découvre de foyers. Si on n’a pas la besnoitiose dans son cheptel, il ne faut surtout pas l’introduire et penser à la dépister à chaque introduction”, insiste Delphine Giraud, qui incite les éleveurs à profiter de ces dispositifs aidés.
 

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