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Campagnols : où en sont les populations ?

RATS TAUPIERS - De nombreux secteurs sont touchés dans le Cantal, mais d’une façon générale, la pression des rongeurs devient plus importante en ce premier semestre 2026.

un champ infesté de campagnols
Face aux dégâts localisés des campagnols, la lutte peut s’envisager par piégeage ou par empoisonnement.

Reprise importante depuis 2026

Le début d’année 2026 montrent des signaux de reprise importante sur le secteur de Pierrefort (Saint-Martin-sous-Vigouroux, Malbo, Narnhac, Brezons, Cézens), la route des Crêtes. La commune de Vieillespesse reste également impactée, depuis maintenant deux ans, avec une partie de Coren. Sur de nombreuses zones, des foyers isolés de campagnols sont repérés, localement plus importants, mais la taupe est encore bien présente et cache sûrement une population de rongeurs plus nombreuse et invisible. Les rongeurs passent en effet inaperçus dans le réseau de galeries des taupes et seuls des sondages par piégeage permettent de mettre en évidence leur présence. Avec la période des fauches qui a déjà commencé et qui va se poursuivre, selon l’altitude, il est facile de repérer les indices de présence frais des campagnols et des taupes sur les parcelles récoltées. La lutte est ainsi très efficace.


Profiter des périodes favorables pour lutter

Pour freiner la recolonisation, il faut profiter de chaque période favorable pour maintenir une 
pression suffisante. Cette recolonisation sera d’autant moins importante que la lutte est collective et coordonnée. Face aux dégâts localisés des campagnols, la lutte peut s’envisager par piégeage ou par empoisonnement.
Le phosphure de zinc, commercialisé sous le nom de Ratron GW, est disponible. Cette molécule est un générateur de gaz PH3 au contact des sucs gastriques, après consommation d’appâts par le campagnol. La mort du rongeur par asphyxie intervient rapidement et sans dommages collatéraux sur la faune non-cible. Le Ratron GW, sous forme de blé enrobé, montre une efficacité très satisfaisante sur sol sec et sur des populations en début de  démarrage (foyers isolés). Lorsque les rongeurs deviennent trop nombreux, l’efficacité baisse rapidement.
Contrairement aux pastilles de PH3, le Ratron GW doit être appliqué sur des sols suffisamment ressuyés pour éviter le lessivage du produit autour de l’appât et la moisissure du grain. L’application peut se faire manuellement ou avec une charrue automatique, sans dépasser 2 kg/ha/an.

 

Le FDGDon actif face à la taupe

La Fédération départementale des groupements de défense contre les organismes nuisibles (FDGDon) du Cantal propose à ses adhérents le Ratron GW en seau de 5 kilos (80 € TTC le seau) et en sac de 25 kilos (320 € TTC le sac). Le produit est stocké à Aurillac et il est maintenant possible de commander les seaux et les sacs à l’unité, sans contrainte de quantité minimale comme auparavant. Comme pour les campagnols, la lutte peut s’envisager par piégeage sur des dégâts localisés. Les pièges mécaniques (fers à taupes, pièges Cauet…) fonctionnent très bien. Il existe aussi les pièges pyrotechniques (systèmes à pétards ou à cartouches) dont l’efficacité a été prouvée. En lutte chimique, seul le PH3 est autorisé. Cette méthode consiste à introduire dans les galeries du phosphure d’aluminium, générateur de PH3 sous forme de pastilles, qui en réagissant avec l’humidité du sol, forme des bouchons de phosphure d’hydrogène (PH3). La taupe passe dans ces bouchons et meurt par asphyxie. Mais il faut des sols suffisamment chauds et humides pour être efficace. Cette technique, homologuée sur la taupe et les campagnols, est réglementée et ne peut être utilisée que par des personnes certifiées, c’est-à-dire ayant suivi une formation spécifique permettant d’acquérir le certificat pour l’utilisation du PH3. Des entreprises spécialisées peuvent également intervenir en prestation de service. La lutte contre la taupe et le campagnol peut se faire toute l’année, à partir du moment où les parcelles sont suffisamment dégagées et les conditions climatiques favorables. 


Des aides pour lutter

Le fonds de mutualisation sanitaire et environnementale (FMSE) indemnise les frais de lutte contre les taupes et les campagnols à condition que l’agriculteur soit engagé dans un contrat de lutte avec la FDGDon du Cantal. Le taux d’aide est fixé à 75 % selon les critères de lutte éligibles. Pour les traitements contre les campagnols et les taupes, le FMSE indemnise l’achat hors taxes des produits mais aussi l’application de ces derniers, avec un forfait à l’hectare traité. Le contrat nécessite un engagement sur cinq ans. La FDGDon du Cantal réalise le suivi administratif des dossiers, en lien avec le FMSE. Les agriculteurs qui le souhaitent peuvent encore signer ce contrat.
La section commune du FMSE intervient seule dans l’indemnisation des frais de lutte contre les campagnols. Chaque exploitant français cotise annuellement à cette section, à travers la MSA, à hauteur de 20 €. En cas de forte pullulation de campagnols et pour répondre aux conséquences dramatiques des pertes fourragères causées aux éleveurs, comme ce fut le cas en 2022, la section Ruminants du FMSE peut participer à l’indemnisation de ces pertes fourragères, en complément de la section commune. Chaque éleveur cotise à la section Ruminants, à travers une cotisation à l’UGB appelée annuellement par le GDS. Il est important de veiller à bien être à jour de ces cotisations annuelles afin de pouvoir bénéficier des indemnités du FMSE au moment voulu.

Pour tout renseignement, contacter la FDGDon 15 au 04 71 45 55 56.

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